Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Grappillages et Mée-disances > Mée-disances du 20 février 2013

Mée-disances du 20 février 2013

Ecrit le 20 février 2013

 Droit d’asile en France

 
L’Humanité.fr du 13/02 : Il y a depuis quelques années « une profonde détérioration du dispositif d’accueil des demandeurs d’asile » malgré « un coût de plus en plus élevé », déplore la Coordination française pour le droit d’asile, qui regroupe notamment la Cimade, Amnesty International ou le Secours catholique. […]
 
En raison des engagements internationaux de la France, les demandeurs d’asile ont un droit au séjour, à un hébergement, à l’accès aux soins et à un petit pécule pendant l’examen de leur dossier. Chaque étape est toutefois une gageure.
 
D’abord, car les demandeurs d’asile doivent disposer d’une adresse pour mener leurs démarches. Des associations agrées par le préfet peuvent servir de boîtes postales, mais certains préfets se servent de ces agréments comme « outil de régulation ». Obtenir une adresse peut prendre jusqu’à cinq mois. Il faut ensuite s’inscrire en préfecture pour obtenir le droit de rester sur le sol français. Si l’accueil est satisfaisant à Bordeaux ou Marseille, le rapport épingle la Loire-Atlantique où il faut sept semaines pour obtenir une « autorisation provisoire au séjour » .
 
Vient ensuite la demande à l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). La remise du dossier est parfois l’objet de tracasseries, comme à Grenoble et Lyon où les documents sont envoyés par lettre recommandée à des personnes qui n’ont souvent pas de papiers d’identité pour les retirer. Tout est à l’avenant, déplorent les associations, rappelant qu’il existe seulement 21.400 centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) pour 57.000 demandes déposés en 2011. Ceux qui n’accèdent pas à ce type d’hébergement basculent dans des dispositifs d’urgence, notamment dans des hôtels coûteux et pas adaptés. Parfois, ils se retrouvent à la rue.
 
Les difficultés existent aussi pour percevoir l’allocation temporaire d’attente ou s’inscrire à la couverture maladie universelle, selon les associations qui évoquent un « désaccueil » des demandeurs d’asile.

 Le sabre et le goupillon

 
LaCroix.com du14/02 : Le tribunal de la Rioja (nord-ouest de l’Argentine) jugeait l’assassinat en 1976 de deux prêtres : Le P. Longueville et son vicaire le P. Murias avaient été enlevés le 18 juillet 1976 dans la paroisse   d’El Salvador d’El Chamical. Leurs corps criblés de balles avaient été retrouvés, les yeux bandés, dans un terrain vague de la ville. Le P. Longueville - l’un des 18 Français assassinés ou disparus durant la dictature - faisait partie du Mouvement des prêtres pour le Tiers monde, une des bêtes noires du régime. Un procès pour la béatification des deux prêtres a été ouvert par le diocèse en 2010. Quelques jours plus tard, l’évêque de La Rioja, Mgr Enrique Angelelli, fut tué dans un accident de voiture provoqué. Il venait de constituer un dossier sur l’assassinat des deux prêtres. Le procès a permis de démontrer que Mgr Angelelli, ainsi que d’autres prêtres, avaient bien informé la Conférence des évêques sur la situation dans la région.
 
L’arrêt du 7 décembre dernier du tribunal fédéral de La Rioja a condamné à la prison à vie trois responsables du 3e corps de l’Armée : son chef Luciano Benjamin Menendez, le lieutenant-colonel Luis Fernando Estrella et l’ancien commissaire Domingo Benito Vera. Pour la première fois un tribunal argentin a accusé l’Église catholique de complicité avec la dictature militaire argentine de 1976 à 1983. Les juges ont souligné “l’indifférence”, mais aussi la complicité de la hiérarchie avec l’appareil répressif dans l’attaque menée contre des membres du Mouvement des prêtres pour le Tiers-Monde. Selon les juges, aujourd’hui encore, une certaine « réticence des autorités ecclésiastiques et même du clergé pour résoudre les crimes » perdure.
 
Selon les organisations des droits de l’homme, un évêque, au moins dix prêtres, deux séminaristes et cinq agents pastoraux ont été tués pendant la dictature. Dix autres prêtres, sept séminaristes et 45 agents pastoraux sont considérés comme disparus. Environ 30 000 personnes ont disparu pendant la dictature argentine entre 1977 et 1983.

 Fatwa anti ralentisseurs

 
RFI.fr du 13/02 : Une fatwa fait sensation en Indonésie, pays qui compte plus de 200 millions de musulmans. Cet avis, émis par la plus haute instance religieuse du pays, le Conseil indonésien des Oulémas, proclame que les ralentisseurs sur les routes ne sont pas conformes aux valeurs de l’islam. Une décision très sérieuse qui fait référence au prophète Mahomet, qui aurait dit en son temps qu’aucun obstacle n’est censé obstruer la circulation dans les rues.
 
Ces dernières années, on a vu émerger un florilège de fatwas surréalistes : interdiction de pratiquer le yoga, défense de se mettre du gel dans les cheveux, de lancer des feux d’artifice ou encore de trop regarder les talk-shows à la télévision. Avec, à chaque fois, des raisons très solennelles mises en avant par le Conseil, qui considère que ces activités sont inadmissibles pour un bon musulman.
 
Mais il y a eu aussi des avis beaucoup moins légers, avec des positions très conservatrices sur le mariage inter-religieux ou la promotion de l’excision pour les jeunes filles. En 2005, les autorités religieuses avaient même été jusqu’à comparer la laïcité et le libéralisme à des maladies sexuellement transmissibles. […]
 
Publiquement, aucun musulman ne remettra en cause les décisions des Oulémas, mais en réalité, c’est devenu une instance, qui fait rire ou pleurer, mais qui a perdu une grande partie de son influence sur les Indonésiens.

 Zéro accident du travail

 
L’Humanité.fr du 15/02 : […] A Spie Batignolles on ne plaisante pas avec la sécurité des salariés. C’est du moins ce qu’affirme le groupe, qui se vante d’avoir mis en place dès 2001 une politique de « zéro accident » sur ses chantiers. Depuis, Spie revendique des taux d’accidents deux à quatre fois inférieurs à la moyenne de ses concurrents. Impressionnant, dans un secteur qui compte plus de 100 000 accidents du travail par an et où un ouvrier meurt tous les trois jours. […] Ces chiffres flatteurs font d’ailleurs régulièrement l’objet de cérémonies, au cours desquelles le groupe remet lui-même des trophées à ses filiales les plus méritantes.
 
Pourtant, les syndicats dénoncent depuis des années les méthodes pratiquées par le groupe pour atteindre l’excellence. « Quand un salarié est accidenté, tous les moyens sont bons pour l’inciter à ne pas se déclarer, assure Bruno Cornet, responsable à la FNSCBA-CGT. Un responsable sécurité vient le voir, lui conseille de se reposer quelques jours chez lui, en lui assurant que l’entreprise le paiera pendant ce temps. En cas de refus, le ton se fait plus menaçant : on explique au gars qu’il n’aura plus jamais d’augmentation ou qu’on lui fera faire systématiquement le sale boulot sur les chantiers ». […]
 
Le groupe nie catégoriquement avoir recours à ce genre de pratiques. Mais la note interne envoyée par cette filiale en novembre 2011 annonce clairement la couleur : si un salarié a le malheur de déclarer son accident du travail, tous ses collègues seront privés de primes. « Le chantage est très simple, résume un ouvrier. Quand on déclare un accident, on peut perdre jusqu’à 250 euros de primes en fin de chantier ! Du coup, les gars eux même font pression sur leurs collègues, pour qu’ils la bouclent… »
 
La direction n’hésite pas non plus à contester les accidents du travail les plus tragiques. Le 31 août 2011, un technicien est grièvement blessé sur un chantier du groupe en manipulant des cellules électriques. Héliporté en catastrophe vers un hôpital, il manque de perdre la vie. Deux jours après, la direction envoie un courrier à la CPAM   d’Evry pour se dédouaner : si le salarié s’est blessé, c’est entièrement sa faute, explique-t-elle en substance.
 
Pour l’entreprise, l’intérêt d’une dissimulation est double. Un faible taux d’accidents lui permet de décrocher des contrats publics plus facilement, mais également de faire de substantielles économies : son taux de cotisations « Accidents du Travail » diminue d’autant.