Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Intercommunalité et diverses communes > Diverses communes > Visite du Canton de St Julien de Vouvantes

Visite du Canton de St Julien de Vouvantes

Ecrit le 3 mai 2006 :

Le canton de St Julien : le grand écart

On est toujours à l’écart de quelque chose.

La Bretagne est à l’écart de Paris
Châteaubriant est à l’écart de Nantes.
St Julien est à l’écart de Châteaubriant

« Les petites communes ne s’y retrouvent pas » dit Jean Poulain, maire d’Erbray et Conseiller Général du canton de St Julien de Vouvantes.

A l’époque où les maires perdent leur pouvoir au profit de l’intercommunalité, Patrick Mareschjal, Président du Conseil Général est venu passer une journée à Erbray, pour découvrir ce petit canton de 5 communes et 5 000 habitants. La rencontre a concerné les maires et d’autres conseillers municipaux. « Je sais bien que le Nord du Département mérite une attention particulière. Nous organisons tous les mois les rencontres   du département. La zone de Châteaubriant arrivera vers la fin, je n’ai pas voulu attendre » a-t-il dit.

Patrick Mareschal a expliqué le sens des Contrats de Territoire. « Nous avons voulu favoriser un développement équilibré du département en donnant davantage aux territoires les plus pauvres ». Les critères de répartition ont pris en compte les caractéristiques géographiques des intercom- munalités, mais aussi leur « richesse » à travers un indice de solidarité.

C’est ainsi que Nantes a reçu une dotation de 44 €/hab. tandis que Derval recevait 299 €/habitant. Le Canton de St Julien, qui dépend de la Communauté de Communes du Castelbriantais, recevra 194 €/habitant.

Ce qui n’est pas pris en compte dans les Contrats de Territoire, reste à la charge des communes et peut bénéficier de subventions dans le cadre du FAC (fonds d’aménagement communal) :
« Nous sommes encore en phase de réflexion à ce sujet, dit Patrick Mareschal, car il est évident que les investissements à réaliser n’ont pas le même coût : une commune avec un sous-sol granitique paiera davantage qu’une autre pour construire son réseau d’assainissement ».

Le FAC (fonds d’investissement commu-nal) concerne les bâtiments communaux : mairies, églises, presbytères, salles polyvalentes et autres. « Nous avons déjà augmenté la dotation, et institué une bonification pour les communes de moins de 2500 habitants mais nous ne pouvons faire face à toutes les demandes, nous avons donc choisi de faire attendre les communes qui ont ... les moyens de faire toutes seules si elles sont pressées ».

Deux exemples hors canton :

– ► SION LES MINES a un projet d’ex tension du local technique du service voirie. Coût 21 100 € . La commune pouvait prétendre à une subvention de 28%. Elle bénéficiera d’une bonification de 20%, ce qui lui fera en tout une subvention de 10 100 € (soit 48 % de sa dépense HT  ).

– ► FERCE veut construire un local technique pour 116 071 €. La commune aurait dû bénéficier d’une subvention de 27 %. Grâce à une bonification de 30 %, elle recevra 66 160 € soit 57 % de son investissement.

Toutes les communes du canton de St Julien de Vouvantes ont moins de 2500 habitants.

Pour les investissements communaux, il faut faire des choix : « On a mis beaucoup d’argent à faire l’effacement des réseaux, ce n’était peut-être pas une priorité » a dit P. Mareschal. « Oui mais cela a relooké certains petits bourgs » a remarqué un élu de St Julien de Vouvantes. « Peut-être, mais en cas de besoin, il faut faire passer les écoles avant les fils électriques » a répondu Patrick Mareschal.

Problèmes

Les élus des cinq communes (St Julien, Erbray, La Chapelle Glain, Juigné, Petit Auverné) ont exposé à Patrick Mareschal quelques-uns de leurs problèmes.

A Erbray, « nous avons eu 33 constructions neuves en 2005, et déjà 32 pour les 4 premiers mois de 2006. On sent la population qui monte de Nantes et demande des services comme à la ville. Nous avons un groupe scolaire à construire, pour réunir deux écoles. Un centre de Loisirs est en prévision, D’un point de vue financier ce sera lourd ». Le maire d’Erbray s’inquiète du lancement de deux lotissements privés : « Des Nantais viennent investir ici. Cela va faire monter les prix »

A St Julien : « Nous avons une maison de retraite de 61 lits, mais il y a 25 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer  . Il faudrait créer une unité spécialisée de 10 lits au moins ». A ce sujet Patrick Mareschal a expliqué que le nombre de places en maison de retraite, dans le pays de Châteaubriant  , est juste à la moyenne et qu’il n’est pas envisageable d’en créer d’autres. « Mais vous pouvez faire un nouveau bâtiment, qui accueillerait 10 personnes en grande dépendance et réduire à 51 lits la Maison de Retraite actuelle »

Au Petit Auverné se pose la question de l’implantation d’un foyer occupationnel « L’Etoile du Berger », « Nous com-prenons bien que ce serait intéressant pour la commune en matière d’emploi et d’animation. Mais la priorité n’est pas à la création de places nouvelles » a dit P. Mareschal, « L’Etat nous a transféré la compétence « personnes handicapées » et il y a, en Loire-Atlantique, 11 000 dossiers en attente de décision COTOREP ».

Le Petit Auverné a aussi un projet culturel autour de La Renaudière, (ancienne maison de Sophie Trébuchet).

La Forêt de Juigné s’étend sur 1700 ha. « Elle est délaissée depuis longtemps et la succession familiale est difficile. Le Conseil Général, dans le cadre des espaces naturels sensibles, peut, à l’avenir, préempter autour de la Blisière, pour permettre l’accès à l’étang et au monument commémoratif. Mais dans l’immédiat il souhaite plutôt accompagner un projet de Tourisme   de Nature ».

Les élus des cinq communes ont par ailleurs exprimé une certaine déception : « au sein de la CCC   (Communauté de Communes du Castelbriantais), la répartition est mal faite ». « Les fonds du Contrat de Territoire profitent pour un bon tiers à la ville-centre ».

Ils ont raison mais ... il y a trois explications :

  • -1- la ville-centre représente plus du tiers de la population.
  • -2- La solidarité n’est pas un mot en usage chez les élus castelbriantais
  • -3- Le silence est une pratique trop fréquente des autres élus (sauf exceptions).

Les conseils communautaires, à la CCC  , se passent habituellement dans un étonnant climat de silence et de tensions. Personne ne moufte. Les élus n’ont pas encore compris que les réunions publiques sont destinées à informer les citoyens et ... à recueillir leur soutien.

La Grenouille rousse dans la forêt de Juigné