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Le jour du dépassement

Des François et de sombres dates

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Ecrit le 25 septembre 2013

 Il était une fois des François

Au sein de notre charmant petit coin de France, dans un climat moyennement rose (lire optimiste), il y a un prénom qui bruisse et court sur beaucoup de lèvres bavardes : François.

Donc « il court, il court, le furet ... ». Mais on l’évoque pour des motifs, ma foi, bien différents et fort étrangers. J’en ai de suite trois en stock sous la main, je vous les présente et tout va être lumineux.

L’ordre n’a aucune importance, je respecte simplement la bienséance.

Le premier François, que Dieu le protège, fut élu par ses pairs et par une fumée blanche Pape de l’Église chrétienne et catholique il y a quelques mois. Même si le débat des chiffres reste ouvert (voir wilkipédia), ses pensées et ses actes toucheraient 1,1 milliard d’individus. Sur 7,2 milliards de terriens actuels (soit 15%), la responsabilité est écrasante. Son discours humaniste tranche nettement avec celui de ses prédécesseurs. Plus remuant.

Quittons le spirituel-temporel, revenons en France sur le terrain politique. Le gazon du grand stade y est coupé ras. Non, je n’ai pas dit ras le bol, hors pâquerettes.

Notre deuxième François, M. François Hollande, Président de la République Française, vient tout juste de souffler sereinement (dit-il) sa première bougie-anniversaire à l’Élysée, sans gloriole toutefois. Que dieu lui vienne en aide. A la tête de l’État, il est écouté par 66 millions de Français (INSEE, janvier 2013) et peine à convaincre que ses promesses seront tenues ou tenables. Malgré le nombre et l’ampleur des réformes faites, engagées ou à venir, sa cote de popularité et celle de son gouvernement, avec un dernier léger soubresaut positif récent, ressemble à un encéphalogramme plat plat. Pourtant, quelle masse de travail, sans doute mal expliquée, avec des interférences entre Ministères malvenues. Pour autant, et son débat télévisé de dimanche dernier (TF1, 15/09, 20h) le confirme, il reste droit dans ses bottes pour défendre sa vision de la maison France et ses remèdes (à dose homéopathique ou de cheval) à lui administrer pour tirer un tant soit peu notre pays d’une vilaine ornière à connotation morose voire fichtrement pessimiste. Si « le changement, c’est maintenant » reste d’actualité, ça urge d’avoir du concret à annoncer. Et l’abcès de l’épine écologiste fichée dans son pied devient si douloureux qu’il pourrait bien devenir motif de boiterie. Quid de la marche en avant ?

Et puis surgit notre troisième François, encore encarté à l’ U. M. P. . Tel un certain Iznogoud dans une bande dessinée, M. François Fillon, ex Grand Vizir sur toute la durée du quinquennat Sarkozy (ce qui n’a pas dû être une sinécure tous les jours !) se voit bien devenir Calife à la place du Calife aux élections présidentielles de 2017. Il affiche sans complexe son ultime ambition et se lance dés cette rentrée dans ce marathon. Que son dieu le veille, il y a du chemin de croix dans l’air ! Pour mieux s’attirer les plus puissants feux des projecteurs médiatiques, il a fait sienne la devise : « la fin justifie les moyens ». Comme avec les bolides qu’il affectionne de conduire sur un célèbre circuit automobile sarthois, il démarre pied au plancher en ouvrant bille en tête une polémique aux relents nauséabonds. D’accord, c’est un Vendredi 13 qu’il a lâché sa bombe politico-franco-française, mais tout de même ! Nous sommes sous le « cagnard » (soleil) sur les hauteurs de Menton (Alpes-Maritimes), ce 13/09. A la question routinière de « que fait l’UMP si elle est éliminée au 1er tour d’une élection ? », la réponse de M. Fillon a littéralement pétrifié son auditoire. Par le passé, la ligne officielle du parti d’opposition fut d’abord, hypocrite à souhait, de n’appeler à voter ni pour le PS (Parti Socialiste) ni pour le FN   (Front National, devenu Bleu Marine). La fameuse règle du ni-ni ! Puis lui a succédé la logique du soutien du « front républicain », paraissant exclure d’office le FN  , tout au moins en façade. Une réponse du même acabit était attendue. Mais surprise : « … Les municipales sont des élections très particulières où le choix de personnes prime sur le choix idéologique. ... ». Ça a fait comme un tsunami dans un verre d’eau fétide ! On peut dire qu’il ne l’a pas loupée, ce François-là, sa rentrée fracassante.

Il est bien sûr toujours possible de pousser les murs pour agrandir la galerie de portraits des François. Il est un François de Rugy, éminent cadre de EELV (Europe Écologie-Les Verts). Et puis encore l’inoxydable François Bayrou, un peu isolé dans son Béarn natal. Leur seul point commun est leur prénom !

 Manger le pain de ses enfants : est-ce raisonnable ?

C’est la très sérieuse Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) qui, encore une fois, comme chaque année, percute sa fusée rouge de détresse dans une quasi-indifférence proprement assourdissante.

Depuis la date du 20 août 2013, l’homme s’est déjà trop servi sur la planète. Cette honorable institution de défense de la nature calcule chaque année le fameux « jour du dépassement ». Ce précieux indicateur annuel, fiable et surtout comparable au rythme des années, se base sur : les Ressources que notre planète Terre est capable d’offrir sans dégradations majeures (index de temps de régénération) d’une part ; les Besoins de l’Humanité, avec une surveillance particulière à la survie (eau + nourriture) et au besoin d’énergie d’autre part. Bien que très rigoureux dans son élaboration, il ne se prétend pas exact. Le décompte débute le 1er janvier. Quelques chiffres :

source UICN, colonne j./an = jours par an

Dépassement
annéedate calculéeécart (j./ an)
1993 21 octobre  ?
2003 22 septembre - 2.8 j/an
2012 22 août - 3.1 j/an
2013 20 août - 2.0 j/an

Donc en 20 ans (1993/2013), l’Humanité a avancé le « jour de dépassement » de 62 jours ! La Terre est de plus en plus fatiguée, elle n’a plus le temps de se refaire une santé. Cette année (2013), nous avons consommé en à peine 9 mois les Ressources censées durer 12 mois. Pas de quoi être fiers, car ces Ressources sont le capital-vie de nos enfants et de notre descendance. Et nous tapons dedans sans scrupules, sans doute pas par acte conscient mais plutôt par ignorance ou mauvaise information. On prévoit, en 2050, de cohabiter entre 9 milliards d’habitants contre 7.2 aujourd’hui. Ressources en diminution, Besoins en constante augmentation, on fait comment pour trouver le point d’équilibre ? D’autant que, comme pour notre Dette nationale, nous sommes déjà fortement dans le rouge dans les comptes du grand banquier de la Nature.

 L’eau

Sans vouloir être décourageant, le premier problème majeur sera l’accès à l’eau. En 100 ans, nos besoins de consommation, sous forme potable ou non mais pas salée, se sont multipliés par 7 ! Une récente et pointue estimation prouve que pour produire un seul kilo de viande de bœuf (source Ouest-France du 15/09), il faut prélever dans les 15 500 litres d’eau. L’étude va de cultiver sa nourriture, assurer son abreuvement et même nettoyer son étable. Chiffres troublants entre l’eau bénie qui tombe du ciel et celle qui doit être pompée avec consommation d’énergie. Il n’est pas question de devenir tous végétariens. Mais peut-être de mieux contrôler nos habitudes.

 Empreinte écologique

Pour bien conclure cet article, il est impératif d’approcher la meilleure définition possible de l’« empreinte écologique ». Il s’agit en gros du calcul de la part de la Terre utile à chaque habitant pour satisfaire ses besoins sans abîmer la Planète bleue (source wilkipédia). C’est complexe et encore sans normes internationales. Le curseur tend à converger vers 1.8 hectare (soit 18 000 m2, soit un rectangle de 180 mètres sur 100 mètres). Voici un petit tableau qui veut répondre à la question : « combien faudrait-il de planètes Terre si tous les habitants du monde vivaient comme les habitants de ces pays ? ». Ce n’est bien sûr pas une comparaison mais un simple constat, par ordre croissant :

Combien de planètes Terre
PaysContinentNombre de planètes
Bangladesh Asie 0.5
Érythrée Afrique 0.5
Philippines Asie 0.5
Guinée Afrique 1
Argentine Amérique 1.5
Chine Asie 1.5
France Europe 3
Australie Océanie 4
U. S. A. Amérique 4.5
Qatar Asie 7.5

Si tous les habitants vivaient comme ceux de Bangladesh, nous consommerions une demi-planète. Mais si tous les habitants se mettaient à vivre comme les Français, il nous faudrait trois planètes. Et ne parlons pas des U.S.A et du Qatar !

Et que laisserons-nous à nos enfants ?

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