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Microjoule : 3794 km avec un litre d’essence

Ecrit le 19 novembre 2008

 C’est possible à condition que ...

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Lundi 10 novembre 2008, le Rotary-Club de Châteaubriant avait invité Philippe Maindru, professeur à La Joliverie à Nantes, responsable des projets Microjoule et Polyjoule. Hou la la ! Passionnant le monsieur et tenant des propos que des oreilles rotariennes n’ont peut-être pas l’occasion d’entendre souvent. (lire plus loin).

Au départ : un projet pédagogique concernant de futurs ingénieurs en Moteurs et Combustion Interne : mécanique, thermodynamique, diminution des frottements, efficacité des combustions, techniques d’essais et de mesures. C’est dans ce cadre qu’a été lancée la réflexion sur une voiture très économe, « mobilité durable ». Au début ce fut un véhicule « Petit Joule » en bois exotique, qui a parcouru 400 km avec 1 litre de gazole à la vitesse de 30 km/h. C’était en 1985, il s’agissait de participer au Shell Eco-Marathon : rouler le plus loin avec le moins de carburant.

 Pas remplir un vase : Allumer un feu

Le succès remporté a incité l’équipe à continuer. L’équipe ? Oui avec cette particularité : le groupe, étant constitué d’élèves, change chaque année. « Vous savez, quand ils sont mis en responsabilité, quand ils sont mis en réseau, les jeunes sont fabuleux. Il faut savoir les écouter, il faut savoir les respecter et laisser s’exprimer toutes leurs potentialités. Ici le mauvais élève, et le premier, ça n’existe pas. Notre réussite est collective, partagée. L’école devient leur maison, les horaires ne comptent plus, ils prennent confiance en eux et partagent leurs savoir-faire. Rabelais disait : Former les hommes, ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu » dit Ph  . Maindru.

Les succès, eux, se multiplient : 28 victoires en France, Angleterre et Finlande et 6 records du monde de la plus faible consommation (dont le dernier avec 3 794 km pour un litre de carburant). « Dès 1992 nous avons battu le constructeur Honda » témoigne Philippe Maindru.

Alors cette fameuse voiture ? Avec un poids de 30 kg seulement pour une longueur de 3 m, une largeur de 0,7 m et une hauteur de 0,5 m, Microjoule bénéficie d’une aérodynamique particulièrement pous- sée et nécessite un conducteur de petite taille… et une conduite en souplesse ne dépassant pas le 30 km/h. Elle exige des mises au point très pointues et des pneus « sur-mesure » très fragiles, prévus pour durer … 30 km environ. Eh oui, car la course se fait sur un circuit de 25,4 km. On calcule la consommation, on fait une règle de trois et hop, ça donne le nombre de kilomètres parcourus pour un litre de carburant.

Cette voiture est-elle une voiture d’avenir ? Eh bien non, « C’est une voiture pour réfléchir, pas une voiture pour rouler ! » dit Philippe Maindru en expliquant que le problème de la planète est double : la question du carburant et la question de CO2.

 Cher pétrole, rare pétrole

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Combien consommons-nous ? 12 milliards de tonnes d’équivalent pétrole. Si on mettait ce pétrole dans des camions citernes, bout à bout, la file ferait 240 fois le tour de la Terre !

12 milliards de tonnes consommés par 2,5 milliards d’habitants. Les autres milliards d’habitants ne consomment quasiment rien, mais quand ils vont s’y mettre … quand leurs économies seront assez développées pour consommer autant que les nôtres … on fera quoi ?

C’est alors que Philippe Maindru a parlé du « Pic de Hubbert » (relire La Mée de septembre 2004 ou voir le site internet article 1156 ) en montrant que nous sommes arrivés au point critique : notre consommation s’accélère, les réserves de pétrole vont aller toujours en diminuant !

Quand la « mâchoire » s’ouvre ainsi, on s’en va vers la catastrophe, vers une nécessaire révolution de nos façons de vivre ! C’est ce qu’a plaidé Philippe Maindru. Dangereux gauchiste, assurément !

 CO2 … effet de serre

« Le problème du pétrole c’est aussi la production de CO2 », ce dioxyde de carbone qui contribue au réchauffement de la planète. En 2008 les industries des pays développés produisaient 30 milliards de tonnes de CO2. Si rien n’est fait nous serons à 40 milliards en 2030. « Pour l’équilibre de la planète il faudrait revenir à … 8 milliards !! ».
Une crise très grave
en perspective !

Y a-t-il une solution ? « Tout ce qu’on vous annonce de révolutionnaire, c’est de l’arnaque, de la désinformation » a dit Philippe Maindru passant en revue la voiture électrique, la pile à combustible, les agro-carburants, le GPL, le moteur à eau, le moteur à air comprimé. « On ne vous parle jamais du prix, on ne vous explique jamais quelle énergie il faut consommer pour fabriquer de l’électricité ou des agro-carburants » … Boum, ça décoiffe ! Les esprits rotariens n’ont pas l’habitude d’entendre de tels propos tenus habituellement par des écolos farfelus et par des contestataires attardés.

« On ne s’en sortira qu’avec une mobilité réduite » a dit Ph  . Maindru.
[Ndlr … fini les usines loin … avec les salariés qui se déplacent.
Fini les fraises achetées en Espagne, et le Soja en Amérique Latine, et le blé noir en Chine … Il va falloir
apprendre à vivre autrement !]

Pour autant Philippe Maindru garde espoir en l’esprit inventif de l’être humain pour réduire la pollution : « par exemple une voiture d’avant 1993 pollue 200 fois plus que les voitures actuelles ». Pour lui, il faut puiser à toutes les sources d‘énergie, y compris au solaire et à l’éolien). Pour résoudre la crise mondiale de l’énergie, il propose trois choses :
Une gouvernance mondiale (hou ! Quel utopiste !)
Une décroissance de nos consommations inutiles.
Une maîtrise de la natalité, ce qui suppose une éducation des populations et notamment des femmes.

C’est sûr, c’est pas gagné d’avance ! On commence quand ?

 

BP  

 


 L’espoir en tête

Le 25 nov 2008, à l’initiative   du Rotary, les Français sont appelés à aller au cinéma (places à 15 €) pour aider la recherche sur les maladies du cerveau. Le film sera : « Les ailes pourpres » en avant-première. Dans une contrée lointaine et oubliée, se cache l’un des derniers grands mystères de la nature : la naissance, le vie et la survie d’un million de flamants roses. Les Ailes Pourpres emmènera les spectateurs au bord du Lac Natron, dans le nord de la Tanzanie pour une histoire bouleversante .

L’objectif est de récolter 800 000 euros qui seront versés intégralement aux programmes de recherche en neuro-pathologies (Alzheimer  , Parkinson, etc)