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Mée-disances du 10 avril 2013

Ecrit le 10 avril 2013

 Dis-moi ton prénom...

 
NouvelObs.com du 03/04 : Le sociologue Baptiste Coulmont s’est penché sur les prénoms portés par les bacheliers 2012. En ressort une leçon plutôt aigre : à chaque section du bac correspondent des séries de prénoms qui reviennent les plus souvent et qui en disent long sur le profil sexualo-socio-culturel de leurs titulaires.

Ainsi, les prénoms féminins bobos, chics et très franco-français comme Aliénor, Violette ou Marie-Charlotte sont fort nombreux en bac L (littéraire), qui semble absolument dépourvu d’effectifs masculins… A l’inverse, les Pierre-Antoine, Adrien, Vivien et Florentin abondent en série S (scientifique) exclusivement masculine et elle aussi fort peu « exotique » sur le plan ethnique. En bac ES (économie et social), la mixité sociale n’est guère plus reluisante : des Sixtine, des Capucine, des Victoire, des Marguerite…

A l’inverse, les bacs technologiques (STI, STG, STS…) paraissent quelque peu démunis en prénoms issus « de la haute » : les Brandon, Youssef, Nassim, Assia et Samir y sont surreprésentés au milieu de prénoms socialement plus « neutres » (Yohann, Justin, Nadia, Stéphanie...) Chez les filles des bacs technos, les prénoms à connotation anglo-saxonne sont carrément légion : Alisson, Jessica, Sandy, Tracy…

Les résultats de Baptiste Coulmont pourraient prêter à sourire, s’ils n’étaient révélateurs d’une terrible vérité : le bac-calauréat français est une fiction. Si les bacs technos et professionnels portent la même étiquette de bacs dits « généraux », ils ne brassent pas le moins du monde les mêmes populations et n’ouvrent objectivement pas les mêmes horizons professionnels. Les bacs technos et pros sont majoritairement réservés aux enfants des familles modestes (d’origine étrangère ou pas) et ne garantissent guère que des professions subalternes, sauf quand, par miracle, ils conduisent aux IUT et BTS . Quant aux bacs L, ES et surtout S, ils sont pris d’assaut par les familles les mieux informées et les plus stratèges, qui sont presque toujours les plus riches culturellement (enfants de cadres et d’ensei-gnants).

Ce constat navrant devrait faire bondir les tenants d’une « école républicaine »...[...]

 Passagers au poids

 
20minutes ;fr du 02/04 : Samoa Air a indiqué qu’elle allait devenir la première compagnie aérienne au monde à faire payer à ses passagers leur billet en fonction de leur poids. […] Le nouveau système tarifaire est le suivant : 1 dollar (environ 0,77 euro) par kilo pour la distance la plus courte de la compagnie et le prix peut s’élever jusqu’à 4,16 dollars (environ 3,2 euros) par kilo pour une distance plus longue. […].
 
La compagnie aérienne, qui n’opère qu’à petite échelle dans le Pacifique, est soutenue par les autorités du pays qui estiment que cela devrait accroître la sécurité des avions puisque le poids exact des passagers sera ainsi connu. Un économiste norvégien avait déjà prôné ce système afin de permettre une meilleure maîtrise de l’usage du carburant tandis qu’aux États-Unis, plusieurs compagnies aériennes forcent déjà les personnes obèses à payer deux sièges au lieu d’un.

 Pauvre Norvège...

 
LaTribune.fr du 05/04 : La plupart des pays européens s’interrogent sur la manière de regagner de la compétitivité. La contraction des salaires fait partie des pistes suivies. Pendant ce temps, les salariés norvégiens du privé menacent d’entamer un mouvement de grève lundi prochain pour la revalorisation de leurs salaires. Dopée par la rente pétrolière, l’économie de la Norvège interpelle par ses performances macroéconomiques. Avec un taux de croissance du produit intérieur brut de 3,5% l’an dernier, un taux de chômage de 3,6% de la population active et un revenu mensuel moyen de 5.300 euros par employé, on pourrait même croire au paradis.
 
Le niveau de revenu moyen des Norvégiens est supérieur de 60% à la moyenne des salaires européens. Depuis 2000, il a progressé de 63%. Les 50.000 immigrés pour 5 millions d’habitants qui entrent dans le pays chaque année pour trouver du travail ne suffisent pas à créer un effet, sinon de contraction, au moins de stabilisation des salaires.
 
Considérant que leur niveau de revenu le leur permet, les Norvégiens sont de plus en plus nombreux à vouloir réduire leur temps de travail. Selon l’OCDE, ils occupent la troisième place de ceux qui travaillent le moins dans le monde derrière... les Néerlandais et les Allemands. Les faits sont éloquents. Avec un taux d’emploi de 61%, le royaume scandinave se situe dans une moyenne regroupant la Grèce, la Hongrie, l’Espagne ou encore l’Italie. C’est-à-dire ceux qui rencontrent le plus de difficultés en Europe. [...]
 
« Nous gagnons assez pour nous offrir notre style de vie nordique : passer du temps dans notre chalet, faire du ski, du vélo et passer du temps avec nos enfants, » explique Elise Bakke, 36 ans, qui vient de réduire son temps de travail à 6 heures par jour.

Ce qui n’est pas sans conséquence sur l’économie du pays. Entre salaires qui ont augmenté et nombre d’heures travaillées en chute libre, le pays a enregistré une baisse continue de sa productivité entre 2006 et 2012. Les entreprises n’ont d’autre choix que d’augmenter leurs prix pour compenser la hausse des coûts liée aux salaires. Si bien que les pertes de marchés se multiplient. Le spécialiste de la construction de plateformes pétrolières offshore Kvaerner a ainsi laissé échapper un projet clé offert par la société pétrolière d’État Statoil au profit du Coréen Daewoo & Marine Engineering. Les dirigeants de la compagnie aérienne low-cost Norwegian sont même allés jusqu’à menacer leurs employés de recruter des équipages asiatiques, plus travailleurs et moins chers selon eux, pour les vols européens.
 
A quelques mois des élections, on ne s’inquiète guère en Norvège. L’état-providence, coûteux pour les contribuables et les entreprises, riche d’un fonds souverain de plus de 700 milliards de dollars issus de la rente pétrolière n’est pas remis en cause, et d’éventuelles réformes du marché du travail ne font pas partie du débat public. Il faut dire que la Norvège reste malgré tout le pays le plus productif du monde.

 Mondialisation

 
LCP Public Sénat 31/03 : Pour l’ogre Smithfield, tout est bon dans le cochon roumain. En débarquant en 2004 du côté de Bucarest, le géant mondial du secteur, propriétaire des marques Cochonou, Justin Bridou, Aoste ou Jean Caby, avait de quoi se lécher les babines. Un pays traditionnellement producteur de porc, des fermes, des abattoirs et un réseau de distribution à vendre une bouchée de pain, des salariés low cost, des aides publiques en guise de bienvenue...

Moins de dix ans plus tard, le king du cochon règne sans partage sur le marché roumain, assurant 75 % de la production nationale, tandis que les petits producteurs sont exsangues : leur nombre est passé de 470 000 à 50 000 en quatre ans.
 
Avec ses porcs hybrides à la croissance express, nourris au soja OGM, ses fermes mécanisées où quatre ouvriers gèrent l’ordinaire de 8000 bêtes, le géant impose la mécanique infernale de l’élevage intensif face à des éleveurs locaux qui peinent à s’adapter aux normes sanitaires européennes et ne peuvent s’aligner sur des tarifs imbattables.

S’ils ne profitent guère de l’activité florissante de Smithfield, les habitants des villages subissent les effets collatéraux en ouvrant leur robinet, dont l’eau est gravement polluée aux nitrites. Appétit prédateur de l’agroalimentaire, dommages écologiques, traçabilité toujours plus floue (au premier semestre, Smithfield a exporté vers la France 1400 tonnes de porc, sans plus de précision) : cette histoire cochonne dit beaucoup de notre époque.