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Envie de paysans

Ecrit le 19 juin 2013

Une nouvelle équipe vient de se mettre en place à la Confédération Paysanne, suite à son congrès d’avril 2013. Le secrétariat national est composé de 7 membres. Marie-Noëlle Orain (de Châteaubriant) reste secrétaire générale, avec Mikel Hiribarren, éleveur de brebis laitières au Pays Basque.

« Et les rendez vous ne manquent pas. La réforme de la PAC d’abord. Nous ne lâcherons pas sur ce dossier : convergence des aides, soutien aux petites fermes, plafonnement, surprimes aux premiers hectares, recouplage... sont indispensables pour obtenir une PAC légitimée, en phase avec les enjeux alimentaires, sociaux et environnementaux ».

Autres dossiers chauds : la Loi d’avenir agricole et forestière, l’identification électronique, l’élevage, etc. « Nous ne cesserons d’affirmer notre refus de l’industrialisation de l’agriculture, notre volonté de vulgariser et de défendre, plus que jamais, auprès de tous les paysans, notre projet d’agriculture paysanne ».

« Restons mobilisés, restons concernés, les lignes bougent !! A nous d’être les acteurs du changement... le vrai, pas celui des campagnes électorales !! » dit la Confédération Paysanne

 La PAC pour les nuls

LA PAC c’est la Politique Agricole Commune, une politique lancée en 1962 pour permettre aux paysans d’Europe de nourrir leurs concitoyens, en vivant de leur production ;

  • - 43% du budget de l’Union Européenne, soit près de 60 milliards d’euros en 2011 ;
  • - 100 euros par an en moyenne sur les impôts de chaque citoyen européen ;
  • - Deux piliers : le premier concerne les aides directes versées aux paysans en lien avec leur production, le second tourné vers des soutiens spécifiques (aux productions fragilisées, aux zones difficiles, à ceux qui s’engagent à un certain respect de l’environnement, aux nouveaux installés, etc.) ;
  • - Un montant des aides lié à la surface aberrant pour le premier pilier puisque basé sur des calculs effectués il y a près de 20 ans. Imaginons un paysan du nord de la France qui cultive du blé, il reçoit 400 euros à l’hectare. S’il décide de changer de production et d’élever des chèvres, il continuera à toucher les mêmes aides alors que les autres éleveurs de chèvres touchent environ 40 euros l’hectare.
  • - Un paiement à l’hectare qui pousse à s’agrandir toujours plus, au détriment des plus petits ;
  • - La promotion d’une industrialisation de l’agriculture avec ses conséquences néfastes sur l’environnement (pollution des eaux, épuisement des sols, disparition de la biodiversité, etc.), ainsi que sur la qualité, le goût et la diversité des produits ;
  • - Des paysans qui ne vivent plus de la vente de leur production mais seulement des aides ;
  • - Une soumission aux diktats des marchés qui fait que les consommateurs voient les prix de l’alimentation augmenter, alors que les revenus des paysans diminuent.
    20 000 euros d’aides perçues en moyenne par ferme en France avec de fortes disparités. Plus d’un tiers des fermes ne touchent aucune aide, en particulier les producteurs de fruits et légumes, les viticulteurs et les horticulteurs ;
  • - Un pactole pour les industriels (60 millions d’euros pour le volailler Doux en 2010), et pour les plus gros exploitants (722 000 euros pour le riziculteur SAS Fermes françaises en 2012) ;
  • - La cause de la disparition de nombreux paysans : de 2,3 millions de fermes en 1955 en France on est passé à 490 000 en 2010 ;
  • - Des exportations subventionnées vers les pays du Sud qui créent une concurrence déloyale et détruisent les agricultures locales.

 Agriculture paysanne

(photo empruntée au site de Cyril Treveys)

La Confédération Paysanne propose « une agriculture paysanne ».

  • ■ Répartir les volumes de production afin de permettre au plus grand nombre d’accéder au métier et d’en vivre.
  • ■ Etre solidaires des paysans des autres régions d’Europe et du monde.
  • ■ Respecter l’environnement en participant du principe : « On n’hérite pas la terre de nos parents, on l’emprunte à nos enfants. »
  • ■ Valoriser les ressources abondantes et économiser les ressources rares.
  • ■ Rechercher la transparence dans les actes d’achat, de production, de transformation et de vente des produits agricoles.
  • ■ Assurer la bonne qualité gustative et sanitaire des produits.
  • ■ Viser le maximum d’autonomie dans le fonctionnement des exploitations agricoles.
  • ■ Rechercher les partenariats avec d’autres acteurs du monde rural.
  • ■ Maintenir la diversité des populations animales élevées et des variétés végétales cultivées.
  • ■ Raisonner toujours à long terme et de manière globale.

Ecrit le 4 juin 2014

 Politique agricole Commune

A l’approche du vote de la Loi d’Avenir pour l’Agriculture, l’Alimentation et la Forêt, le député Yves Daniel a interrogé le Ministre Stephane Le Foll sur la mise en œuvre de la Politique Agricole Commune (PAC).

« Personne ne conteste sa nécessaire évolution : d’ailleurs, nombreux sont ceux qui se félicitent du maintien pour la période 2014-2020 de l’enveloppe financière pluriannuelle qui lui est dédiée (361, 5 milliards d’euros). Un effort conséquent en période de crise économique, et qui témoigne de l’importance de l’agriculture française pour la souveraineté alimentaire européenne. Aussi, le travail mené par Stéphane Le Foll à l’échelle européenne pour que la PAC soit un des leviers de la réorientation de l’UE est à souligner : verdissement des aides, promotion de l’agro-écologie, rééquilibrage en direction de l’élevage et des petites exploitations, revenus des agriculteurs mieux garantis… »

Néanmoins, la transition entre la PAC actuelle et la future PAC questionne bon nombre d’agriculteurs. Yves Daniel a demandé quelles mesures concrètes seraient prises pour les accompagner. Annonçant une rencontre début juin avec l’ensemble des Régions sur la question du deuxième pilier des aides, celles qui concernent le développement rural, le Ministre a clairement rappelé sa volonté d’ « associer [à chaque étape] tous les agriculteurs (…) à ce grand projet pour une grande agriculture, en France et en Europe ».