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Les seins d’Angelina

Ecrit le 29 mai 2013

Violente mutilation

C’est une très belle femme, Angélina Jolie et l’on vient d’apprendre qu’elle a été opérée : on lui a enlevé les deux seins. Violente mutilation pour une femme ! Habituellement le mois d’octobre est le mois « ruban rose », le « Mois du Cancer du Sein » destiné à promouvoir l’information, le dépistage précoce et la recherche sur le cancer du sein. A Châteaubriant cela s’est fait le 25 mai. Pourquoi pas ? La maladie se fout du calendrier !

Une question de fond va être tranchée d’ici un mois aux USA : une entreprise privée a-t-elle le droit de breveter des gènes humains ? C’est tout le problème de la Recherche : doit-elle être faite à des fins privées ou à des fins publiques ? Au bénéfice financier de quelques-uns ou pour la santé de tous ? Le laboratoire Myriad Genetics, basé dans l’Utah, aux USA, a découvert les gènes BRCA1 et BRCA2 qui sont des mutations du gène BCRA, et qui jouent un rôle dans le cancer du sein. Une Cour d’appel, aux USA, a autorisé le laboratoire Myriad à déposer des brevets pour ces gènes BRCA1 et BRCA2. Cela veut dire qu’il en devient propriétaire et qu’il a donc le droit exclusif de conduire des recherches sur ces gènes. Les tests mis au point par Myriad Genetics ont rapporté 326 millions de dollars à cette compagnie en 2009. Chaque test coûtait 1600 dollars en 2006. Ils sont aujourd’hui facturés plus de 3000 dollars. Les brevets empêchent bien sûr tout autre industriel de développer un test touchant ces gènes brevetés.

Mais les organisations de médecins, de patients et de défenseurs des libertés, refusent que des gènes humains puissent ainsi être brevetés, car ces brevets peuvent empêcher la mise au point d’autres tests médicaux et entraver la recherche fondamentale. Heureusement en France, la situation est tout autre. L’Institut Curie de Paris et d’autres institutions se sont opposés auprès de l’Office européen des brevets (OED) en 2001 aux trois brevets détenus par Myriad Genetics.

Heureusement, ce qui motive les avancées les plus significatives en matière de connaissances n’est pas le profit, mais la poursuite de la connaissance. Cela est vrai de toutes les découvertes et innovations transformatives – l’ADN, les transistors, les lasers, l’Internet, etc.

Malheureusement, les Etats-Unis et les pays avancés font pression pour un renforcement des régimes de la propriété intellectuelle partout dans le monde, au détriment des droits humains fondamentaux. De tels régimes vont limiter l’accès des pays pauvres à la connaissance dont ils ont besoin pour leur développement – et priver de médicaments génériques salvateurs les centaines de millions de personnes qui n’ont pas les moyens de payer les prix imposés par le monopole des firmes pharmaceutiques.

Cette question est d’ailleurs âprement discutée dans le cadre des négociations continues de l’Organisation Mondiale du Commerce. L’accord de propriété intellectuelle de l’OMC, l’ADPIC (TRIPS en anglais, ndlr) avait à l’origine prévu une extension de « flexibilité » pour les 48 pays les moins développés dont le revenu annuel par habitant est inférieur à 800 dollars. Mais alors que ces pays ont fait la demande de ces « flexibilités », les Etats-Unis et l’Europe semblent hésitants à les leur accorder.

Cancer, même pas peur
« Cancer, même pas peur ! » c’est l’histoire d’une femme, Martine Carret, qui s’est battue contre un cancer du sein, très agressif. Son récit veut faire bouger les mentalités et peut sauver des vies. Quoi de plus beau et de plus noble ? Puissent les femmes à haut risque de cancer se rendre compte que la détection et la prévention sont leur unique salut.

Près de 20% des quelque 24.000 gènes humains font actuellement l’objet d’un brevet, dont certains sont liés à la maladie d’Alzheimer   ou à des cancers. Ces brevets sont parfois la propriété de sociétés privées mais aussi d’universités et d’instituts de recherche soucieux de les garder dans le domaine public pour empêcher les firmes de s’en emparer.