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L’enfant et la mort

Ecrit le 3 avril 2013

Une quarantaine de personnes (un seul homme !) ce 28 mars 2013 à Derval, à l’invitation des Potes des Sept Lieux, pour parler de « l’enfant et la mort », sujet qui fait écho dans nombre de familles, un jour ou l’autre.

Les psychologues disent que l’enfant, dans les premiers âges, a des difficultés à envisager la mort. Naguère, les gamins vivaient dans des familles élargies où cohabitaient plusieurs générations. La naissance, ils connaissaient. Le phénomène de la vieillesse aussi, et bien entendu de la mort puisque naissances et décès se produisaient à la maison. Le monde rural qui les entourait était aussi celui de la vie et de la mort, notamment des animaux.

A notre époque, la naissance et le décès ont été externalisés, vers des hôpitaux dont l’enfant est éloigné le plus souvent. De plus, avec la télévision, il découvre davantage des scènes de mort que des scènes de vie. Scènes virtuelles d’ailleurs, qu’il reproduit dans ses jeux. « Pan, t’es mort » dit-il à un copain. Et quelques temps après, le copain n’est plus mort ! Miracle de la toute-puissance de l’enfant.

 Expliquer, écouter

Mais l’enfant constate que les adultes pleurent, alors il se fait ses propres représentations de la mort. Soit il n’y comprend rien, soit il développe un sentiment de peur. « Il faut expliquer aux enfants » dit Brigitte Veber, psychologue, « et ne pas leur raconter de bobards ».

« Mamie est partie en voyage » … alors l’enfant peut développer une peur des voyages.

« Mamie s’est endormie » … l’enfant peut avoir peur d’aller se coucher, ou avoir peur de voir ses parents dormir.

« Mamie est partie au ciel » … et l’enfant échafaude des questions : il fait froid au ciel ? Il y a des chaises là-bas ? Comment on dort là-haut ?

« Mamie a disparu » … l’enfant se demande si, comme à cache-cache, elle peut revenir (comme un fantôme ?)

Le mieux est de parler aux enfants de la séparation (qui n’exclut pas le souvenir « dans ton cœur ») mais surtout d’écouter l’enfant, pour qu’il exprime ce qu’il pense, ce qu’il imagine, lui, et pour dépister ce qui, pour lui, est dur à porter, pour que l’enfant ressente la mort comme une tristesse, certes, mais sans angoisse.

La mort n’est pas un événement banal. Il faut donc éviter des phrases du genre : « tu me fais mourir de chagrin », « tu me tues avec tes questions » car il ne faut pas que l’enfant s’imagine être responsable de la mort d’un parent, d’un frère, d’un copain. Ne pas lui donner à penser que, s’il se conduit bien, il évitera la mort.

« On est comment quand on est mort ? » Ne pas donner à l’enfant l’idée de désagrégation, de pourriture, dire plutôt qu’on est tout sec, tout maigre, que le cœur s’est arrêté, que toutes les fonctions sont arrêtées.

 Ne rien dire ? Trop dire ?

Un enfant, à tout âge, perçoit le changement de situation lié à la mort d’un proche. Beaucoup de familles, par protection, l’écartent du sujet. Mais l’enfant culpabilise, il ramène toujours à lui-même : pourquoi mes parents sont-ils tristes ? Qu’ai-je fait pour qu’ils soient si différents ? L’enfant manifeste les premiers signes de mal-être et peut-être exprime-t-il, par des câlins, un rôle protecteur de ses parents. Mais, s’agit-il vraiment de son rôle ? L’imaginaire devient alors beaucoup plus terrible que la réalité.

Certains psychologues affirment qu’il faut tout dire, mais l’enfant est-il en capacité psychologique, suivant son âge, de tout comprendre, de tout entendre ? Notamment lorsqu’il s’agit de mort violente (accident, suicide, mort subite...).

Alors, ne pouvons nous simplement parler « VRAI », dans un langage adapté et bienveillant pour l’enfant, avant de nous lancer dans nos discours et justifications d’adulte ? Peut-être pourrions-nous prendre en compte qu’avec un enfant « la vérité ne s’impose pas, mais qu’elle se propose » : Pourquoi demandes-tu ça ? Qu’est ce que tu en penses toi ? Qu’est ce que tu ressens dans ton cœur ? Comment en parlerais-tu à ton petit frère, à ta petite sœur ? Etc... Alors sans doute, pourrions-nous parvenir à vider cette poche de chagrin qui perturbe encore certains lorsqu’ils arrivent à l’âge adulte.

La mort fait partie de la vie, de ces ruptures et séparations qui nous construisent. Peut-être ainsi quelques parents pourraient-ils parvenir à s’affranchir de leur deuil pour le plus grand bénéfice de l’enfant ?

La vie

Mais finalement, avec les enfants, pourquoi s’attarder sur la mort ? Il est plus important de parler de la vie, du plaisir de vivre, d’avoir des projets, des passions ! Il faut au contraire cultiver l’optimisme, cultiver la vie.

Références :