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Jean Gauchet, sans bruit mais très actif

Ecrit le 10 juillet 2013

Il ne nous est pas possible, malheureusement, de dire un adieu, dans la Mée, à toutes les personnes qui nous quittent. Jean Gauchet est parti, sans bruit, comme il a vécu. Et pourtant, il en a fait des choses !

On commence à entendre parler de lui pendant les années de guerre. Il donne un coup de main à sa mère dans la petite épicerie familiale de la rue qui porte maintenant le nom de Max Veper. Engagé dans le scoutisme, il s’occupe de l’accueil, et des cantines et comptoirs de vivres installés à la Mairie et aux six entrées de Châteaubriant sur les routes qui mènent à la Bretagne et au Sud-Loire. Il a tout juste 15 ans. Nous sommes en mai 1940, les réfugiés sont nombreux …

Après des années de perturbations, le scoutisme se reconstitue vers la fin de 1943 dans la région de Châteaubriant. « Nous allions camper dans les environs, et nous faisions même un lever aux couleurs, ce qui, à cette époque, n’était pas sans danger » a raconté Jean Gauchet qui, après la guerre, a poursuivi une vie associative bien remplie, notamment comme secouriste Croix Rouge  , Voltigeurs gym et cinéma, secrétaire de la caisse de Secours Mutuel de Châteaubriant ...

En 1980 il constitue un « Comité de Liaison des retraités de Châteaubriant » pour vaincre la solitude, obtenir le meilleur maintien à domicile possible.

Jean Gauchet En 1989, avec l’oreille attentive de la municipalité de Martine Buron, et notamment de Josiane Boulogne, après tout un travail de réflexion mené en particulier avec Henry Lemaître et André Lefeuvre, il propose la mise en place d’une association pour les personnes âgées, ainsi est née l’ORPAC  , officiellement constituée le 25 novembre 1989. Jeux de palets, de cartes, bals, voyages, c’est bien, mais il importe que les personnes âgées elles-mêmes se prennent en charge, réfléchissent à leurs difficultés et aux moyens de les résoudre. L’ORPAC  , sous sa présidence, a donc lancé l’action « aide à l’emploi » (mise en relation des personnes âgées avec des demandeurs d’emploi) avec coup de main pour la rédaction des bulletins de salaire. Et aussi l’action PMR (Personnes à Mobilité Réduite) à qui l’ORPAC   propose régulièrement des rencontres   et des sorties. Ces actions continuent de nos jours.

Conseiller municipal en 1995, Jean Gauchet a présenté, dès 1998, un projet global d’aménagement du Parc de la Trinité avec regroupement de nombreux services aux personnes âgées. (Relire à ce sujet La Mée du 3 février 1999). Il proposait, dans le Parc de la Trinité :
– un foyer-logement (des appartements dans un immeuble collectif)
– un village-retraite (des petits pavillons pour les personnes âgées)
– le foyer-restaurant installé à proximité, qui pourrait faire le portage de repas à domicile
– de même que le service de soins à domicile et d’aide-ménagère.
– un service d’hébergement temporaire
En 2000 le projet était fait. En 2001 était prévu l’appel à projets architecturaux. En 2002 devaient être engagées les démarches de financement pour un début des travaux en 2003. Tout était donc prêt.

Mais en mars 2001, la municipalité a changé, le foyer-logement et le village-retraite ont pris du retard. La demande de permis de construire n’a été déposée qu’en décembre 2003. Mais enfin, bon, un domicile-services a été inauguré à la Trinité en avril 2006 avec 15 appartements pour personnes âgées et 6 maisonnettes (aussi pour personnes âgées). En revanche, la « plateforme de services » a été abandonnée et tout reste dispersé : foyer-restaurant, locaux de l’Orpac  , service de soins, CLIC   … Jean Gauchet le déplorait.

En avril 2012, encore, il s’inquiétait des services à apporter aux « vieux », disant : « je fréquente la tranche des 80-100 ans, une population qui me tient à cœur car elle a de sérieux problèmes. J’en ai parlé au Conseil d’Administration de l’ORPAC  . On m’a répondu : il y a tout pour eux. Il suffit de demander. Mais, justement, c’est une population qui ne demande rien et on ne fait pas grand chose pour elle ».

« Il y a tout, à Châteaubriant ? Peut-être. Mais est-ce accessible ? Il y a des aides de toutes sortes, mais il est difficile de s’y retrouver. Le CLIC   essaie de répondre aux questions posées mais n’intervient pas en l’absence de demande. L’assistante sociale, c’est la même chose. Les associations et les services ont un mal fou à travailler ensemble. Les personnes qui interviennent se rendent compte que, au delà de la question posée, il y a d’autres problèmes face auxquels elles se trouvent démunies ».

Demander de l’aide ? A qui ? Comment ? Faut-il imaginer de nouveaux lieux pour vivre ensemble ? « Vieillir à domicile c’est sans doute mieux que de vieillir en maison de retraite. Mais vieillir seul devant sa télé, avec une noria d’intermédiaires qui passent (et font ce qu’ils peuvent !) c’est tout de même déprimant. » disait-il encore. Le problème reste posé.

Espérons que des plus jeunes pourront impulser la réflexion à ce sujet.
Adieu Jean.