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Les pauvres ne feront pas la révolution

Ecrit le 24 avril 2013

A la suite de l’affaire Cahuzac, le gouvernement a imposé la publication du patrimoine des ministres. Et d’aucuns se scandalisent : comment ? Ils sont riches et se disent socialistes ? Et d’autres se scandalisent à l’inverse : comment ? Ils ne sont pas riches ? Alors, comment pourront-ils faire prospérer les affaires de la France ?

Voici donc quelques réflexions à ce sujet.

Le socialisme n’est pas un idéal de pauvreté. Il n’est donc pas anormal que des socialistes soient riches. Et d’ailleurs les ex-ministres de Droite sont riches aussi !

Le socialisme a un idéal de justice sociale.
Si donc des gens riches s’engagent dans ce sens, cela me convient tout à fait. La Droite a montré que là n’est pas son idéal.

Mais pourquoi n’y a-t-il pas des ministres pauvres ? Tout simplement parce qu’il y a peu de pauvres engagés dans la politique, pour une bonne raison : ils ont trop de difficultés à gagner quelques sous pour nourrir leur famille ou simplement pour trouver un emploi, donc pas l’esprit assez libre pour avoir le loisir de penser à autre chose.

Et il y a une raison plus vicieuse encore : c’est que des pauvres ne seront quasiment jamais élus députés ! Parce que ceux qui critiquent si fort la fortune de quelques personnes s’empressent de voter pour ces mêmes personnes, croyant qu’elles ont plus de puissance et de qualités que les autres et espérant, parfois, grappiller des miettes de leur bonne fortune. Même les personnalités condamnées de multiples fois, trouvent grâce à leurs yeux. Exemple : Patrick Balkany, celui qui a osé dire qu’il n’y a pas de pauvres en France.

Dans nos sociétés, pauvreté rime avec pauvre-type. On ne vote pas pour un pauvre-type ! Et ceci est vrai depuis toujours et partout ! Dans toutes les révolutions, les pauvres servent de force de frappe voire de chair à canon, tandis que les classes bourgeoises sont à la manœuvre et dégustent les châtaignes que les pauvres ont, pour eux, tirées du feu. Les pauvres ne feront jamais la révolution, et de toutes façons, ils ne tireront jamais profit des révolutions !

Alors, les revenus de nos ministres, je m’en fous ! Je ne les ai pas regardés. Ce que je demande à ces hommes et à ces femmes, c’est d’être attentifs aux besoins de Français, en commençant par les plus démunis, c’est de prendre de bonnes décisions conduisant à un changement de société, à un emploi pour tous, tout en étant vigilants sur le respect de la morale.

Je m’inquiète cependant : ceux qui ont des revenus confortables, peuvent-ils savoir ce qu’est la pauvreté, l’obligation de vivre chichement, de se refuser tout petit plaisir ? Quelle idée concrète ont-ils de la réalité vécue par beaucoup de gens condamnés à survivre ? Peuvent-ils savoir par exemple qu’un travailleur intérimaire vit en forêt sous tente près d’une voie ferrée à Châteaubriant ? Peuvent-ils imaginer qu’un salarié au SMIC peut être aussi intelligent qu’eux mais n’a pas eu les moyens d’exprimer ses qualités ?

Ce que je leur demande, c’est de venir voir, à la base, quelles sont exactement les conditions de vie de gens d’ici et de résister aux pressions des gens riches, des gens qui possèdent le pouvoir de façonner l’opinion publique dans un sens favorable à leurs intérêts, au détriment souvent de l’intérêt général.

signé : B.Poiraud