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Souvenirs ... souvenirs (12)

Ecrit le 9 octobre 2013

Laurent et le train

Les Présidents de la République ne viennent guère à Châteaubriant pendant leur mandat. C’est trop enclavé ! On ne connaît que deux exceptions à cette règle dont, en septembre 1960 , la venue du Président Charles de Gaulle. A l’époque la ligne SNCF de Nantes, celle que va utiliser le tram-train, était encore en activité et c’est en autorail (on disait aussi micheline) que le grand président vint visiter la capitale du pays de la Mée. Au dépôt du chemin de fer, officiait alors un chef de gare intérimaire. C’était l’appellation. Cette fonction amenait l’intérimaire à connaître toutes les gares de toutes les lignes du coin, les gares et leurs environs immédiats, généralement bien pourvus en cafés et estaminets. Des rencontres   s’y faisaient et des amitiés s’y nouaient immanquablement.

Le jour de la visite présidentielle, notre intérimaire (disons Laurent par exemple), après avoir fait brosser et repasser son plus bel uniforme, recoudre soigneusement les boutons dorés et coiffé sa calvitie d’une casquette réglementaire à la coiffe immaculée, période d’été oblige, se rendit prendre le poste où il était affecté à la gare d’Issé, sur le trajet officiel, donc.

Très tôt le matin, à l’heure du gros plant, il reçut la visite du responsable de la fanfare municipale. La « clique » isséenne souhaitait manifester sa joie de voir passer le grand personnage en interprétant l’hymne national sur le quai de la gare et en demandait l’autorisation respectueusement et amicalement.

Toute la matinée d’autres notables de la commune vinrent renforcer la requête, si bien qu’à l’heure où le pastis se dilue dans l’eau d’Issé, l’autorisation fut accordée.

La nouvelle fit rapidement le tour du petit bourg et dès le début de l’après-midi une petite foule se retrouva à l’établissement ferroviaire et dans ses environs bien pourvus ... voir plus haut.

En arrivant à la gare, le conducteur de l’autorail voyant les personnes massées sur le quai, ralentit par prudence et finalement s’arrêta. La musique joua, le Président apparut, salua, remercia. Les badauds applaudirent et le train repartit enfin.

C’est ainsi que par camaraderie, un chef de gare même pas titulaire, mit en retard le Président de la République Française. Fort heureusement, à l’époque, les médias ne s’intéressaient pas aux trains qui arrivent en retard !

A.Borgone