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Logement, révélateur d’exclusion

Ecrit le 23 novembre 2005 :

  Logement : révélateur d’exclusion

Le Secours Catholique-Caritas France a rendu public, le 03/11/2005, son 11e rapport sur l’évolution de la pauvreté en France, basé sur ses « Statistiques d’accueil 2004 ».

Les 650 000 situations de pauvreté rencontrées par l’association (environ 1 500 000 personnes dont 690 000 enfants), amènent plusieurs constats dans des domaines tels que : chômage-emploi, revenus, composition des familles, endettement...

« L’inégalité de traitement dans le domaine du logement est un fait vécu quotidiennement par les personnes et familles rencontrées » .

 Les pauvres ... encore plus pauvres

Les personnes que le Secours Catholique rencontre ne sont pas plus nombreuses mais de plus en plus pauvres. En euros constants, leur revenu mensuel équivaut à celui de l’année 2000. Les allocataires du RMI sont dans une situation encore plus difficile. Leurs ressources correspondent à celles de l’année 1999. Les revenus sociaux ne leur permettent plus de « s’en sortir » sans l’aide d’une association. Avec leurs si faibles ressources, elles tombent dans la misère.

La « loi de lutte contre l’exclusion » parlait d’un impératif national. Les faits prouvent que cette exigence n’est pas atteinte.

Les personnes rencontrées sont de plus en plus âgées : l’âge moyen 38,8 ans en 1999, est de 39,7 ans en 2004.

L’augmentation du nombre des personnes de 60 ans et plus est aussi significatif.

 La catégorie des demandeurs d’emploi non indemnisés

représente 27,1% des situations rencontrées en 2004. Près de 2 chômeurs sur 3 ne sont pas indemnisés (soit 62,3%).

Les « sans ressource », à l’exclusion des étrangers sans statut, représentent en 2004 de 12,3%.
Ce sont pour près d’un tiers des jeunes de moins de 25 ans et pour 26% des personnes qui attendent le versement d’un revenu ou de transferts sociaux (pour les principaux, 14% attendent le RMI, 5% des allocations chômage, 3% des allocations familiales, 3% des allocations logement).

La proportion des bénéficiaires du RMI est passée de 28,8% en 2002
– à 29,3% en 2003
– et à 30,6% en 2004...

 Qui habite où ?

Les logements précaires augmentent de 3% entre 2000 et 2004. En 2004, 72,5% des personnes rencontrées par le Secours Catholique habitaient un logement stable et 27,5% un logement précaire.

La stabilité n’a rien à voir avec la qualité : de nombreux logements sociaux sont très dégradés et certaines locations privées totalement impropres à l’habitation.

Depuis 2002, la seule évolution notable consiste en un déplacement de la location HLM vers la location privée qui traduit la pénurie de logements sociaux et les difficultés d’accès au parc social.

En ce qui concerne les logements précaires, ce sont les hébergements par des proches, famille ou amis, qui ont connu la plus forte augmentation, + 2,6%, entre 2000 et 2002.

La part des personnes logées à l’hôtel et celle des personnes à la rue continuent à augmenter. Le Secours Catholique a accueilli en 2004 environ 650 000 « situations », c’est-à-dire des personnes ou familles en difficulté.

 Qui sont ces personnes accueillies ?

– Locataires du parc social : 36,8 % des situations accueillies
– Locataires du parc privé : 27,1% des situations accueillies : Profil type : tous ceux qui peuvent payer et offrir des garanties.
– Propriétaires ou accédants à la propriété : 3,7% des situations rencontrées. Profil type : des situations marquées par un accident de la vie et le surendettement..
– Hébergement collectif : 4,9% des situations rencontrées : Profil type : des jeunes, des étudiants étrangers, des personnes seules à faibles ressources.

L’inégalité de traitement dans le domaine du logement est un fait vécu quotidiennement par les personnes et familles. La difficulté ou l’impossibilité d’accès, le manque de mobilité d’une partie des habitants du parc public, la faiblesse de ressources, leur irrégularité lorsque l’on dispose d’un emploi précaire, la pénurie de logements sociaux font apparaître une grave rupture dans le principe d’égalité entre personnes et familles. Cette situation développe de l’amertume et un ressenti d’injustice forte qu’il est indispensable de prendre en compte.

 Coût du logement : l’équation impossible

La flambée des loyers touche plus fortement les ménages les plus modestes. Les loyers des plus pauvres augmentent plus vite que ceux de l’ensemble de la population française. Ainsi, entre 1999 et 2004, le loyer moyen des locataires privés rencontrés au Secours Catholique a augmenté de + 18,5% contre 11,8% pour l’ensemble de la population locataire du parc privé. Pour ce qui est du parc social on note une évolution de +11,8% des loyers des ménages accueillis contre +9,4% pour l’ensemble de la population.

« 30% des personnes que nous rencontrons ne perçoivent aucune aide au logement » dit le Secours Catholique.

Au cours des dernières années, les aides au logement se sont, certes, recentrées sur les ménages les plus modestes (très très modestes). Cela étant, 30% des situations rencontrées qui remplissent théoriquement les conditions d’accès aux aides au logement, ne la perçoivent pas. Ces personnes peuvent être en attente de la régularisation de leur dossier de demande, mais souvent ignorent leurs droits.

2002-2004 : baisse de 3,3 % du pouvoir d’achat des plus pauvres ; les dépenses de loyer pèsent de plus en plus lourd dans le budget des plus pauvres :

L’augmentation des charges du logement absorbe toute l’augmentation du revenu et parfois au-delà, comme dans les hébergements collectifs, les hôtels ou même pour les accédants à la propriété rencontrés. La quasi stabilité du reste à vivre en euros courants équivaut à une diminution de 3% du pouvoir d’achat en fonction de l’inflation.

30% des locataires mentionnent des impayés de loyer :
Le montant des aides ne suit pas toujours l’augmentation des loyers. Lorsqu’il est impossible de faire face à l’ensemble des charges, un choix se fait naturellement entre ce qui est vraiment urgent et indispensable.

Selon le type de logement, la nature et le montant des impayés ne sont pas les mêmes. Un tiers des situations locataires du parc social (soit 33,5%) a des impayés de loyer. Les impayés d’énergie sont moins fréquents (24%) et ceux concernant l’eau moins encore (11,5%).

Par contre, pour ceux du parc privé la situation s’inverse. En effet, si les familles du parc social peuvent bénéficier d’une tolérance et d’une prise en charge possible face aux dettes de loyer, ce n’est pas le cas pour les locataires du privé. Ils se retrouvent donc plus souvent avec des impayés d’énergie (28,6 %).

Les propriétaires et accédants n’ont que rarement des impayés de mensualités d’accession, du fait sans doute des conséquences qu’ils auraient, mais les impayés d’énergie (26,1%) et d’eau (19,9%) sont fréquents.

Pour le Secours Catholique, Cette situation est inacceptable. Elle doit inciter à une prise de conscience collective pour mettre en œuvre un plan d’urgence avec des moyens importants pour sortir ces personnes et familles de cette équation infernale !

Tableaux et graphiques sur le site Internet :

R. Le Gall


Ecrit le 1er février 2006

 Logement social : la loi modifiée

Les députés ont modifié la disposition de la loi de décembre 2000 dite « loi SRU » (1) obligeant les communes à construire dans un délai de vingt ans 20% de logements sociaux.

A la demande du gouvernement, ils ont rejeté un amendement UMP qui proposait que les logements sociaux soient comptabilisés sur l’ensemble d’une agglomération et non sur une seule commune.

L’Assemblée nationale, dans l’examen du projet de loi portant « engagement national sur le logement », a également rejeté un amendement UMP visant à comptabiliser dans le quota de 20% de logements sociaux les places mises à la disposition des gens du voyage dans les aires de stationnement.

En revanche, les députés ont adopté un amendement qui dispose que lorsqu’un locataire en HLM bénéficiant de revenus inférieurs à un certain seuil acquiert grâce à un prêt à taux zéro son logement, celui-ci continue pendant cinq ans d’être comptabilisé comme logement social par la commune.

Cet amendement, défendu par le président de la commission des affaires économiques, l’UMP Patrick Ollier, était vivement contesté par l’opposition. Il a été adopté par 54 voix contre 18. Seul le groupe UMP, qui dispose de la majorité absolue à l’Assemblée, a voté en sa faveur, l’UDF joignant ses voix à celles de la gauche.

 Aidons l’UMP, ils en ont besoin !

Propositions :

1. Les cartons sous lesquels dorment les SDF devraient entrer dans le décompte des 20%.

2. Les voitures dans lesquelles dorment les « poor workers » (travailleurs pauvres : pour la petite histoire, cette expression - je me permets ponctuellement d’étaler ma culture, ça fait bien, on dirait que je suis intelligent - vient de la crise de 1929 aux Etats-Unis) de la ville de Paris et bien d’autres devront entrer dans les 20%.

3. Les lits d’urgence des hôpitaux où se réfugient les SDF (des fois) quand ils ont trop froid seront dans les 20%.

4. Les résidences secondaires des ministres (et en premier lieu celle de Sarko à Pornichet si je ne me trompe...) seront ouvertes aux SDF tous les jours de l’année où il n’y sont pas présents et de ce fait compteront dans les 20% de logements sociaux.

Lulu Topie