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Mourir dans la dignité

Ecrit le 14 mars 2007

Mourir dans la dignité

La revue « Pratiques » de novembre 2006 a publié un manifeste signé de 2000 médecins et soignants, qui a été repris par certains journaux nationaux, en mars 2007 à l’occasion du procès, à Périgueux d’un médecin et d’une infirmière (Chantal Chanel et Laurence Tramois), accusées d’euthanasie

Voici le texte de cet appel

« Nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence. »

« Parce que, de façon certaine, la maladie l’emportait sur nos thérapeutiques, parce que, malgré des traitements adaptés, les souffrances physiques et psychologiques rendaient la vie du patient intolérable, parce que le malade souhaitait en finir ... »

Tous les soignants ne sont pas confrontés à ce drame, mais la majorité de ceux qui assistent régulièrement leurs patients jusqu’à la mort, utilisent, dans les circonstances décrites, des substances chimiques qui précipitent une fin devenue trop cruelle, tout en sachant que cette attitude est en désaccord avec la loi actuelle.

Des améliorations ont été apportées par les textes législatifs d’avril 2005 (loi Leonetti) mais elles sont insuffisantes. Les récentes mises en examen de médecins et d’infirmières ayant aidé leurs patients à mourir prouvent que la loi est toujours aussi répressive et injuste car en décalage avec la réalité médicale.

Aussi nous demandons :
– l’arrêt immédiat des poursuites judiciaires à l’encontre des soignants mis en accusation ;
– une révision de la loi dans les plus brefs délais, dépénalisant sous conditions les pratiques d’euthanasie, en s’inspirant des réformes déjà réalisées en Suisse, en Belgique et aux Pays-Bas ;
– des moyens adaptés permettant d’accompagner les patients en fin de vie, quels que soient les lieux (domicile, hôpital, maisons de retraite) et les conditions de vie.

Il s’agit là, d’accorder à chaque personne, une singularité, une valeur absolue, qui se nomme, selon le préambule et l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : la dignité."

Quelques références

NOUVELOBS.COM | 16.03.2007 | 08:50

Les récentes affaires d’euthanasie médicale

Voici, en quelques dates, les récents cas d’euthanasie pratiqués par des personnels de santé et examinés par la justice française.

– 4 octobre 1985 : Un infirmier de 30 ans qui a injecté le 16 ami 1984 une dose mortelle de chlorure de potassium à une patiente gravement malade de 86 ans est acquitté par la cour d’assises du bas-Rhin.

– 16 août 1987 : Le Pr Léon Schwartzenberg, ancien ministre de la Santé révèle avoir aidé un patient à mourir. Le conseil de l’ordre le suspend pour un an le 17 juillet 1990. Le Conseil d’Etat annule la sanction le 11 juin 1993.

– 19 septembre 1988 : Le conseil de l’ordre de Midi-Pyrénées relaxe un médecin aveyronnais auteur d’un acte d’euthanasie active sur une nonagénaire hémiplégique dans le coma.

– 3 février 1999 : Une infirmière de 49 ans exerçant dans une maison de retraite est mise en examen à Nice pour assassinats. Elle reconnaît avoir aidé à mourir, par injections, cinq personnes âgées incurables de 89 à 97 ans. Elle assure avoir agi à la demande des malades ou avec l’autorisation des familles. Elle obtient un non-lieu en 2001.

– 19 avril 2002 : Des infirmiers du CHU de Besançon font état de cas d’euthanasie dans l’hôpital où il exerce.

– 15 octobre 2003 : Christiane Malèvre, ex-infirmière à l’hôpital de Mantes-la-Jolie est condamnée à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir euthanasié six patients.

– 16 février 2005 : Suspecté d’avoir euthanasié neuf patients, le Dr Joël de Bourayne, cardiologue à la clinique La Martinière de Saclay, obtient un non-lieu après avoir été mis en examen le 3 juillet 2000. Il s’agissait de soins palliatifs, et non d’euthanasie.

– 27 février 2006 : Marie et le Dr Frédéric Chaussoy obtiennent un non-lieu. Ils avaient avoué avoir aidé à mourir, à sa demande, Vincent Humbert, tétraplégique. . Le juge estime qu’ils ont agi « sous l’emprise d’une contrainte les exonérant de toute responsabilité pénale ».

– 13 juin 2006 : Le docteur LaurenceTramois et l’infirmière Chantal Chanel sont renvoyées devant la cour d’assises de la Dordogne. Elles sont accusées d’avoir donné la mort le 25 août 2003 à une femme de 65 ans en phase terminale d’un cancer du pancréas.

– 9 janvier 2006 : Une chirurgienne est mise en examen. Elle a avoué avoir voulu tué une patiente de 74 ans à Bellay pour lui éviter des souffrances. Elle revendique par ailleurs plusieurs euthanasies en Belgique, avant la dépénalisation partielle de 2002.

Un verdict clément

« Verdict clément à Périgueux »
Libération, Le Figaro, Le Parisien, Le Monde, L’Humanité
C’est ce que titre Le Parisien sur sa Une, avec une photo des deux soignantes, à propos du « procès de l’euthanasie ».
Le journal indique ainsi que « la cour d‘assises de la Dordogne a condamné, hier soir, le Dr Laurence Tramois à 1 an de prison avec sursis et a acquitté l’infirmière Cantal Chanel. [...] Le verdict a été accueilli par des applaudissements ».
Le Parisien consacre une page à ce « verdict clément », publiant notamment un entretien avec Chantal Chanel, et fait savoir qu’« un livre détaillant les circonstances de l’euthanasie paraîtra dès samedi ».
Le quotidien précise que ce « journal de bord » a été co-écrit par le Dr Tramois et sa sœur Sophie, aide-soignante et belle-fille de Paulette Druais, la patiente « morte le 25 août 2003 d’une injection mortelle de chlorure de potassium ».
Le Parisien parle de « livre de justification qui évite le militantisme forcené pour la mort assistée », et qui « dénonce le « corps médical » qui ne « reconnaît pas ces fins de vie dramatiques » ».
« Sans toutefois remettre en cause le droit à donner la mort que les soignantes se sont arrogé », poursuit le quotidien.
Le Figaro aborde également ce « verdict symbolique », le journal précisant que « la cour d’assises a condamné le Dr Laurence Tramois pour empoisonnement ».
Libération consacre 2 pages au « récit du dernier soir » du procès, en livrant les témoignages de témoins.
Le quotidien indique lui aussi que « les jurés de la cour d’assises de Périgueux ont rendu un verdict clément ». (source : mediscoop)