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ADT : le dernier chant d’honneur

Ecrit le 3 juillet 2013

Dernière assemblée générale de l’ADT   (Association pour le Développement du Tourisme  ). Une prolongation jusqu’au 31 décembre 2013 est proposée. Mais après ?

D’entrée de jeu, (drôle de jeu !) le Président Claiude Bouron a rendu hommage à son prédécesseur Raymond Lebossé qui a assuré la présidence depuis l’origine, 1996 avec une opiniâtreté et un dévouement que chacun peut reconnaître, « un personnage incontournable sur le Pays de Châteaubriant  , avec une immense culture et une infaillible mémoire ».

Puis Claude Bouron a retracé l’histoire à grands traits : l’association créée en 1996 avec le fort soutien du Conseil Général, est montée peu à peu en puissance jusqu’à avoir 3 salariés, et un financement complémentaire du Conseil Régional. Mais celui-ci a réorganisé son financement, attribuant une somme globale aux pays, charge à eux de répartir cette somme à leur guise. Alors l’ADT   a été peu à peu étranglée et a dû licencier une salariée, malgré ses qualités. L’ADT   s’est donc occupée, à deux personnes, du travail qui nécessitait 3 personnes.

En 2012, le Conseil Régional a demandé à l’ADT   de se pencher sur la réorganisation du tourisme   local. De nombreuses réunions ont eu lieu avec les trois offices de tourisme   du Pays (Châteaubriant, Nozay, Derval), sans que cela débouche sur des décisions claires. Cinq scenarii ont été proposés par Claude Bouron, en octobre 2012, aux trois présidents des Com’Com’   mais il attend encore la réponse. En même temps les actions de l’ADT   se poursuivaient, notamment autour de la mise en tourisme   des quelque 800 éléments de patrimoine recensés sur le pays. Deux sentiers de randonnée ont été lancés : le sentier Fer-et-Forges et le sentier MP3 (celui-ci sur le terril d’Abbaretz et la Lande du Don à Moisdon). « Nous avons joué notre rôle de metteur en scène des atouts et des savoir-faire du territoire, avec un budget minime, défiant toute concurrence » a dit Claude Bouron.

Mais ce travail s’est fait dans une grande « solitude » morale, en l’absence de soutien des trois Com’Com’  . « On nous a même coupé les vivres en amputant notre subvention de 50 % et c’est avec une grande tristesse que j’ai dû licencier Luc au premier juin 2013 ».

 Un chant de victoire

Luc Gourin a donc quitté l’ADT   le 24 juin, et, pourtant, il a mis un point d’honneur à venir présenter le travail de l’année 2012, comme un chant de victoire pour la qualité du travail fait :

– les 21 sentiers de randonnées de Nozay et Derval ont été finalisés. Cela veut dire : déplacement sur le terrain, signalétique adaptée, plan de gestion (entretien des sols et des haies). Jamais un office de tourisme   ne fera cela, sauf à embaucher une personne en plus.

Le départ du circuit à la mine d'Abbaretz - sur le Castelbriantais, la deuxième tranche est terminée : 8 sentiers, et chemins de jonction entre les sentiers. Et là aussi : infrastructures, signalétique, plan de gestion.

Un sentier très original, utilisant les nouvelles technologies (QR Code et MP3) a été mis en place sur le terril d’Abbaretz et à la Lande du Don à Moisdon. Le travail a été mené avec les pêcheurs, chasseurs, sociétés de protection de la nature, associations touristiques, pour apporter aux visiteurs une information de qualité. Et tout cela pour 2200 € ! Un prix ridiculement bas, mais une prestation qui plaît : 246 utilisations sur le terril et 183 sur la lande du Don (celle-ci n’est accessible que hors période de chasse). Jamais un office de tourisme   ne fera cela, sauf à faire appel à un cabinet spécialisé … mais à quel prix ?

La Rando-Mée, lancée par l’ADT   a connu sa deuxième édition en 2012 : une centaine de jours-participants, pour mettre en valeur le territoire. L’ADT  , sentant sa fin prochaine, a poussé à la constitution d’une association ad-hoc. C’est fait.

L’ADT   a assuré aussi un travail d’observation touristique auprès des prestataires : 1,8 millions d’euros de chiffre d’affaires ont été générés, sans compter les dépenses faites par les touristes en restauration et déplacement, sans compter les travaux de rénovation entrepris par les prestataires.

L’ADT   a accompagné les porteurs de projets, les aidant à monter leurs dossiers de subvention, et n’hésitant pas à dissuader les « rêveurs inconscients » qui auraient pu se retrouver en grande difficulté après lancement d’un projet irréaliste. Jamais un office de tourisme   ne fera cela, sauf à embaucher une personne en plus.... alors pourquoi licencier Luc ?

Luc Gourin L’ADT   a tissé un partenariat avec les trois offices de tourisme  , en éditant un guide touristique commun, en participant ensemble aux salons du tourisme   de Rennes, Nantes, St Herblon (ce qui permet de réduire et partager les frais). Mais certains ont voulu faire bande à part …

L’ADT   a édité un guide touristique de qualité, s’étendant sur les trois communautés de communes : 13 000 exemplaires, 125 acteurs touristiques recensés, distribution sur le territoire et en dehors. Chaque semaine, le jeudi, l’ADT   envoie une lettre-info à 3000 abonnés, avec les manifestations à venir : une liste fort bien faite et rapide … c’est pas comme l’agenda de l’office de tourisme   du Castelbriantais qui se traîne comme un escargot anémique.

L’ADT   a exposé dans la vitrine de OhLaLa à Nantes, 12 fois en 2012. A force d’entendre parler du Pays de Châteaubriant  , les Nantais vont bien finir par y venir !

L’ADT   a participé aux réflexions sur : tourismle et handicap, tourisme  -pour-tous, coopération avec le Maroc, formation des acteurs du tourisme  

 Débat

Des prestataires de tourisme   ont dit à quel point ils ont toujours été écoutés par l’ADT   (Anne Bailleul, Luc Gourin), seule association capable d’avoir une réflexion globale sur l’ensemble du territoire, historiquement la première association du Pays ! Les délégués des pays voisins, Pouancé, Martigné, La Guerche, ont regretté la probable disparition de l’ADT   qui savait ne pas se restreindre aux limites administratives et nouer des liens de partage et de solidarités avec les Pays voisins. « Supprimer l’ADT  , c’est mettre en péril le Pays de Châteaubriant   ».

La déléguée de l’office de tourisme   de Pouancé a regretté le doublon fait par l’office de tourisme   de Châteaubriant. Celui-ci a publié son propre guide touristique, en concurrence avec celui de l’ADT  . Bernard Douaud a expliqué alors : « avant, il y avait l’office de tourisme   de Châteaubriant, maintenant cet office est intercommunal, il fallait bien qu’on montre qu’on faisait quelque chose ! ».

[ndlr : bé oui ! Avant on ne donnait pas à l’office de tourisme   les moyens de faire quelque chose. Maintenant, rien n’est trop beau pour faire la promotion des élus en place ! Finalement, ce n’est pas le tourisme   qui intéresse les élus, mais c’est le bénéfice personnel qu’ils peuvent en retirer ! Signalons que, en récidive, l’office de tourisme   de Châteaubriant a édité son propre guide des animations de l’été, et que l’office de tourisme   de Nozay en a fait avant ! La mutualisation des moyens s’éloigne. Je croyais qu’on était en période de crise économique ? BP  ].

Jean Luc Colin est intervenu, au nom du Conseil de Développement pour rappeler que son association, et l’ADT  , sont les deux seules associations de pays qui fonctionnent et qui ont le mérite de fédérer les forces vives, associations et simples citoyens. Le Conseil Régional a attribué une somme globale au Pays de Châteaubriant  , et celui-ci a fait des choix : privilégiant ici une piscine, là un dojo, au détriment du tourisme  . Pourtant cette dernière activité contribue à la bonne image du pays, et occasionne des retombées économiques, il ne faudrait pas l’oublier.

Finalement, dans cette histoire, il manquait 10 000 euros ! Les trois Com’Com’  , solidairement, auraient pu les apporter facilement. Rappelons que la Com’Com’   du Castelbriantais n’a pas hésité à payer 10 000 euros au Cabinet Klopfer pour faire un audit sur ses finances...

 Demain

Alors, c’est la fin ? L’ADT   a les moyens de tenir jusqu’en septembre. A cette date le Conseil Général prévoit de réunir les trois Com’Com’   pour trouver une solution jusqu’à décembre 2013. Monsieur Hunault, qui n’a pas bougé jusque là, voudrait que l’ADT   tienne jusqu’en 2014 (après les élections municipales !) parce que ça l’ennuie d’apparaître comme cause de licenciement ! Ah ! Si seulement l’ADT   avait disparu en silence … D’ailleurs, après l’Assemblée Générale de l’ADT  , des élus ont reproché à Claude Bouron d’avoir parlé (et d’avoir dit la vérité !) …

En terminant, Claude Bouron a particulièrement remercié Luc Gourin pour la qualité de son travail et pour sa présence. « Je n’oublierai jamais ceux qui m’ont contraint à te licencier » dit-il.

Et voilà, Anne Bailleul va rester seule pour 6 mois, sans pouvoir à elle-seule assurer le travail de trois. Souhaitons-lui de garder le moral et qu’une solution soit trouvée pour elle-même, et pour nous, pour sauver le tourisme   au pays de Châteaubriant  .

signé : BP  

Le dernier rapport d’activité (document pdf de 6 méga octets)


Ecrit le 10 juillet 2013

 Question de choix

12 000 € pour un feu d’artifice. 16 411 € pour une fête de la musique. Tout cela pour moins d’une journée ! Pourquoi pas ? Mais quand on vous dit qu’il aurait fallu 10 000 € à partager entre les 33 communes du Pays de Châteaubriant  , pour sauver l’ADT   (association pour le développement du Tourisme  ) et assurer le travail toute une année, on voit que c’était possible ! Ce ne fut pas fait : c’est donc bien un choix politique (et pas financier !). Il faut le dire !


Ecrit le 7 janvier 2015

 Raymond Lebossé

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Raymond Lebossé

Raymond Lebossé a été inhumé la veille de Noël 2014. Né en 1923 il fut directeur des Fours à Chaux d’Erbray, conseiller municipal puis maire d’Erbray où il a su travailler en équipe et laisser une situation financière saine. Conseiller général, vice-président de la commission des affaires culturelles de cette assemblée chargé des questions culturelles bretonnes, président de l’ADT   (Association pour le Développement du Tourisme   au démantèlement de laquelle il assista la mort dans l’âme).

C’était un homme de conviction, opiniâtre mais ouvert à la discussion sans a-priori politique. Il a été décoré du Collier de l’Hermine, la plus haute distinction de Bretagne.