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On ne fait pas d’omelette ...

Ecrit le 4 septembre 2013

 On ne fait pas d’omelette…

Ça a été le sujet chaud de l’été : trois nuits de suite, en Bretagne, des aviculteurs en colère ont détruit des milliers d’œufs pour protester contre la baisse des prix. En cause, une surproduction massive, conséquence directe de la libéralisation du marché. L’actualité est soudaine, mais cette crise était prévisible. Progressivement, l’industrialisation de la filière par certains producteurs a conduit à un système déconnecté de la réalité. Le piège s’est refermé.

Selon la Confédération Paysanne, « le ministre de l’Agriculture a annoncé quelques mesures d’urgence, mais c’est tout le système qu’il faut remettre à plat. Une véritable régulation, cohérente avec les capacités d’écoulement de la production sur le marché intérieur, est indispensable. Posons-nous les bonnes questions, il n’y a pas trop de producteurs d’œufs, il y a trop de poules dans certains élevages !

Et voila qu’on tente maintenant de sauver les meubles en exportant d’urgence 15 millions d’œufs ! Ou comment reporter sur les autres la crise que nous avons créée… ».

Au 30 août 2013, environ 12 millions d’œufs ont été exportés et les cours se situaient à 5,50 euros en moyenne les 100, encore loin du prix de revient, atteignant entre 6,50 euros et 7 euros. Les destructions d’œufs pourraient reprendre à partir du 5 septembre et seulement 400 000 œufs seraient donnés à des associations caritatives.


Ecrit le 15 février 2014

 Les 1000 vaches, c’est fini !

Depuis septembre 2013, la Confédération Paysanne, avec ses partenaires, s’est mobilisée pour que la ferme-usine des 1000 vaches à Drucat dans la Somme ne voie pas le jour. Cette ferme, ou plutôt cette usine, c’était 500 vaches enfermées dans un bâtiment, non pour produire du lait mais pour faire du lisier destiné à nourrir un méthaniseur de 1,5 MW. Le lait, dans ce cas n’était qu’un sous-produit que le promoteur prévoyait de vendre 270 euros la tonne… Ce prix aurait fini par être la norme en France alors qu’aujourd’hui les éleveurs s’en sortent à peine à 350 euros. « On ne veut pas d’usine à lait parce qu’on ne veut pas crever ! »

Autour de la « ferme », il y avait 1000 ha de terres sous contrôle (discret) de l’industriel, pas pour faire gambader les vaches, mais pour épandre le digestat du méthaniseur, qui produira une énergie subventionnée par l’Etat ! Le permis d’exploitation était donné pour 500 vaches. Pas assez de surface, selon le préfet. Mais il prévoyait tout de même d’autoriser 1000 vaches si le promoteur justifiait de 3000 ha disponibles.

Le promoteur du projet, se sentant certainement intouchable, s’était autorisé à dépasser largement les contraintes de son permis de construire. C’est donc sur le bureau de la ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire que s’est retrouvé le dossier. Le 23 janvier, la ministre Cécile Duflot a annoncé la décision du préfet de la Somme d’arrêter le chantier et d’ordonner la destruction des bâtiments illégaux. Elle a, par ailleurs, apporté son appui politique à cette décision.

Les leviers légaux ont donc permis d’empêcher ce projet désastreux de voir le jour. « Nous attendons désormais que les volontés politiques s’inscrivent dans la durée. La Loi d’avenir agricole et la PAC en cours de discussion doivent refléter l’ambition de stopper clairement l’industrialisation de l’agriculture » dit la Confédération Paysanne.

°°°

 Eh bien non

Eh bien non, c’est pas fini. La Confédération paysanne déclare : Le préfet de la Somme, prend la défense des 1000 vaches

Il y a les puissants, et il y a les autres. Michel Ramery fait partie de la première catégorie, nous le savions. Deux poids, deux mesures qui voudraient rendre caduques les volontés affichées par des ministres de la République. Le préfet de la Somme vient d’envoyer un « mémoire » au tribunal administratif d’Amiens pour donner son avis sur ce projet. 38 pages où il démonte point par point les arguments avancés dans cette procédure, à l’opposé des positions de Cécile Duflot.

Lundi 17 février à 14h, la Confédération paysanne sera devant le tribunal administratif d’Amiens, avec Novissen et ses partenaires, pour porter le référé suspension concernant le permis de construire des 1000 vaches. Les arguments ne manquent pas pour mettre fin, une bonne fois pour toutes à ce projet destructeur ! Avec le soutien affiché de trois ministres, nous partons confiants. Mais Michel Ramery a de l’entregent. Ses appuis sont nombreux. Ses appuis ont du pouvoir. Nous nous attendons à d’autres attaques.

Mais qu’il ne l’oublie pas, nous ne sommes peut-être pas puissants, mais nous savons nous montrer persuasifs. Notre « intérêt à agir », c’est que derrière le symbole de la ferme-usine des 1000 vaches, l’avenir des paysans est en jeu.

A l’occasion de l’audience de lundi, un rassemblement est organisé à midi place Longueville à Amiens. Un point presse se tiendra à 13h. A cette occasion, en présence du porte-parole Laurent Pinatel, nous ferons le point sur les suites de la mobilisation pour enterrer définitivement la ferme-usine des 1000 vaches, et stopper l’industrialisation galopante de l’agriculture.

Contacts :
Laurent PINATEL - Porte-parole de la Confédération paysanne - tél : 06 80 58 97 22
Antoine JEAN - Porte-parole Nord-Pas-de-Calais - tél : 06 07 95 68 88
Elina BOUCHET - Chargée de communication - tél : 06.95.29.80.78


Ecrit le 21 mai 2014

 Un A.D.N. manifeste

Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération Paysanne, qui avait protesté le 12 septembre 2013 contre ’’la ferme-usine des mille vaches’’, a été convoqué à la gendarmerie le 19 avril 2014.

« Je suis arrivé en tracteur à 9 h à la gendarmerie de Saint-Étienne. Deux de mes voisins, Bernard et Jean-Claude avaient tenu à m’accompagner, en tracteur également. C’est donc en cortège de quatre véhicules, et rapidement rejoints par une vache, que nous sommes arrivés ! 50 personnes nous attendaient déjà et, au gros de la mobilisation, plus de 200 personnes seront présentes. […] Le major Magnier, chef de la brigade criminelle (oui !) d’Abbeville, assisté par un de ses inspecteurs m’a signifié immédiatement mon placement en garde à vue au motif que mon ADN a été retrouvé sur les lieux du chantier. Ce n’est qu’à 13h15 que les gendarmes ont reçu l’ordre de me relâcher et ont pu reprendre la route de la Somme. Je n’ai « rien déclaré ». Mais j’ai la nausée ! Mon avocate est révoltée du traitement qui nous est réservé. Elle trouve scandaleux de voir la façon dont on nous criminalise et le déploiement dément des moyens mis en œuvre pour protéger les petits copains du pouvoir ! ».