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Affaire Cahuzac : la colère

Ecrit le 3 avril 2013

La colère de Gérard Filoche c’est la nôtre aussi

Courrier de lecteurs

Courrier d’un lecteur réagissant, à chaud, après les aveux de Jérôme Cahuzac, le mardi 2 avril 2013.

C’est désespérément affligeant. Jérôme Cahuzac est brillant (trop, peut-être ?), type à qui « donner le bon Dieu sans confession », mais dissimulateur et menteur effronté. Il fut Ministre du Budget de la France, de l’avenir de notre pays déjà bien mal en point.

Ce n’est pas une petite filouterie de jeunesse, possiblement excusable et amnistiable, mais une fraude fiscale de grande ampleur au détriment de notre belle Nation. Il a accepté, imperturbable, sans émois particuliers un maroquin confortable et éminemment stratégique, en même temps qu’il trahissait sans vergogne et en toute connaissance de cause le pacte de rigueur que la France s’impose pour survivre.

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20 ans, 30 ans que ça durerait, cette tromperie à l’Etat. Avec la bagatelle, sur un compte en Suisse (qui, à un moment, nous a fait croire, dans des termes très « diplomatiques », que la recherche était sans fondement au regard du secret bancaire !) qui aurait culminé à 600 000 €. Ce montant est parfaitement assourdissant.

Que la Justice fasse maintenant et de façon juste son travail. C’est très dommage : il n’y aura pas de comparution immédiate. Le temps de démonter tout le système, de laisser l’oubli opérer, d’éviter les dégâts collatéraux possibles. Bref, de trancher en toute sérénité. Donc attendons de voir !!!

Moi, dans mon petit coin, survivant tant bien que mal, mais propre sur moi, je me pose pleins de questions sur la confiance allouée et sur son contrôle, son bien-fondé. Une brebis soupçonnée galeuse a été identifiée. Presque par hasard. Combien d’autres autour de nous, parmi nous ? Et pas seulement dans les rangs de nos « acteurs » politiques (acteur = artiste dont la profession est de jouer un rôle sur scène). Je me sens mal à l’aise, trahi. Déjà que mon moral migre vers mes talons, que dire à ma fille de 20 ans qui pêche gentiment par omission, mais qui écoute attentivement mes réponses à ses questions ? Qui est donc digne de confiance ? C’est tout le débat entre « transparence » et « respect » de la vie privée de chacune et chacun.

Signé : P.

Note de la rédaction : la faute de Jérôme Cahuzac, même si elle est celle d’un seul homme, est impardonnable : elle jette le discrédit sur tous les élus. Et, en même temps, on découvre l’ampleur des paradis fiscaux dans le monde et la façon dont les « grands » de ce monde saignent la planète. On découvre que deux banques françaises, le Crédit agricole et BNP Paribas ont facilité l’ouverture de sociétés « offshore » pour des clients en quête de confidentialité.

Qui a provoqué la crise économique mondiale ? Qui met les peuples à genoux pour garantir sa propre prospérité financière ? c’est le monde de la spéculation financière, le monde du profit immédiat, au détriment de l’intérêt général.
Alors, tous pourris ? Non et nous le savons bien en regardant autour de nous. Ces dérives politico-financières seraient limitées si les citoyens reprenaient le pouvoir, s’intéressaient à la vie publique. Mais tout a été fait pour qu’ils soient écrasés sous des horaires décalés, des salaires réduits pour qu’ils s’occupent d’abord (et surtout) de survivre en laissant les « grands » de ce monde gouverner sans contrôle.

Voir aussi : Philou, le cas Cahusac

Ploutocrates

A propos de l’évasion fiscale, on entend beaucoup parler d’oligarchie et d’oligarque. C’est faire beaucoup d’honneur à ces vils fraudeurs. Une oligarchie est une classe dominante composée des plus riches, des meilleurs, des anciens, des scientifiques et techniciens, des plus forts. Les fraudeurs qui nous intéressent (qui devraient intéresser le pouvoir en place) ne sont pas forcément les meilleurs, les plus riches etc ... Ce sont des riches qui essaient de frauder le fisc. C’est une erreur sémantique de les appeler oligarques alors qu’ils ne sont que des ploutocrates. Répétez le mot à voix haute : on y entend comme du mépris.

Signé : Alain Borgone

L’ignominie et la trahison

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La gauche touchée au cœur

A qui faire confiance désormais ?

Une déflagration politique

Jérôme Cahuzac, L’exemple d’un parcours politique à proscrire

Lu dans lemonde.fr du 4 avril 2013 :

Cahuzac : onde de choc, l’opposition virulente

Les aveux de Jérôme Cahuzac après quatre mois de mensonge au sujet de son compte à l’étranger, ouvert par Philippe Péninque, un proche de la présidente du Front national, Marine Le Pen, selon les infos du Monde, ont porté un coup sévère à la « République exemplaire » voulue par François Hollande, contraint d’annoncer solennellement une série de mesures pour moraliser la vie politique. Près de 24 heures après le spectaculaire aveu et la mise en examen de l’ex-ministre, le chef de l’Etat lui-même, dans une déclaration télévisée au ton dramatique, a dû s’employer à déminer le terrain, avant sa visite d’Etat de deux jours au Maroc. Dénonçant à nouveau « une faute impardonnable » de son ex-ministre, « un outrage fait à la République », François Hollande a annoncé trois mesures, dont l’interdiction « de tout mandat public » pour les élus condamnés pénalement pour fraude fiscale et corruption. Cette mesure d’inéligibilité pourrait poser un problème constitutionnel. Le chef de l’Etat a aussi répété le vœu du gouvernement qu’une réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) soit votée au Parlement dès « cet été » pour « renforcer l’indépendance de la justice », et promis - ce qui était déjà aussi dans les tuyaux - une lutte « impitoyable » contre les conflits entre intérêts publics et privés avec la « publication et le contrôle » du patrimoine des ministres et parlementaires. De Jean-François Copé à Jean-Luc Mélenchon, en passant par Marine Le Pen et François Bayrou, l’opposition a lancé des attaques virulentes contre François Hollande et Jean-Marc Ayrault, après l’aveu de l’ancien ministre du budget. Le président de l’UMP, Jean-François Copé, a estimé que Hollande devait « changer complètement son gouvernement, son premier ministre et ses ministres ».

Lu dans Médiapart du 5 avril 2013

Les derniers rebondissements de l’affaire Cahuzac montrent que l’argent, quand il devient une fin en soi, avoisine le crime dans sa volonté d’échapper aux lois communes. L’évasion fiscale n’est pas à la marge mais au centre d’une économie devenue mafieuse parce que livrée à la finance.

Cahuzac : quand la presse rermplace la justice