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Mettre les vieux à pieds !

Ecrit le 26 juin 2013

Une proposition de loi de M. Yves Détraigne a été discutée au Sénat le 7 juin dernier proposant d’instituer une évaluation médicale à la conduite pour les conducteurs de 70 ans et plus, renouvelable tous les cinq ans, assorti, en cas d’interdiction partielle de conduire, d’un stage de mise à jour de la connaissance du code de la route.

L’essentiel des accidents sont le fait des 18-24 ans ; les personnes âgées conduisent peu et en ville, ou sur de courtes distances.

Pour Virginie Klès, socialiste, « Ce texte comporte le risque d’aboutir à une perte brutale d’autonomie et d’indépendance des personnes âgées, qui entraînera de nombreux coûts pour la société, sans forcément comporter de bénéfices : ce ne sont pas les cas isolés de personnes âgées prenant l’autoroute à contresens qui pèsent sur la mortalité, ce sont les erreurs des jeunes, comme la consommation d’alcool ou l’excès de vitesse, auxquelles on ne s’attaque pas assez car elles semblent plus difficiles à éradiquer. C’est le plus souvent comme piétons que les personnes âgées sont impliquées dans les accidents : elles sont plus vulnérables » (…) Ne négligeons pas non plus le risque, en cas de retrait de permis, que les personnes se reportent sur des véhicules sans permis, extrêmement dangereux car ils vont à la vitesse d’un vélo mais occupent la place d’une voiture.

Pour Mme Esther Benbassa. (EELV) « Nous devons lutter contre la discrimination à l’égard des seniors. Nous sommes inégaux devant la maladie, comme devant la vieillesse : il me paraît difficile de fixer un âge à partir duquel il ne faudrait plus conduire. La mobilité est une liberté individuelle, un droit et un gage d’indépendance. Enlever à une personne, sous prétexte qu’elle est âgée, son permis de conduire, c’est la condamner à la mort sociale. (…) A la campagne, sans voiture, on est obligé de rester chez soi. A une époque où l’espérance de vie atteint - au moins pour les femmes - 86 ans, comment condamner quelqu’un à l’immobilité quinze ans avant sa mort ?

Jean-René Lecerf (UMP) complète : « A-t-on songé aux conséquences en milieu rural ? Souvent, le magasin le plus proche est à onze ou douze kilomètres. La solidarité familiale y est aussi plus forte qu’en milieu urbain : il n’est pas rare que des personnes de 70 ans s’occupent de leurs parents. Faudra-t-il d’office envoyer toute la famille en maison de retraite ? ». (…) Les accidents domestiques font quatre fois plus de victimes que la route, mais ne donnent lieu à aucune campagne de prévention.

Pierre-Yves Collombat. - : « Hier, la classe dangereuse, c’était les jeunes ; apparemment, aujourd’hui, ce sont les vieux. À quoi peuvent servir les stages de recyclage, en cas de problème de santé ? Sans compter que cette mesure est discriminatoire, selon le revenu, car certains n’ont pas les moyens de payer un taxi, et selon le lieu de résidence, car ceux qui vivent dans les grandes villes disposent de transports en commun que les ruraux n’ont pas ».

Rappelons que 24,6 % des Sénateurs ont 71 ans et plus. Si on doit empêcher les gens de cet âge de conduire, on doit aussi les empêcher de parler et de conduire les affaires de la France !

A l’heure où on veut repousser l’âge de la retraite, que dira-t-on aux employés de 70 ans qui auront besoin de leur voiture pour leur travail ?