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Jeunesse : Tapaj à Bordeaux

Ecrit le 4 septembre 2013

Bordeaux ? Pourquoi pas ? Chômage, marginalisation, itinérance, précarité, exclusion, désespérance, frappent de plus en plus les jeunes débouchant sur des pratiques suicidaires, suicide personnel (drogue, mort) ou suicide social (violence). Beaucoup de choses ont été faites « pour » les jeunes. C’est bien à condition que les jeunes n’y soient pas condamnés à la passivité. Trop peu de choses ont été faites « avec » les jeunes, leur donnant l’occasion de montrer leurs capacités, de reprendre confiance en eux-mêmes.

Quand ces jeunes sont très désocialisés, éloignés du travail, il leur est difficile de se reconstruire. Des étapes sont nécessaires. C’est ce que veut faire l’expérience « Tapaj » à Bordeaux, tentée à l’initiative   du Comité d’étude et d’information sur la drogue (CEID), à l’image de ce qui se fait au Canada depuis 5 ans.

Tapaj, cela veut dire : travail alternatif payé à la journée. Tous les mardis matin à 10 heures, les travailleurs sociaux donnent rendez-vous à la terrasse d’un café. Vient qui veut. Plusieurs heures durant, les jeunes, munis de binettes, pelles et balais vont rafraîchir, avec la bénédiction de la mairie de Bordeaux, une voirie où se répandent des herbes folles depuis l’application de la directive zéro pesticide.
Quatre à six heures de travail dans la journée, payées 10 euros nets. Le salaire est versé le soir-même : important pour des jeunes qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes et qui, trop souvent, dorment dans la rue ou dans un squat.

« Le but est de leur permettre d’avoir au plus vite, avec le minimum de contrainte d’accès, une source de revenu légal, dans un cadre journalier qui puisse se substituer, ou venir en complément de « la manche ». Par ce biais, ils pourront développer leur estime de soi, des autres et un savoir-faire professionnel. « L’objectif à moyen terme étant de les amener, de façon graduelle, à obtenir des contrats de travail à plus long terme » dit le CEID.

« Quand on fait cela, on est des jeunes travailleurs dans la rue » dit l’un de ces jeunes « alors que, quand on ne fait rien, on est mal vus ». Le regard positif des habitants du quartier est, pour eux, une première victoire.

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Une expérience de ce genre pourrait être tentée ailleurs, pourquoi pas à Châteaubriant où il y aurait des travaux d’entretien à faire, par exemple autour des immeubles collectifs. L’encadrement pourrait être assuré par du personnel municipal et/ou confié à une structure associative comme l’ACPM   (Ateliers et Chantiers du Pays de la Mée).

Bien sûr, cela demanderait un financement mais on sait le trouver quand on paie 12 000 € pour un feu d’artifice et 16 000 € pour une fête de la musique … Quand on est dans une situation de crise, il faut savoir faire des choix ….

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Il y a aussi d’autres initiatives possibles, par exemple les « chantiers découverte » faits à Nantes et dans la Com’Com’   de Nozay.

Selon une note du Conseil d’analyse économique d’avril 2013, près de 1,9 million de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni à l’école, ni en emploi, ni en formation, soit 17 % de cette classe d’âge. Plus grave encore, la moitié de ces jeunes sont à la dérive. Cette situation désastreuse prévaut depuis près de 30 ans sans qu’aucune politique, aucun plan pour l’emploi, ne soit parvenu à l’améliorer.

Elle est là, l’urgence sociale ….