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ACPM : année 2005

Ecrit le 1er janvier 2005

 Henri : de la rue à l’espoir

L’enfant a deux ans. Sa mère vient de décéder, son père a été déchu de ses droits. Il reste l’Assistance Publique comme on disait à l’époque. L’enfant errera de foyer en famille d’accueil. A l’école, où il sera toujours dans les premiers, on l’orientera vers la boulangerie alors qu’il aurait préféré la cuisine. Bien sûr on n’envisagera pas pour lui des études longues, malgré ses bons résultats scolaires.

CAP en poche, le jeune homme, appelons-le Henri, travaille 20 ans dans une boulangerie parisienne, un vrai trou à rat, sans issue de secours, avec une installation électrique défectueuse. « J’avais peur d’une explosion du four électrique » dit-il.

Et puis un jour : rupture sentimentale. La vie n’a plus d’intérêt pour lui. Dérive, démission de la boulangerie donc pas d’indemnité chômage, plus de revenus (sauf petite pension militaire). Bientôt plus de logement. Aucun appui d’une famille qui n’a jamais existé. Henri vit dans la rue avec les marginaux. Maladie, hospitalisation, le fond du trou.

Châteaubriant,
par hasard

Partir. Châteaubriant, par hasard. Henri vivote, trouve un logement insalubre : il pleut régulièrement dans la maison, le plafond s’effondre, le chauffage électrique coûte cher et chauffe peu. La misère. Plus envie de manger. Pas envie non plus d’être à ses propres yeux « un profiteur » : Henri n’utilise même pas sa CMU (couverture maladie universelle). Sa santé se dégrade à grande vitesse. « Sans argent, c’est pas une vie » dit-il. Le dégoût de soi poussé jusqu’au refus de la vie. (*)

Rencontre d’une assistante sociale, et de l’agent d’insertion du Conseil Général. Henri a envie de retravailler, mais peur de retravailler. Il accepte de faire un stage au CIFOR pour remise à niveau de ses connaissances. Puis il entre au chantier d’insertion de l’ACPM  . « Je n’avais jamais vu un homme aussi démoli, moralement et physiquement, il était littéralement cassé, il en arrivait même à marcher voûté » dit son encadrant à l’ACPM  

« il avait cependant une forte envie de travailler , je devais le freiner pour qu’il ne se démolisse pas davantage. Il était très très mal, Il fallait le surveiller sans arrêt pour qu’il ne lui arrive pas un accident ».

Peu à peu Henri a pris contact avec les sept autres salariés de l’équipe ACPM  . Au moins deux fois par semaine il a eu la possibilité de manger chaud, avec les autres. « Il était très volontaire, mais si peu sûr de lui qu’il en était maladroit » dit l’encadrant. A l’époque l’équipe travaillait à l’entretien des berges de la Chère. « J’ai fini par lui confier une tronçonneuse, mais, presque chaque jour, en tombant dans un trou d’eau, il se mouillait complètement ». Henri a pris ainsi une bonne cinquantaine de bains intempestifs ! Ce n’était pas un prétexte pour ne rien faire : « Rapidement il est venu au boulot avec deux rechanges : pour pouvoir se remettre au sec et reprendre le travail ».

Pas d’aide : un accompagnement

Sur les conseils insistants de son encadrant, Henri a accepté de se soigner. Peu à peu il a repris des forces, retrouvé le moral. « C’est lui qui s’est remis debout, mais il avait besoin de quelqu’un à côté de lui, qui parle avec lui et l’accompagne dans la bonne voie » dit-on à l’ACPM   où on se refuse à « aider » les gens. « Nous les accompagnons, ce n’est pas du tout la même démarche » insiste le Président Yvon Gicquel.

Un jour un établissement scolaire de Châteaubriant a eu besoin d’un agent d’entretien paysager. Henri, à l’essai, a quitté le « chantier d’insertion » pour intégrer le secteur « mise à disposition » de l’ACPM  . Cela s’est très bien passé. Hélas, dès le départ, il savait qu’il n’y aurait pas d’embauche au bout. Mais, au moins, il a pu prouver qu’il était de nouveau capable d’aller travailler seul, de se prendre en charge, de faire preuve d’initiative  .

En attendant autre chose : retour au chantier ACPM  .

Et puis une municipalité des environs de Châteaubriant se manifeste auprès de l’ACPM   : elle cherche un ouvrier d’entretien des espaces verts. L’ACPM   y envoie Henri : il est très bien accueilli par le secrétaire de mairie et les collègues de travail. Il n’hésite pas à acheter une mobylette pour aller au travail. « J’ai tout remboursé, aucune dette » dit-il.

Après trois mois d’essai, la municipalité embauche Henri en « Contrat emploi consolidé ». Heureux.

« Je me sens très bien dans mon travail » dit-il. Le maire va jusqu’à accompagner Henri dans la recherche d’un logement sur place. Le début d’une nouvelle vie. L’espoir enfin. Et toujours, en appui, l’ACPM   où il revient régulièrement pour donner de ses nouvelles, comme à une famille.

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Yvon Gicquel (Président), Monique Lévêque (vice-présidente)

Du boulot

« Il faut mettre les chômeurs au travail » répètent ceux qui n’ont pas connu le chômage ! « Donnez-nous du travail » dit l’ACPM  , « nous avons des salariés qui ne demandent que cela ! »

L’ACPM   est une petite PME avec 38 salariés dont 24 salariés en insertion et l’équivalent de 8 salariés en « mise à disposition » (pour lesquels il faut trouver 16 000 heures de travail dans l’année). L’ACPM   est agréée par la Préfecture et contrôlée par la Direction Départementale du Travail. Les dons et heures de travail, confiés à l’ACPM  , peuvent entraîner des déductions fiscales, jusqu’à 50 % des sommes versées

ACPM   : 15 bis rue St Georges   à Châteaubriant. Rens. 02 40 28 09 70


Plus dur

Contraintes horaires, rythmes de travail, pression temporelle et urgence, contact accru avec le public, agressions sonores, développement du travail sur écran : en dix ans, le travail des salariés est devenu plus intense, plus dur, générateur de maladies plus fréquentes en particulier pour les ouvriers et employés. Tels sont les résultats d’une enquête du ministère de l’emploi, portant sur 50 000 salariés, parue en décembre 2004.


Ecrit le 11 mai 2005

 ACPM   : 30 salariés sur la bonne voie

La Région des Pays de la Loire (que préside Jacques Auxiette) a engagé et piloté en 2001 une étude de faisabilité de réouverture de la ligne ferroviaire Nantes/Nort-sur-Erdre/Châteaubriant. Cette étude, composée d’un volet socio-économique et d’un volet technique, s’est déroulée de septembre à octobre 2002

Débroussailler

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Réseau Ferré de France
La voie SNCF ... avant

Pour poursuivre cette étude, il convient de dégager la voie ferrée et les emprises envahies par la végétation, entre la Chapelle sur Erdre et Châteaubriant, afin d’accéder au site et d’identifier les travaux à réaliser. En effet, la voie, ouverte en 1887, a été fermée aux voyageurs en 1980 ( du temps où la Région était présidée par le Baron Olivier Guichard) et au fret en 1994 : depuis, la végétation a eu le temps d’envahir la voie au point que, en de nombreux endroits, il n’y a qu’un maquis inextricable d’arbustes et de ronces.

En quelque sorte Auxiette défriche Guichard.

L’opération de débroussaillage et d’essartage des arbres et arbustes est financée par la Région à hauteur de 416 000 € (budget prévisionnel pour fourniture de matériel et frais de transports) et réalisée sous la maîtrise d’ouvrage de RFF (Réseau Ferré de France). Pour la mener à bien, les partenaires ont souhaité faire appel à des associations d’aide à l’insertion [Contrats Emploi Solidarité (CES) et Centre d’Aide par le Travail (CAT)] pour lesquelles les charges de personnel sont financées par : l’Etat :et le Conseil Général (30 salariés en insertion + encadrants)

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Réseau Ferré de France
La voie ferrée ... après

Les associations concernées sont les suivantes sur des tronçons bien spécifiques :
– Association solidarité Emploi à la Chapelle sur Erdre
– Centre d’aide par le travail à Vay
– Association Intercommunale pour un retour à l’emploi (Aire) à Blain
– Actions pour les chômeurs du Pays de la Mée (ACPM  ) à Châteaubriant

L’opération de débroussaillage doit s’achever en début 2006.

Urticaire

C’est un travail difficile, très « physique »

il faut marcher longuement sur les traverses de chemin de fer ou sur les gros cailloux du ballast, en évitant de trébucher sur les ronces et de perdre l’équilibre. Il faut manier la tronçonneuse et la débroussailleuse, en évitant les cailloux qui peuvent endommager le matériel. Il faut ramasser le bois coupé, transporter les ronces et faire du feu de place en place ... sans mettre le feu aux forêts traversées.

Il faut enfin éviter les éventuelles vipères et les adorables petites chenilles vertes, se balançant sur des fils de soie à partir des branches supérieures. Ces chenilles, qui donnent naissance au « Bombyx cul brun » ont la merveilleuse propriété de déclencher des urticaires !

Future ligne
Nantes / Nort-sur-Erdre / Châteaubriant :

Prévue pour la fin 2009, la réouverture de la ligne ferroviaire Nantes - Nort-sur-Erdre Châteaubriant, est portée par la Région des Pays de Loire

Il s’agira d’abord d’assurer la desserte péri-urbaine de Nantes, d’une longueur de 13,5 km, entre Nantes et La Chapelle sur Erdre.

Il y aura ensuite un prolongement jusqu’à Nort sur Erdre, et 5 allers-retours quotidiens vers Châteaubriant en correspondance avec les TGV et TER
Par ailleurs, dans le cadre de la réflexion sur la desserte du futur Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une antenne pourrait permettre de relier l’aéroport à Nantes

La voie nouvelle devra avoir un ballast refait, des traverses et des rails totalement neufs, en rapport avec les normes actuelles. Le matériel roulant adopté ressemblera à un tramway tout en allant beaucoup plus vite hors agglomération, jusqu’à 100 km/h avec des accélérations et décélérations / freinages et des ouvertures de portes très rapides permettant des trajets rapides entre des arrêts parfois peu espacés en péri-urbain.

Pour Gilles Bontemps, Vice-président de la Commission « aménagement, infrastructures, transports et déplacements », la Région entend jouer pleinement son rôle d’autorité organisatrice dans le domaine des transports et des déplacements en prenant en compte la nécessité d’un développement équilibré et durable du territoire, et en mettant en œuvre des projets alternatifs au « tout voiture »

Prochaines étapes

Les discussions entre la Région et les différents partenaires concernés sont actuellement en cours concernant le plan de financement de l’ensemble du projet (étude, infrastructures, matériels roulants et exploitation), Une étude sur la nécessité d’électrifier tout ou partie de la ligne va être lancée prochainement.

Enfin, une concertation avec la population, pourrait commencer avant la fin 2005, en amont de l’enquête publique afin d’accompagner la réalisation du projet au plus près des préoccupations locales.

Coût estimé de l’infrastructure hors électrification et hors aménagements en gare de Nantes : 98 millions d’euros
Coût estimé du matériel roulant nécessaire au minimum : 24,5 millions d’€

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ACPM-La_claie_à Issé
ACPM au travail

Une visite du chantier a eu lieu le 2 mai 2005 en présence notamment de Serge Michel et Patrick Lahaye (Réseau Ferré de France), Gilles Bontemps et Françoise Gentil (Conseil Régional), Michel Hunault (député, qui a eu l’idée de confier le débroussaillage aux associations d’insertion), Xavier Amossé (Conseiller général), Jean Goizet (maire de Nort sur Erdre), etc.

Tous ont félicité les salariés en insertion notamment les douze de l’ACPM   (Châteaubriant) et leurs encadrants Pierre Escobar et Jean-Pierre Dousset.


ECRIT LE 8 JUIN 2005

  L’ACPM   : actions pour les chômeurs

L’ACPM   comprend deux secteurs d’activité : la mise à disposition et le chantier d’insertion

26 780 heures de travail en 2004
effectuées par 120 personnes

– 78 salariés en mise à disposition (12 132 heures)
– 42 salariés en Chantier d’insertion :(14 648 heures)

 Mise à disposition

Les inscriptions de demandeurs d’emploi à l’ACPM   se refont chaque année.

167 personnes ont été inscrites au fichier en 2004 (111 l’année précédente) dont 100 nouvelles (80 l’année précédente) et 78 ont eu du travail en 2004.

12 132 heures de mise à disposition ont été réalisées en 2004 (14 791 heures en 2003) soit une diminution de 21,92 %.

Ces heures ont été effectuées par 78 personnes. La personne qui a eu le moins d’heures a fait 4 h, celle qui a eu le plus d’heures en a fait 717 .

En moyenne cela représente 155 heures par personne, soit un mois de travail. L’ACPM   voudrait bien pouvoir donner davantage d’heures !

Ce sont les particuliers qui font le plus appel à l’ACPM   : 136 particuliers ont donné 7533 heures de travail en 2004, soit 26 % de plus que l‘année précédente

Une baisse inquiétante des offres d’emploi

20 collectivités ou associations ont apporté 4301 heures de travail (au lieu de 7944 en 2003, soit une baisse de 46 %).

Suite à une réorganisation de ses services la Communauté de Communes du Castelbriantais ne fait plus appel à l’ACPM   pour le travail sur les bennes de collecte des déchets ménagers.

Cette collecte représentait :

– 7422 heures en 2002,
– 5008 heures en 2003 et
– 32 heures seulement en 2004.

Les entreprises ne font pas d’efforts : quatre entreprises seulement ont fourni 298 heures de travail en 2004

Après un 1er semestre très difficile (4818 heures), le deuxième a été meilleur, (7 314 h), dû en particulier à la demande de personnel faite par les communes et les associations. Et aussi au travail de relance et de publicité fait par des chômeurs et le personnel de l’ACPM  .

*Ménage, repassage, jardinage, entretien des locaux, bricolage, manutention, secrétariat, accueil périscolaire ... l’ACPM   peut proposer du personnel. Certaines communes comme Soudan, donnent régulièrement du travail.

A la fin de chaque mission, l’ACPM   adresse un questionnaire d’évaluation au donneur d’ordre, ce qui permet de faire le suivi avec le demandeur d’emploi sur l’éventuelle difficulté rencontrée et le diriger vers une formation s’il le souhaite.

Les utilisateurs, en général, sont satisfaits.

A la suite de leur passage à l’ACPM  , 13 personnes ont trouvé une solution : emploi ou formation qualifiante.

 Géographie

En tout, sur 160 donneurs d’ouvrage, la répartition par canton est la suivante :

Châteaubriant :
105 donneurs d’ouvrage (6952 h)

Rougé :
23 donneurs d’ouvrage (2492 h)

Les trois autres cantons, St Julien, Derval, Moisdon représentent 23 donneurs d’ouvrage pour 1936 heures.

Ainsi les cantons de Châteaubriant et Rougé représentent 78 % des heures de travail. Il y aurait cependant un effort à faire dans les autres cantons pour offrir du travail.

ll est vrai que les chômeurs ont des problèmes de mobilité (absence de véhicule). Mais il n’est pas plus loin d’aller à Moisdon que d’aller à Rougé ! Et il y a, dans ces cantons, des chômeurs qui ne demandent qu’à travailler.

 Chantiers d’insertion

42 personnes (9 femmes et 33 hommes) sont passées par le chantier d’insertion de l’ACPM   en 2004 pour 14 648 heures (au lieu de 16 085 h en 2003).

Les renouvellements de contrats se font à un rythme rapide.

La suppression programmée des CES (contrats emploi solidarité) et des CEC (contrat emploi consolidé) a entraîné une incertitude préjudiciable à l’emploi.

5 personnes ont trouvé un emploi.

Différents travaux ont été effectués tout au long de cette année :

1) Environnement :

– fin du nettoyage des berges de la rivière La Chère
– Sentier de randonnée à St-Vincent-des-Landes
– Moulin de Rouelle à Rougé
– Etang de la Mouette à Erbray
– Nettoyons la nature (à la voie verte Châteaubriant-Rougé)

2) Entretien du patrimoine :

– La Chapelle des Templiers à St-Aubin-des-Châteaux
– Mur du cimetière et calvaire à Ruffigné
– Calvaires à Issé et La Chapelle-Glain pour l’association St Patern
– Mur du futur parking à La Meilleraye-de-Bretagne
– Mur du Presbytère de la Paroisse   Ste Croix à Villepôt
– Rénovation des toilettes salle municipale à Lusanger

Certaines communes comme St Aubin-des-Châteaux, Ruffigné, La Meilleraye, Lusanger, sont particulièrement attachées à donner du travail.

Activités diverses

Formation-action Cèdre : Personnel et bénévoles de l’ACPM   ont suivi une formation au cours de l’année 2004, de façon à réaliser, au mieux, l’insertion économique.

Par ailleurs le personnel permanent participe à des groupes d’échange sur l’alcoologie et la santé mentale.

L’ACPM   offre quelques journées de loisirs : théâtre, cinéma, sorties d’été à la journée et participe à la réflexion sur « look et bien-être ».

Enfin 4 demandeurs d’emploi ont bénéficié d’un « accompagnement social individualisé » dans leurs diverses démarches.

Coup de cœur du Président

En conclusion, le Président Yvon Gicquel a livré sa réflexion sur l’insertion.

En effet, derrière les chiffres qui traduisent l’activité annuelle de l’ACPM  , il y a des hommes et des femmes.

Trois choses (entre autres), les caractérisent : le manque de revenus, le sentiment d’isolement, sans oublier les difficultés liées à la mobilité.

I.- Les revenus :

Une idée communément admise : les chômeurs au RMI perçoivent une indemnité trop forte. En fait il faut bien savoir que le RMI est très peu élevé : 425 € par mois pour une personne seule.

Même s’il y a des aides au logement (qui ne couvrent pas la totalité du loyer), même s’il y a la couverture maladie universelle, vivre avec 425 € par mois, c’est mission impossible quand il faut faire face aux charges du logement, à l’assurance de la voiture, à la nourriture, etc.

En effet le RMI , même s’il s’appelle revenu MINIMUM, est en réalité un revenu MAXIMUM. Une personne qui perçoit des allocations chômage (par exemple 300 € par mois) n’aura droit qu’à 125 € pour atteindre le fameux montant du RMI.

On entend dire ; le RMI est encore trop élevé. S’il n’existait pas, les gens seraient bien obligés de travailler.

Je remarque que :

– première chose : la morosité du marché du travail n’aide pas particulièrement les personnes en difficulté.
– deuxième chose : les employeurs peuvent avoir des réticences à embaucher un salarié qui se trouve en chômage de longue durée
– troisième chose : un chômeur qui travaille est souvent pénalisé.

L’expérience acquise à l’ACPM   nous conduit à demander, pour les chômeurs de longue durée, du travail et des revenus convenables.

C’est d’abord cela l’insertion.

II.- Les relations sociales
.

Ce qui frappe beaucoup le personnel et les bénévoles de l’ACPM  , c’est le sentiment d’isolement des salariés en insertion, qu’il s’agisse de la mise à disposition ou des chantiers.

Selon une étude de la DREES* (décembre 2004), portant sur 5000 allocataires des minima sociaux, l’absence de relations sociales, à la fois familiales et amicales, apparaît cependant marginale.

Toutefois, si on exclut les contacts strictement téléphoniques, les allocataires de minima sociaux ont moins de relations familiales, associatives ou amicales, que les autres.

L’étude de la DREES avance des explications :

– une personne en mauvaise santé a trois fois moins de chances de se sentir bien entourée qu’une autre en bonne santé ;
– une mauvaise estime de soi accentue le sentiment d’isolement et de mise à l’écart.

L’étude met en avant le sentiment de honte et de culpabilité ressenti par les personnes se trouvant dans une situation de précarité et ses conséquences sur les relations sociales.

Les personnes au chômage ressentent une mise à l’écart qui ne les incite pas à aller vers les autres. Ce constat est encore plus vrai pour ceux que la recherche d’emploi a découragés ou qui pensent qu’« il n’y a plus de travail pour eux ».

En donnant du travail, au sein d’une équipe, l’ACPM   tente de lutter contre cet isolement, de donner aux personnes en difficultés le point d’appui qui leur permettra de se sentir mieux.
C’est aussi cela l’insertion.

III - mobilité

Les problèmes de mobilité touchent particulièrement la région de Châteaubriant au point que la commission locale d’Insertion en a fait un thème de recherche.
– Problèmes psychologiques : la peur d’aller dans une ville ou un lieu inconnus. La peur de conduire dans une grande ville ou sur une voie rapide.
– Problèmes « cognitifs » : ne pas savoir lire un horaire de cars, ne pas savoir se déplacer à vélo.
– Problèmes pratiques : manque de transports en commun, manque de structure de location de véhicule

Ces problèmes de mobilité ont des conséquences variées :

– difficulté à prendre un travail loin du domicile (on connaît pourtant des salariés qui font, à mobylette, 50 km par jour).

– difficulté à maintenir des relations familiales et amicales, et une vie sociale en général. Cette difficulté concerne la personne et sa famille.

Voilà donc quelques problématiques des salariés qui font appel à l’ACPM  .(Il y en a d’autres, par exemple la santé, ou le manque de formation).... a dit le Président Yvon Gicquel en concluant :

Je peux témoigner cependant du désir de travailler des salariés qui s’adressent à l’ACPM  

Il faudrait briser le cercle vicieux quelque part. Il ne sert à rien de les pénaliser avec un très bas revenu, et de les culpabiliser à longueur de temps.

Il faut au contraire leur tendre la main.

C’est ce que fait l’ACPM  , avec ses tout petits moyens mais rien ne remplacera un vrai travail, avec au moins 1000 € par mois.

Si vous avez des travaux à confier, n’hésitez pas à vous renseigner :
ACPM   15 rue St Georges  
Châteaubriant
02 40 28 09 70

Note de la rédaction

Le gouvernement a lancé l’idée du permis à « un euro par jour », pour les jeunes.

L’idée est séduisante, mais se heurte à des difficultés bancaires : quelle banque acceptera de prêter 2000 à 2500 €, sur une durée de 6 à 7 ans, à des personnes qui sont en situation de précarité ?


Ecrit le 5 octobre 2005 :

 L’ACPM   a déménagé

L’association ACPM   (actions pour les chômeurs du Pays de La Mée se trouve, depuis le 3 octobre, dans la Maison de l’Economie à Châteaubriant, au 14 rue des Vauzelles - 02 40 28 09 70

L’ACPM   peut mettre du personnel à disposition, pour les particuliers, les commerçants, les entreprises ...
– Ménage, jardinage,
– Repassage,
– Bricolage
– Manutention, déménagement
– Garde d’enfants, Travaux de secrétariat

Pas de travail au noir : bulletin de salaire et charges sociales


Ecrit le 7 décembre 2005 :

ACPM   : des regards qui changent

Un grand calvaire démonté et remonté à Soudan. Des regards qui changent ......

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Calvaire de Soudan

[Photo : Le calvaire de Soudan, démonté et remonté par les salariés en insertion à l’ACPM  ]

Les rives de la Chère nettoyées et restaurées. Des regards qui changent.

Un mur de cimetière relevé et rejointoyé. Des regards qui changent.

Des propos qui changent aussi : Des chômeurs qui ont fait ce travail ? Bien réussi !. Lundi 28 novembre Michel Rétif a rendu hommage publiquement aux chômeurs de l’association ACPM   (actions pour les chômeurs du Pays de la Mée) pour le très beau travail de réhabilitation de la Chapelle des Templiers à St-Aubin-des-Châteaux : redressement du meneau central de la verrière (qui présentait un faux aplomb), nettoyage et réfection des murs intérieurs sur toute la hauteur, aménagement de bancs de pierres pour consolider l’édifice. Les Aubinois sont satisfaits de leur salle.

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Chapelle des Templiers

[La verrière du chœur, qui était bouchée par des parpaings, était vrillée. Impossible de mettre des vitres. C’est l’ACPM  , avec Dominique Mandary comme encadrant, qui a redresser cette verrière]

M. le Maire a félicité tous les salariés de l’ACPM   pour la qualité de leur travail. D’autres maires manifestent leur satisfaction. Preuve que les chômeurs sont des demandeurs d’emploi et pas des incapables. Le travail en cours dans la forêt de juigné, à la Chapelle St Marcellin   ou au débroussaillage de la voie ferrée Châteaubriant-Nantes en est une preuve supplémentaire.

Il reste à trouver du travail pour ces salariés en insertion qui ne demande qu’à travailler en confiance. Le regard, sur eux, est en train de changer. Hélas le boulot ne court pas les rues.

voie ferrée


NOTES:

(*) Dernière minute : vendredi 11 octobre 2002, le ministère des Affaires sociales a annoncé qu’il renonçait à la réduction, annoncée en septembre, de la participation de l’Etat au financement des contrats aidés (CES) destinés à l’insertion des personnes en grande difficulté, notamment des jeunes. Attendons la confirmation.

(1) l’ACPM c’est en tout une quarantaine de salariés : 6 salariés permanents (à temps plus ou moins complet), des salariés mis à disposition des particuliers pour ménage, jardinage, bricolage, etc (8 équivalents temps-plein) et 24 salariés en insertion : 17 RMIstes, 5 jeunes et 2 handicapés