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Soigner sans attacher

Ecrit le 26 juin 2013
« Attacher une personne qui tombe, ou qui fugue, cela ne se fait plus. Selon les cas, nous surbaissons les lits pour que les personnes ne se fassent pas mal, ou bien nous mettons un tapis de gymnastique au pied du lit. Et si une personne a besoin de se déplacer, nous l’accompagnons autant que possible. Nous voulons éviter l’angoisse de la contention !  » dit la directrice de la maison de retraite d’Issé

 Soigner sans attacher

Naguère, on attachait les personnes âgées à leur fauteuil, on mettait systématiquement des barres à leur lit, pour les empêcher de déambuler, ou de tomber, ou de fuguer. Les choses ont évolué

 Et ils marchent !

Pourquoi les gens marchent-ils ? Parce que nous marchons aussi. Nous sommes incapables de rester quelque part, nous avons besoin de voir ce qui se passe autour de nous et, de même, une personne âgée a envie de se déplacer, a envie de voir les gens d’une autre manière. Nous le faisons quotidiennement, et pendant nos vacances puisque nous essayons de voir le monde autrement. Pourquoi devrait-on empêcher les personnes âgées d’aller et venir dans les résidences ? Même si ça peut déranger certains, (plus souvent le personnel que les autres résidents), au moins ils font de l’exercice physique. Certaines personnes peuvent marcher jusqu’à 10 km par jour. Je vous promets que nous serions tous en meilleure santé si nous marchions 10 km par jour.

 La chute

Dans les maisons de retraite, la chute n’est pas souvent dangereuse. Et en tout cas au niveau juridique elle ne justifiera jamais qu’on attache les gens sous ce prétexte puisque seules 3 à 5 personnes sur 100 présentent une fracture ou une plaie suite à une chute. Tant qu’une personne est capable de se lever, c’est inutile de mettre des barrières parce qu’elle va passer par-dessus et chuter de plus haut.

Donc quand on vient dire qu’on protège les gens, en les attachant, en fait on protège l’institution, on protège les administrations qui préfèrent avoir l’image de personnes attachées mais apparemment en bonne santé plutôt que de personnes avec une canne ou quelques points de suture à la face.

 La fugue

Les gens fuguent aussi parce qu’ils s’ennuient là où ils sont. Quand il n’y a rien à l’intérieur, on regarde dehors, on a envie d’y aller et on y va. Et ce n’est pas une fugue, c’est une liberté.

Egalement on fugue lorsqu’on est angoissé. Très souvent, chez les patients âgés, la fugue n’est que l’expression d’un conflit, d’un malaise à l’intérieur de l’équipe. Ils essaient de fuir parce qu’ils se sentent en danger ou ils se sentent encore davantage exclus.

(*) Propos de Christian de Saussure, psychogériatre, Genève, médecin référent d’établissements médico-sociaux.

La contention des personnes âgées