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Mars 2013, il faut sauver les A.B.R.F.

Ecrit le 6 mars 2013

16 maires de la Com’Com’   du Castelbriantais (sur 19), présents à la manif syndicale des ABRF, ce 27 février 2013, avec d’autres maires de la Com’Com’   de Derval et de Nozay, et cinq Conseillers Généraux et le Député. Bigre, cela fait longtemps qu’on n’avait pas vu une si belle brochette ! Certains de ceux-là sont des habitués des manifs syndicales, mais, pour d’autres, c’est un événement !

 Le délégué F.O.

Dans son intervention, Laurent Halet, délégué syndical Force-Ouvrière aux ABRF est revenu sur le passé : « Il y a encore deux ans notre entreprise avait un carnet de commandes plein, principalement à l’export et faisait travailler 250 compagnons à temps plein. A l’époque, et malgré ce carnet de commandes plein, de graves erreurs de gestion jetaient l’entreprise dans une situation difficile avec un passif de plusieurs millions d’euros et une trésorerie réduite à sa plus simple expression ». Alors les clients, principalement allemands, se sont détournés et le carnet de commandes s’est effondré. Deux administrateurs judiciaires ont été désignés et un nouveau PDG a été mis en place pour essayer de redresser la barre. Cependant, et malgré quelques commandes, la situation reste catastrophique.

Le 12 février dernier 2013, le tribunal de commerce d’Orléans a accordé un délai de deux mois supplémentaires à la direction des ABRFI pour présenter un « plan de sauvegarde » de l’entreprise. En effet le niveau actuel des commandes permet de maintenir l’activité jusqu’au 30 avril. Mais « ces commandes orientées vers la maintenance, la réparation et la transformation des wagons, et aucunement vers la fabrication de nouvelles unités, ne permettent pas d’assurer à terme la pérennité du site et le maintien des emplois ».

Depuis l’été 2012, Force Ouvrière intervient à tous les niveaux (notamment élus, SNCF...) pour créer les conditions d’une sauvegarde de l’activité. La perspective d’une reprise du site par la société publique russe « UVZ » s’est envolée et la direction ne semble pas en mesure de présenter un plan permettant la préservation de l’entreprise.

 Qui peut sauver les ABRF ?

Qui peut garantir le maintien du site et de tous les emplois ? Qui peut aider les ABRFI à trouver un repreneur solide et efficace, sinon la puissance publique ! Le syndicat FO a envoyé un courrier au ministre du redressement productif, qui suit déjà ce dossier avec attention et au 1er ministre Jean-Marc Ayrault. car « attendre l’échéance du 30 avril et un hypothétique « plan de sauvegarde » de la direction pour réagir, c’est à coup sûr condamner les ABRFI à la liquidation ! La nation a besoin de ses sites industriels pour se développer ! Châteaubriant a besoin de son industrie ferroviaire pour vivre !

L’Etat peut et doit intervenir pour aider ainsi à préserver un site qui depuis 40 ans a fait preuve de son haut niveau technologique ».

 Le Député et le Maire

Le député Yves DANIEL est venu apporter son soutien à l’engagement des salariés. « Nous travaillons à la recherche de solutions » a-t-il dit, « d’abord à la restructuration d’une filière ferroviaire en France, et en même temps à la recherche d’un repreneur et de nouveaux marchés ». A la suite de la question orale qu’il a posée à l’Assemblée le 26 février, le ministre Arnaud Montebourg lui a répondu : « nous mettons ce moment à profit pour sauver l’entreprise, mais aussi pour la conforter. Cela fait partie de l’activisme du commissaire du redressement productif [dans les Pays de Loire], mais également de la cellule restructuration que j’ai mise en place dans mon ministère. Nous avons déjà connu un succès dans le secteur avec ACC, à Clermont-Ferrand, qui a été tiré d’affaire par la commande publique. Nous allons essayer de suivre le même chemin pour les Ateliers bretons de réalisations ferroviaires. Nous gardons l’espoir en bandoulière ! »

Le maire Alain HUNAULT a rappelé que, dans le passé, les collectivités locales ont beaucoup aidé les ABRF (c’est vrai, y compris avec la maire Martine Buron !). Et que la Com’Com’   fera une réunion spéciale à ce sujet, le 13 mars. (1)

Il a aussi rappelé qu’une commission parlementaire est venue à Châteaubriant le 5 mai 2011. [Elle était menée par son frère, député à l’époque, mais elle n’a débouché sur rien. Est-ce à ce sujet qu’Alain Hunault a parlé de : ministère de la parole ?]

Pour Michel Le Roc’h – Secrétaire Adjoint de l’Union Départementale Cgt-FO, « seule la puissance publique peut aider la direction actuelle à sauver l’entreprise. Certes l’Etat ne peut sans doute pas tout, mais il peut aider à sauvegarder le site et tous les emplois, à court terme en garantissant le maintien du site et des emplois, à terme en aidant à la reprise du site par une société solide ».

« Le site de Châteaubriant fait la preuve de son haut niveau de technicité en fabriquant et livrant 1200 wagons porte-autos depuis 2009 sur le marché allemand. Sur le marché français, 60 000 des 85 000 wagons du frêt arrivent aux deux-tiers de leur durée de vie estimée à 60 ans. Leur remplacement inéluctable doit être programmé selon un calendrier rationnel et passe par la construction de 600 wagons neufs par an dont 300 porte-autos. Et la maintenance de ce parc nécessite de très nombreuses heures de travail. Il y a donc place dans notre pays pour tous les sites existants, y compris les ABRFI. »

« A l’heure où les chiffres du chômage sont à la hausse, nous considérons à Force Ouvrière que tout doit être fait pour relancer l’activité économique. En 3 ans, 1000 usines et 120 000 emplois ont été perdus en France dans l’industrie. Il faut que cela cesse. Pour relancer l’activité industrielle, nous considérons qu’il est nécessaire de tourner le dos au dogme européen de la concurrence libre et non faussée, de l’abaissement du coût du travail et de l’euro fort. L’austérité permanente, avec un pouvoir d’achat en berne, c’est à coup sûr l’asphyxie de l’économie ».

 Banque publique

« L’Etat et la nation tout entière doivent avoir une stratégie globale de sauvegarde de l’industrie. L’industrie c’est le poumon de l’activité économique d’un pays. Et de ce point de vue, la création de la banque publique d’investissement, revendication de Force Ouvrière depuis 2007, est un point positif. La Banque Publique d’Investissement compte investir, au delà des prêts qu’elle va également accorder, 2 milliards d’euros dans 1000 entreprises dès cette année. C’est l’une des pistes pour aider les ABRFI. L’autre piste c’est la mise en place d’une vraie stratégie industrielle pour le frêt français comme l’ont évoqué ici même Monsieur le député de la circonscription et Monsieur le maire de Châteaubriant ».


Ecrit le 6 mars 2013

 13 mars ou 10 avril ?

(1) Ce sera sans dout une réunion non-publique. Par lettre en date du 22 février, Alain Hunault convoque un « comité consultatif développement économique » de la Com’Com’   pour une réunion le 10 avril. « le dossier ABRFi n’est même pas à l’ordre du jour ». dit Pascal Bioret, président du groupe municipal d’opposition.

« La compétence développement économique est du ressort de la CCC  . Que propose son président pour accompagner l’entreprise et ses sous-traitants, quel est le résultat de la visite de la commission d’enquête parlementaire obtenue par son frère, l’Etat a été soi-disant attentif ces deux dernières années vis-à-vis des ABRFi comment ? quel avenir leur a t on fait miroiter ? le présent sera assumé par les élus aux manettes du gouvernement, de la région, et du département.

M. le président de la CCC  , assumez votre politique de développement économique au sein de la CCC  , la dernière entreprise installée à Châteaubriant c’est les établissement CHAILLOUX et le maire était ... Martine BURON. Osez nous montrer le rôle qu’a joué votre frère dans le dossier ABRFI car la seule chose que nous trouvons ce sont des belles paroles de sauvetage de l’établissement dont aujourd’hui l’ensemble des salariés peuvent douter »