Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Femmes, masculin-féminin > Anne et la ferronnerie

Anne et la ferronnerie

Ecrit le 13 mars

Anne et la ferronnerie

Anne a un baccalauréat en poche et cinq ans d’études en arts appliqués. Puis deux ans dans l’emploi … mais une grande insatisfaction, celle de travailler essentiellement sur ordinateur. « J’aime la matière, j’aime travailler de mes mains. Pôle Emploi m’a proposé un évaluation en milieu de travail, chez Bernard Bresnu, le forgeron de Saffré ». Bernard Bresnu a un enthousiasme et une chaleur humaine qui transformerait le diable lui-même en pédagogue attentif !

Au bout de 15 jours de découverte, Anne a compris que cette voie serait la sienne et elle n’a pas hésité à partir en formation pour 6 mois dans le Jura, en ferronnerie d’art. « Nous y avons eu des cours théoriques, mais aussi des conseils pratiques : les bases du feu, les techniques, et les positions à prendre pour prendre soin de soi ». CAP en poche, Anne est revenue travailler chez Bernard car il lui faut affiner son projet : elle a trouvé un bâtiment à louer, sur Derval, en face de celui de Guillaume Bichon (un autre ex-élève de Bernard !). Elle aménage donc son atelier, construit son four, monte la hotte d’évacuation des fumées, et forge son propre outillage. Elle compte travailler dans la ferronnerie d’art, qu’il s’agisse de création à la demande (mobilier ou pergolas, luminaires, déco intérieure) ou de rénovation de bâtiments anciens (comme au Passage Pommeraye à Nantes). Sa formation de base en arts appliqués lui servira beaucoup et nous pouvons espérer voir un jour une exposition de ses œuvres !

Mais pourquoi s’installer si proche de Guillaume ? Concurrence ? « Non, car Guillaume a énormément de travail, et nous ne serons pas dans le même domaine. Mais nous pourrons nous aider quand il s’agira de déplacer des objets lourds. Nous pourrons aussi mutualiser certains outils ».

Photo : Anne Vidaillac

C’est que, mine de peler les œufs, il y a du travail pour un forgeron dans nos régions. Les bons artisans savent qu’un outil fabriqué spécialement pour eux est de meilleure qualité. C’est donc très fréquemment que la forge de Saffré est sollicitée pour rebattre, retremper des outils pour maçons, couvreurs, jardiniers et autres : pioches, barre à mine, burins, pointerolle, bêche, hache, marteau.
Si vous passez du côté de Boismain, à Derval, n’oubliez pas de saluer ces jeunes qui font revivre des métiers un peu oubliés et qui en vivent.

Photo : Le diable en réparation à la Forge de Saffré

(œuvre destinée au Passage Pommeraye)