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Fabienne, maraîchère : des oeillets dans les tunnels

Ecrit le 14 août 2013

Fabienne Simoneau est agricultrice : on peut rencontrer la jeune femme sur les marchés de la région de Châteaubriant où elle vend les produits de son exploitation. « Le maraîchage, c’est vraiment ce que je voulais faire » dit-elle. Après la préparation d’un baccalauréat de comptabilité, puis une formation de floriculture, elle a travaillé quelques années dans la vente de fleurs et elle a préparé un Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole (BPREA), une formation en neuf mois qu’elle a beaucoup appréciée : « ce fut une formation technique et économique : quelles cultures, quelles surfaces, quel rendement »

 Recherche d’une terre

Il restait à trouver de la terre ! Ce ne fut pas facile car les conditions étaient complexes. « Là il fallait acheter et je n’en avais pas les moyens. Ici je pouvais louer mais les travaux d’adduction d’eau auraient coûté trop cher. Là le terrain n’était pas assez abrité : le vent aurait pu emporter les serres ». Finalement, après plus d’un an de galère, Fabienne a trouvé quatre hectares à louer à La Gélardière, en Rougé. Elle y dispose d’un hangar, d’un puits et de terres tout autour. C’est son lieu de travail où elle arrive à 8 heures le matin, et en repart vers 20 h, du lundi matin au dimanche midi.

Sur place, Fabienne a racheté des tunnels existants et elle en a monté d’autres. Elle a investi dans deux tracteurs et des matériels de travail du sol et de récolte. Bénéficiant d’une dotation d’installation en tant que « jeune agricultrice », elle a aussi acheté des toiles tissées pour le paillage. Et elle a souscrit un « PDE » (plan de développement économique) pour 5 ans avec la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) à qui elle doit rendre des comptes régulièrement.

 Et des oeillets d’Inde

Enfin Fabienne a choisi la voie « agriculture biologique ». « Je cultive les légumes que je connais et que mes goûts gastronomiques m’ont fait apprécier » dit-elle. « Si je suis contente d’une variété, je la conserve mais il m’arrive de tester d’autres variétés ». Fabienne cultive ainsi une trentaine de légumes différents : pommes de terre, poireaux, carottes, betteraves, radis, courgettes, piments « dits d’Espelette », melon, panais, poivrons, basilic, concombres, ail etc. Un « certificateur » passe tous les ans pour contrôler les factures de l’exploitation (achat de semences et de plants, achat de fumier, etc) et garantir le caractère « bio ».

Fabienne a aussi des fraises et des framboises, des pommes à cidre et … des oeillets d’Inde. Ces oeillets, bien sûr, c’est pour faire joli ! Mais aussi, placés à l’entrée des tunnels, leurs fleurs sont destinées à faire venir les insectes pollinisateurs ! Cette plante éloigne, grâce à sa forte odeur, les pucerons, les aleurodes, les altises, fourmis etc, elle protège les carottes de la mouche de la carotte par exemple. Elle attire aussi les limaces … qui ne vont donc pas plus loin pour dévaster d’autres légumes.

Il est vrai que les limaces n’iraient pas bien loin car Fabienne fait un bon usage des « toiles tissées ». Ces toiles de couleur verte, perméables à l’air et à l’eau, sont utilisées pour couvrir le sol, empêcher l’érosion et la pousse des mauvaises herbes. On y fait des trous, en ligne ou en quinconce, pour y placer des pieds de courgettes ou de melons, ou des salades, ou autres, en respectant la pousse des légumes : ici tous les 25 cm, là tous les 50 cm. Pour d’autres cultures, les carottes par exemple, Fabienne va essayer le paillage avec du foin.

On dit que le paillage avec toiles tissées finirait par appauvrir le sol. « Ici ce n’est pas le cas, explique Fabienne, car en agriculture biologique nous sommes obligés de faire tourner les cultures d’une année sur l’autre ».

 Commercialisation

Un autre aspect du métier : la commercialisation. « Le lundi je livre des paniers au bourg de Ruffigné. Le mardi au Vival de Rougé. Le mercredi matin c’est le marché de Châteaubriant. Le jeudi soir c’est la vente à la ferme des Jolivel à Ercé. Les mercredis et vendredis de 17 h à 19 h c’est la vente directe à La Gélardière et le samedi matin c’est le marché des producteurs à Châteaubriant. ». Fabienne fournit aussi l’école de Martigné Ferchaud en légumes frais. Cueillis la veille, les légumes sont conservés en chambre froide.

« Je dois avoir un rôle de conseil auprès des clients. Leur faire découvrir des variétés qu’ils ne connaissent pas. Par exemple la tomate rose. Et la courgette jaune excellente quand elle est farcie, ou râpée crue ». Sur le marché, Fabienne commercialise, en saison, des pommes, des confitures au safran, des kiwis, qu’elle achète à d’autres producteurs locaux. « Mon projet est de monter un petit poulailler, une dizaine de poules, car ces volailles nettoient bien la terre. Et je pourrai vendre quelques œufs. Il faut des produits variés pour attirer les clients ». Fabienne a plein de projets mais prend le temps de bien les étudier avant de se lancer à l’aventure.

La commercialisation est un réel « bouffe-temps » pour un revenu aléatoire. « Je fais le même chiffre en une heure et demi à Ercé, qu’en 5 heures à Châteaubriant ». Tout ce temps passé, indispensable, n’est pas consacré à la production.

 Planifié en décembre

« Je vends quasiment tout ce que je produis » dit Fabienne « Et même il me faudrait produire davantage ». La production est planifiée en décembre : achat de plants et de semences. « Cette année j’ai acheté 40 kg de semences d’échalottes... et cela ne suffit pas ». Les plants lui sont livrés tous les 15 jours : à elle de s’organiser, de ne pas prendre de retard car un décalage peut entraîner une perte des plants et un différé de récolte ! « Mon but, c’est de faire mes plants moi-même, mais je ne suis pas tout-à-fait prête, je préfère continuer à en acheter, par sécurité ».

Le maraîchage, comme toute activité agricole est impacté par les aléas climatiques. « L’hiver dernier, les pluies incessantes ont fini par engorger le terrain. Il a fallu faire un drainage. Et le froid du printemps a ralenti la production ». C’est un métier fatigant, très physique. « Heureusement la formation BPREA m’a donné de bonnes indications pour protéger ma santé, par exemple pour éviter le mal de dos ».

Fabienne Simoneau Fabienne
Maraîchage biologique
La Gélardière, à Rougé
06 47 66 13 88

Pour aller à La Gélardière, quitter Châteaubriant par la rue Guy Môquet et tourner à droite un peu avant le château d’eau. La ferme se trouve sur la droite, auprès d’un gîte rural « Accueil Paysan » après avoir passé La Picoterie.

On peut trouver les produits de Fabienne sur le marché de Châteaubriant (tous les 15 jours), directement dans l’exploitation ou au magasin Vival, place de l’église à Châteaubriant et, bien sûr, au marché de sproducteurs locaux le samedi matin à Châteaubriant.