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La mort tient compte des classes sociales

Ecrit le 6 juillet 2005

 J’ai 35 ans et je ne veux pas mourir


Une étude de l’INSEE

L’institut National de la Statistique (INSEE) a publié en juin 2005 une étude sur l’espérance de vie à 35 ans :

Une personne de 35 ans, combien de temps peut-elle espérer vivre encore ?

 En résumé

– Entre 1980 et 1995, l’espérance de vie à 35 ans a augmenté pour toutes les catégories sociales.

– Ce sont toujours les ouvriers qui vivent le moins longtemps et les cadres et professions intellectuelles supérieures qui ont l’espérance de vie la plus longue.

– Les hommes inactifs non retraités, dont la situation est souvent liée à des problèmes de santé, n’ont que peu profité de l’allongement de la durée de vie

Source :
http://www.insee.fr/fr/ffc/ficdoc_frame.asp?doc_id=1428

 Ca dépend du sexe

Entre 1980 et 1995, l’espérance de vie à 35 ans a augmenté de 3 ans pour les femmes comme pour les hommes . Elle est de
– 48 ans pour les femmes
– 41 ans pour les hommes.

Cela veut dire qu’une femme de 35 ans peut espérer vivre, en moyenne, jusqu’à 83 ans (35+48) et qu’un homme de 35 ans peut espérer vivre jusqu’à 76 ans (35+41).

La baisse de la mortalité a profité à toutes les catégories socioprofessionnelles.

 Ça dépend des métiers

Pour les « actifs » masculins comme féminins :
– les cadres et les membres des professions intellectuelles supérieures ont l’espérance de vie la plus longue (espérance de vie 81 ans).

– les ouvriers sont les moins avantagés. (espérance de vie 74 ans)

Pour les femmes :

– Femmes cadres : espérance de vie : 85 ans
– Femmes ouvrières : espérance de vie : 82 ans

Les disparités selon le sexe l’emportent largement sur les écarts entre catégories sociales.

Les ouvrières, qui ont l’espérance de vie la plus courte parmi les femmes actives, vivent ainsi plus longtemps que les hommes cadres, qui ont l’espérance de vie la plus longue chez les hommes.

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Les ouvrières vivent plus longtemps que les hommes cadres - Dessin de Eliby 02 40 403 404

Les ouvriers
ou anciens ouvriers
ont une mortalité 2,4 fois plus élevée
que les cadres ou anciens cadres
entre 35 à 64 ans,
et 1,9 fois plus élevée que les cadres entre 65 et 80 ans.

 L’inactivité forcée : un lien à la santé très marqué chez les hommes

L’inactivité en dehors de la retraite n’a pas le même sens chez les femmes que chez les hommes.

Seuls 3 % des hommes de plus de 30 ans sont en inactivité forcée en 1990, contre 27 % des femmes aux mêmes âges.

L’inactivité des hommes est très souvent liée à des problèmes de santé ou à un handicap, et cet effet s’est accentué au fil du temps .

Chez les femmes, l’inactivité (en dehors de la retraite) est beaucoup plus fréquente et cette situation est plus souvent liée à des raisons familiales (retrait du marché du travail temporairement ou non pour s’occuper de jeunes enfants par exemple).

 Forte surmortalité pour les hommes inactifs

Du fait de leur profil particulier en termes de santé et de handicap, les hommes qui, sans être retraités, sont en dehors du marché du travail, ont une mortalité précoce très importante :

dans les années 1991-1999, ils présentent une mortalité 3,3 fois plus élevée entre 35 et 64 ans que celle de l’ensemble de la population masculine.

Chez les femmes, l’absence d’activité professionnelle est certes associée à une surmortalité, mais d’ampleur nettement moindre : leur mortalité à ces âges est 1,4 fois plus importante que celle de l’ensemble des femmes.

 Les différences de mortalité entre catégories socioprofessionnelles résultent de plusieurs types de facteurs.

C’est d’ailleurs le cumul de ces facteurs plutôt que chacun d’entre eux pris isolément qui explique les différences de mortalité.

Parmi ces facteurs on peut citer :

-des facteurs liés aux conditions de travail :

certaines catégories sont plus sujettes à des horaires de travail décalés et à une instabilité des parcours professionnels, qui affectent l’état de santé et donc la mortalité.

Outre les caractéristiques du travail, la façon de vivre son travail (stress, latitude décisionnelle par exemple) joue également sur le vieillissement des différentes catégories socioprofessionnelles.

Les risques professionnels sont aussi très différenciés socialement, à travers par exemple la survenue d’accidents du travail, l’exposition à des substances présentant un risque pour la santé ou encore la pénibilité physique du travail.

Les ouvriers sont plus exposés à ces risques que les cadres.

En définitive, les conditions de travail jouent plutôt
en défaveur des travailleurs les moins qualifiés.

- des facteurs liés aux modes de vie :

Il existe notamment des différences sociales importantes en termes d’attention portée à sa santé, de prévention, ainsi que dans le recours aux soins.

En particulier, les catégories les moins favorisées consultent plus tardivement que les autres.

L’adoption de certains comportements accroît également le risque de mortalité précoce.

C’est le cas de la consommation d’alcool, de tabac ou encore d’une alimentation déséquilibrée. Or ces comportements varient fortement selon la catégorie sociale.

Ainsi, la fréquence de l’obésité diminue depuis les ouvriers et employés jusqu’aux cadres supérieurs.

Les agriculteurs fument le moins, suivis des cadres et des professions intermédiaires. À l’opposé, les ouvriers et employés sont plus nombreux parmi les « gros » fumeurs. La forte consommation d’alcool (5 verres de vin ou plus par jour) est enfin plus fréquente chez les ouvriers que chez les cadres. D’autres facteurs de risques sont également socialement marqués, comme la conduite automobile. Les cadres ont moins de risques d’accidents de la circulation que les ouvriers, à distances parcourues équivalentes, et en cas d’accidents corporels, ils sont moins sévèrement touchés (moins de décès, moins de blessés graves).

– l’existence d’un lien entre état de santé et catégorie sociale (sélection sociale par la santé) : une santé défaillante peut empêcher la poursuite des études ou rendre plus difficile l’accès à certains emplois. De fait, les perspectives de promotion ne sont pas indépendantes de l’état de santé des personnes.

Les cadres seraient de ce fait plus sélectionnés parmi des personnes en bonne santé et auraient ainsi une espérance de vie plus longue.

– d’autres facteurs liés aux conditions de vie pendant l’enfance. Ceux-ci renvoient à la fois à des effets à plus ou moins long terme des conditions de vie (alimentation, revenu, précarité, logement, etc.) de la conception à l’âge adulte, et à la reproduction de comportements des parents (« comportements hérités »).


  Squelette

on peut encore en rire http://www.chezmaya.com/applet/valentin.htm


Ecrit le 8 mai 2013

 Santé : la retraite des morts

L’espérance de vie « en bonne santé » - c’est-à-dire sans limitation d’activité ou sans incapacité majeure - répond à un enjeu de bien être, en mesurant les résultats globaux de la politique de santé.

En France métropolitaine, en 2010, l’espérance de vie « en bonne santé », est estimée à 63,5 ans pour les femmes et à 61,9 ans pour les hommes, avec marqué tendance à la baisse depuis la crise de 2008.

L’espérance de vie, c’est autre chose. Elle est de 84,9 années pour les femmes et de 78,2 années pour les hommes en 2011.

Les écarts d’espérance de vie dépendent des catégories sociales.

  • Au milieu des années 2000, les hommes pouvaient espérer vivre jusqu’à 82 ans (s’ils étaient cadres) contre 76 ans (s’ils étaient ouvriers).
  • les femmes pouvaient espérer vivre jusqu’à 87 ans (si elles étaient cadres) contre 84 ans (si elles étaient ouvrières).

Un crématorium à Derval ?