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Aéroport de Notre Dame des Landes

Une Légion d’honneur et 200 emplois de moins

Ecrit le 26 juin 2013

 Compagnie « Régional » : non

L’aéroport de Notre-Dame des Landes continue à générer des turbulences. La dernière en date est venue de Martine Selezneff. La commission du dialogue, mise en place par Jean-Marc Ayrault pour laisser passer du temps jusqu’aux municipales, a conclu : « La croissance prévue du trafic lors de la mise en service de Notre-Dame-des-Landes pourrait entraîner la création de 200 à 300 emplois supplémentaires. » en précisant : « L’installation d’une base de la compagnie Régional (filiale du groupe Air France) apporterait environ 200 emplois basés. »

Mais Martine Selezneff, directrice générale de la Compagnie Régional, demande que soit supprimée toute référence aux perspectives d’installation et de développement de la compagnie. La responsable de la communication de cette compagnie a précisé à Rue89, qu’il ne s’agira que du « transfert d’activité d’un point A (Nantes-Atlantique) à un point B (Notre-Dame-des-Landes) ». De plus, la compagnie est en période de « transformation » et annonce qu’il devra y avoir 1712 départs en retraite non remplacés et des départs volontaires.

Voilà pourquoi l’entreprise ne créera pas les emplois espérés.

 Contestations

Dans un communiqué du 19 juin 2013, le groupe EELV (Europe Ecologie Les Verts) annonce que la Commission européenne a demandé à l’Etat français des informations complémentaires dans le cadre de l’instruction de la procédure précontentieuse « EU-Pilot » contre la France sur le dossier de Notre-Dame-des-Landes.

« C’est un signal extrêmement positif et un pas de plus vers la remise à plat du projet » disent les conseillers régionaux EELV des Pays de la Loire. « Le comité des experts et la commission du dialogue confirmaient cela début avril : le projet ne peut pas se faire dans sa localisation et sa forme actuelles, sauf à s’affranchir du droit européen. En décidant de dépêcher une mission parlementaire sur place, en octobre prochain, les services de la commission européenne confirment bien qu’il y a matière à s’inquiéter une nouvelle fois sur la cohérence et la pertinence de ce projet, mais aussi et surtout sur le respect sous tous les aspects des droits français et communautaire ».

 On passe outre ?

Le Syndicat Mixte Aéroportuaire du Grand Ouest n’a visiblement pas pris la mesure des recommandations de la commission du dialogue, de la mission agricole ou du comité des experts scientifiques. Il semble toujours ignorer que son projet est contraire à plusieurs directives européennes. Aujourd’hui, c’est une autre réalité qui est en passe d’être niée : les premières conclusions du rapport Duron, Président de la commission Mobilité 21, chargée de hiérarchiser 70 grands projets d’infrastructures en France. Le rapport qui doit être rendu le 27 juin confirmerait l’abandon de bon nombre de lignes à grande vitesse, notamment en Bretagne, car trop coûteuses. Exit donc une éventuelle liaison ferroviaire à grande vitesse entre Nantes et Rennes reliant Notre-Dame-des-Landes.

« Pourtant, le Syndicat Mixte aéroportuaire du Grand Ouest, réuni le 21 juin, continue d’affirmer le contraire avec aplomb, prévoyant même « une gare ferroviaire offrant quatre voies à quai, capable d’accueillir des doubles rames de TGV ». disent les élus EELV Marie-Laure Motreuil, Michel Perrier et Gaëlle Rougier « C’est totalement insensé ! L’aveuglement des porteurs du projet d’aéroport du Grand Ouest va au-delà de tout bon sens. Un projet dans le viseur de l’Union Européenne, dont la réalisation serait contraire à la loi sur l’eau, sans desserte ferroviaire soutenue par l’Etat… Il est temps que le syndicat mixte se rende à l’évidence : l’aéroport ne décollera pas ».

Marie-Monique Robin – Dominique Méda Photo : Marie-Monique Robin – Dominique Méda

 Marie Monique Robin

Sur proposition de Delphine Batho, Marie-Monique Robin, journaliste d’investigation et réalisatrice, connue notamment pour son film « Le Monde selon Monsanto » a reçu la médaille de Chevalière de la Légion d’honneur le samedi 8 juin 2103

C’est en honneur à tous ceux et celles dont elle a illustré la cause dans ses nombreux documentaires et livres depuis 28 ans, qu’elle a accepté de recevoir cette distinction : pour les enfants victimes des trafics d’organes, pour ceux qui meurent des pesticides qu’ils ont eux-mêmes répandus sans protection, pour les paysans suicidés en Inde, ruinés par les semences OGM de Monsanto...

Pour recevoir la médaille, Marie-Monique Robin a choisi Dominique Méda, philosophe et sociologue qui a mené une réflexion considérable sur le travail et la richesse ; elle a aussi choisi le lieu de la « Vache Rit » à Notre Dame des Landes, et invite tous les citoyens et citoyennes à s’interroger sur le sens des mots « développement » et « progrès » et sur les limites d’un modèle économique basé sur la croissance illimitée.

Marie-Monique Robin explique : « Pour tous ceux qui partagent la conviction que les mots « liberté, égalité, fraternité » devraient constituer le moteur de l’indispensable changement, cet insigne qui m’est remis, doit être un nouveau signe de la progression de nos idéaux. Souvent nous nous indignons que ceux que le peuple a portés au pouvoir se laissent convaincre par les lobbies ; en m’accordant les honneurs que je n’ai pas sollicités, nos élus montrent au contraire qu’ils doivent tenir compte d’autres forces. Ils admettent la nécessité des lanceurs d’alerte et des empêcheurs-d’agir-en-rond qui dénoncent les tromperies admises comme des vérités, et démasquent les conflits d’intérêts et les arbitrages en faveur des puissants. »