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Tranquillité (01)

Laissez-moi tranquille !

Citoyenneté et tranquillité publique : tel était le thème de la soirée organisée par le Parti Socialiste le vendredi 11 février 2000

En introduction, Martine BURON, maire de Châteaubriant a expliqué que ce thème a été choisi en raison des courriers qui arrivent à la mairie, et de ce qu’on entend dans les réunions de quartier. « en fait, la situation n’est pas inquiétante à Châteaubriant mais il existe un sentiment d’incivilité dû à la circulation (vitesse, pétarades), aux nuisances diverses (qu’elles soient dues aux entreprises ou aux voisins), et à la présence de quelques jeunes trublions, français de souche ou d’origine étrangère ».

Même si elle n’est pas encore très grave, on constate une montée de la violence. Un participant a relevé que cela se produit même dans le sport « il est regrettable d’en arriver à pratiquer ce loisir avec la peur au ventre : les agressions verbales, voire physiques, se multiplient, et ce n’est pas la faute des jeunes, mais des adultes qui les accompagnent ! » a dit un arbitre de foot. Bruno Cailleteau, policier de métier, a expliqué qu’en 30 ans les violences publiques et privées (et les violences contre soi-même : suicide, toxicomanie) ont été multipliées par 7. Propos nuancé par la suite par Dominique Raimbourg, avocat, qui explique que la moitié des « crimes et délits » concernent les voitures« Les incivilités sont source d’humiliations, et créent des tensions » a expliqué Bruno Cailleteau, alors que le rôle dévolu aux forces de police et de gendarmerie concerne davantage la protection de l’ordre social en général, que la protection des biens des individus (cambriolages, vol de véhicules, dégradations, etc). « il y a une inégalité sociale dans l’insécurité. Ce sont souvent les plus démunis de nos concitoyens qui la subissent. On le voit par exemple quand des voitures sont incendiées ». Dominique Raimbourg, élu chargé, à la mairie de Nantes, de la tranquillité publique et de la prévention de la délinquance, a expliqué que, normalement, une municipalité n’a pas à se préoccuper des questions de violence (la police et la gendarmerie sont là pour ça). Mais dans les faits, une mairie est souvent le bureau des pleurs.

Place du Commerce : danger

Nantes (à la différence de Lyon) est une ville où les cités HLM, souvent montrées du doigt comme foyers de délinquance, sont à l’intérieur des limites de la commune. « Mais, dans les faits, la délinquance se concentre au centre-ville, là où il y a de l’argent qui circule. Il est finalement 4 fois plus dangereux de se promener le soir Place du Commerce que dans telle ou telle cité ! ».« La zone de Police de Nantes compte environ 35 000 crimes et délits par an, sur Nantes, Rezé, St Herblain et Orvault, soit 100 infractions pour 1000 habitants ; 20 % des faits sont élucidés. La moitié des faits de délinquance est liée à la voiture. Il n’y a heureusement qu’un millier de coups et blessures volontaires par an »

Délinquance d’opposition

Ces chiffres sont peu connus, et, à la limite, nos concitoyens s’en moquent. Ils sont plus sensibles aux incivilités quotidiennes : « le SDF qui mendie, les jeunes dans la cage d’escalier qui font du bruit et salissent tout, les rodéos de voitures le soir et toute une délinquance d’opposition des jeunes contre le reste de la société : les courses avec la police et les incendies volontaires de voitures : depuis 2 ans il y en a 330 par an, à Nantes »Les causes des incivilités et de la délinquance ? C’est le chômage qui retarde l’entrée des jeunes dans la vie active (« pas d’appartement autonome, pas de relation amoureuse autonome, d’où frustration »). Le chômage détruit l’autorité du père lorsqu’il est au chômage et fragilise les exclus « l’intolérance des victimes s’accroît lorsqu’elles sont au chômage ».Une autre cause, c’est le retrait de la justice des mineurs : « pendant toute une période, elle a donné priorité à l’éducation, sans prononcer de sanction ». Les jeunes délinquants se sont alors pensé invulnérables ! De plus, la justice des mineurs est opaque : les sanctions prononcées sont rarement publiques car il ne faut pas marquer un jeune pour la vie … « mais alors les citoyens pensent qu’il n’y a pas eu sanction ».Autre chose a joué : « le remplacement d’une gestion autoritaire de l’espace public par un système « autogéré » : disparition des contrôleurs dans les bus, des concierges, des petits commerçants ». Le manque de présence humaine a favorisé le retour aux instincts non maîtrisés.

Alors que faire ?

Il n’y a évidemment pas de réponse toute faite, sinon ça se saurait ! La ville de Nantes essaie plein de choses : un contrat local de sécurité, une police de proximité dans les lieux publics, une soixantaine de jeunes dans les transports, des correspondants de nuit dans les quartiers, etc . Une campagne contre le recel a été menée auprès des jeunes et des parents.

Enfants décrocheurs

Dominique Raimbourg souhaite une justice plus rapide, et une Education Nationale qui s’engage plus avant dans les classes-relais (pour les enfants en grande difficulté), dans le soutien aux « enfants décrocheurs » et dans le suivi des enfants qui, renvoyés d’un établissement scolaire, restent un certain temps avant d’être scolarisés à nouveau. Du débat qui a suivi, il est ressorti la nécessité de mieux coordonner les actions d’éducation (parents et école), de la police et de la justice, la nécessité de revaloriser le rôle des parents. A quand la mise en place de « groupes de parole » pour les parents, à Châteaubriant ?« Le point de départ essentiel est l’enfance » a dit Dominique Raimbourg cependant que les éducateurs présents notaient la montée de l’agressivité des enfants . « Ce n’est pas étonnant, 80 % d’entre eux manquent désormais de sommeil : il y a la télé du soir, et celle du matin, et tous les jeux vidéos ! Un enfant qui ne dort pas assez tombe rapidement dans une excitation extrême » . Excitation qui peut le conduire à des gestes inconsidérés. Excitation qui l’empêche aussi de se concentrer, d’où échec scolaire .. Début d’un engrenage fatal…..

Faire tourner

Au niveau départemental Dominique Raimbourg estime que le développement du sport de masse pour les jeunes, et de pratiques culturelles novatrices, pourraient permettre de mieux encadrer et intégrer les jeunes. « Il faut aussi un accord de l’ensemble des bailleurs sociaux pour ’’faire tourner’’ les locataires les plus difficiles »Enfin il plaide pour la création d’une véritable brigade des mineurs avec la mise en place de mesures alternatives à l’incarcération : médiation pénale, rappel à la loi, médiation-réparation (aussi bien pour les adultes que pour les mineurs, d’ailleurs !)

Correspondants de nuit

La ville de Nantes, comme Rennes, a expérimenté les « correspondants de nuit », « des pacificateurs dont le rôle est d écouter les habitants des quartiers, de lutter contre le sentiment d’insécurité ». Ces correspondants de nuit sont installés dans les HLM à la demande des habitants, et à condition qu’ils acceptent de payer 8 francs par mois.

Tranquillité vacances