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Le suicide dans la région de Châteaubriant

Suicide et mal être des jeunes

Ecrit le 21 septembre 2005 :

 A Châteaubriant, l’hôpital de jour a 20 ans

Ouvert à Châteaubriant depuis 20 ans, qui connaît son existence ? D’abord situé dans une maison de la Rue Denieul et Gatineau, l’hôpital de jour occupe depuis un an une vieille maison rénovée au 19 rue du 8-Mai-1945.

C’est un lieu de soins psychiatriques pour adultes, qui dépend du Centre Hospitalier Spécialisé de Blain. Il concerne 20 communes selon une répartition qui ne correspond pas aux structures administratives des Communautés de Communes. Par exemple, La Chapelle Glain et Petit Auverné n’en font pas partie, mais en revanche Lusanger, St Vincent des Landes, Sion-les-Mines et Treffieux en font partie !

Volontaires

Les personnes qui viennent à l’hôpital de jour sont toutes volontaires. Souffrant de troubles mentaux, elles ont suivi un long parcours, adressées par leur médecin au Centre Médico Psychologique de Châteaubriant (CMP). Le CMP leur propose soit le CATTP (centre d’accueil thérapeutique à temps partiel), soit une hospitalisation, soit l’hôpital de jour. Ce dernier n’est proposé que lorsque le malade est stabilisé : il n’a plus de crises, mais pour autant il ne se sent pas bien.

L’hôpital de jour permet aux personnes de se réintégrer progressivement dans leur famille, le réseau social ou l’activité professionnelle tout en bénéficiant d’un suivi médical. « Nous proposons ici de nombreuses activités, dit une infirmière, mais pas dans le but d’occuper les personnes. Nous recherchons toujours un but thérapeutique ». C’est d’ailleurs pour cela que le personnel est composé d’un médecin, d’infirmières, assistant social, psychologue.

L’hôpital de jour est ouvert de 9 h à 16h45, du lundi au vendredi. Il impose des règles de vie, pour permettre une réinsertion ultérieure plus facile : pas d’alcool ou de drogue, pas de violence, respect des horaires, justification des absences.

La journée se déroule de façon variée : des activités et un repas en commun

19 rue de 8-mai-

Redécouvrir son corps

L’hôpital de jour n’est surtout pas un enfermement. Au contraire. Les personnes sortent fréquemment pour aller à la piscine, au mini-golf, sur les sentiers de randonnée, ou ailleurs.

Le sport permet de découvrir son corps, de respecter des consignes, de communiquer avec les autres par le jeu. La piscine est une activité très particulière qui exige le respect de l’hygiène, la découverte du milieu aquatique, la coordination des mouvements. Dans tous les cas il s’agit de reprendre confiance en soi et d’affronter le regard de l’autre.

Ballons, cerceaux : une activité de gymnastique douce est proposée aux personnes. Celles-ci sont orientées dès que possible vers les activités analogues proposées par l’ORPAC   (Office des retraités), l’objectif de l’hôpital de jour étant toujours la réinsertion dans un milieu « normal »

Susciter la curiosité

Pour certaines personnes est proposé un séjour thérapeutique : 6 usagers et deux soignants louent un gîte rural, occasion de préparer le déplacement, de gérer le quotidien (argent, hygiène, courses, repas, etc.), d’appréhender une coupure avec le trantran habituel, d’apprendre à vivre avec d’autres.

Des sorties mensuelles sont destinées à susciter la curiosité, à apprendre à organiser une journée (recherche d’un lieu, tarifs, trajets, horaires). Plus simplement, des randonnées mettent le patient en situation de se mobiliser pour l’effort, de s’adapter aux difficultés, de découvrir un environnement extérieur.

Le repas de midi est pris en commun au Restaurant d’entreprise du CAT, ce qui favorise la rencontre avec les autres, mais aussi l’activité physique (il faut y aller à pieds !)

Petits plaisirs

Toutes les activités proposées aux personnes accueillies sont décidées par l’équipe soignante, avec l’accord de la personne, et en fonction de ses besoins.

Le jardin permet de retrouver des capacités motrices, de partager des savoirs, de retrouver des sensations. Melons, carottes, salades, tomates réveillent le goût. Laurier, sauge, romarin, menthe, absinthe sollicitent l’odorat. Dans des sacs de toile, mystère, qu’y a-t-il ? soie, toile émeri, papier de verre, papier toilette. Retrouver le toucher.

Les cerisiers, les framboisiers, les fraisiers : plaisir des fleurs, promesse des fruits, couleur, odeur, goût et sensation du temps qui passe.

Une personne qui n’est pas malade sait jouir de tous les petits plaisirs de la vie. Une personne malade est souvent cadenassée dans ses problèmes.
L’hôpital de jour tente tout ce qui est possible pour ouvrir cette prison mentale.
Avec succès souvent, tout en sachant qu’il faut beaucoup de temps.

L’aquarium et le bassin offrent le spectacle de la vie .... et la nécessité de nettoyer, de nourrir les animaux.

Hôpital de jour : la salle des co

L’atelier conte cultive l’art de la relation, remet en route l’imaginaire, engage la mémoire, facilite l’expression. Tentures vives aux murs, volets fermés, musique douce : les personnes sont suspendues aux lèvres de la conteuse, puis sont appelées à dessiner le récit. A la séance suivante, elles jouent à leur tour, apprenant ainsi à trouver leurs mots, à être à l’aise, à être elles-mêmes, à découvrir qu’elles sont capables de quelque chose. Un atelier artistique permet d’autres formes d’expression.

Le regard de l’autre

Une activité « hygiène » est proposée aux personnes qui en ont besoin : soit seules, soit accompagnées. Redécouvrir l’hygiène de base, prendre soin de soi, remarquer le plaisir des autres qui, au sortir de la douche, observent spontanément : « Tu sens bon. Tu es bien maquillée, tu es beau, ou belle ». Le regard de l’autre, qui peut détruire, peut aider aussi à se construire.

C’est pourquoi a été mis en place une activité « soins socio-esthétiques », dans le même esprit que le forum « Look et bien-être » qui a eu lieu en novembre 2003 : massage du visage ou des pieds, maquillage, découverte des couleurs ou des formes qui vous vont bien, valorisation de l’image corporelle, etc.

Hôpital de

L’hôpital de jour c’est tout cela : redécouvrir son corps, le mettre en valeur, affronter le regard de l’autre, reprendre confiance en soi, s’exprimer par la parole, les gestes, l’action. Et peu à peu retrouver sa place parmi les autres. L’hôpital de jour peut accueillir les malades pendant un an, deux ans, cinq ans ou davantage, la semaine entière ou quelques jours seulement, point d’appui vers un retour à une vie « normale ».

Coordonnées : 19 rue du 8-mai-1945
44110 Châteaubriant, Tél 02 40 81 80 48


Ecrit le 24 mai 2006

 Le suicide en France

Source : l’enquête de la DREES

Selon une enquête de la DREES (ministère de l’Emploi, de la cohésion sociale), n° 488 de mai 2006, menée par Marie-Claude MOUQUET, et Vanessa BELLAMY, on compte en France 10 664 décès par suicide pour 2003 dont
– 7 943 pour des hommes et
– 2 721 pour des femmes.

Toutefois, les phénomènes de sous-déclaration, estimés aux environs de 20 à 25 %, porteraient ce nombre aux alentours de 13 000

Les décès les plus nombreux dus au suicide interviennent entre 35 et 54 ans, mais constituent la deuxième cause de décès chez les 15-44 ans. Le taux de décès par suicide croît quant à lui fortement avec l’âge.

Au début des années 2000, environ 195 000 tentatives de suicide auraient donné lieu, chaque année, à un contact avec le système de soins. Près de 30 % d’entre elles auraient été vues par les médecins généralistes libéraux et un peu plus de 80 % auraient motivé une venue aux urgences.

Les suicides touchent d’abord les hommes âgés
Les tentatives de suicide sont majoritairement le fait des femmes, surtout jeunes.

Le suicide représentait ainsi près de 3 % de l’ensemble des décès masculins et 1 % des décès féminins,

Cette surmortalité masculine est relativement stable depuis les années quatre-vingt

Au niveau européen, la France occupe une position assez défavorable. En effet, pour l’année 2001, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé, la France se classait au 3e rang de l’Europe des 15 en termes de taux de suicide standardisé selon l’âge (16,1 décès par suicide pour 100 000 personnes), derrière la Finlande et l’Autriche (respectivement 22 et 16,3 pour 100 000). Le Portugal par exemple ne connaît que 6,3 décès par suicide pour 100 000 personnes.

 Maximum entre 35 et 54 ans

Le nombre de suicides est le plus élevé entre 35 et 54 ans, mais le taux de suicide est maximal chez les hommes de 85 ans ou plus

Si l’on parle davantage du suicide des adolescents,
pour lesquels il s’agit effectivement d’une des principales causes de décès à un âge où l’on meurt peu de maladie,
les personnes âgées sont donc, en proportion, nettement plus concernées par le suicide.

Les taux de décès les plus élevés sont par ailleurs le fait des veufs (58,8 pour 100 000), puis des personnes divorcées (37,3), les célibataires et les personnes mariées présentant les taux les plus faibles

Le taux de décès par suicide des hommes est ainsi dix fois plus élevé après 84 ans qu’entre 15 et 24 ans.

Au total, les taux de suicide les plus élevés s’observent chez les hommes veufs, et les moins élevés chez les femmes mariées âgées de moins de 65 ans.

C’est pour la classe d’âge des 25-34 ans que l’importance relative des décès par suicide est la plus élevée avec 21 % en 2002.

Dans cette tranche d’âge, les accidents sont la première cause de mortalité avec 30 % des décès, dont 21 % pour les accidents de la route. Chez les hommes, les accidents (dont une part importante concerne les accidents de transport) prédominent (34 %) et le suicide représente la deuxième cause de décès (23 %).

Chez les femmes les tumeurs malignes (21 %) apparaissent comme la première cause de décès devant les accidents (20 %) puis les suicides (16 %).

Le suicide représente également la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans avec 14 % des décès (41 % pour les accidents de transport). Chez les jeunes hommes de cet âge, la part des décès par suicide est de 15 % et celle des accidents de la route de 45 %.

La part des suicides dans la mortalité générale reste élevée chez les 35-44 ans (15 %), représentant encore la deuxième cause de mortalité (17 % chez les hommes de cet âge). Elle décroît ensuite jusqu’à atteindre 0,3 % chez les personnes âgées de 85 ans ou plus.

Le nombre de suicides pourrait être en augmentation dans les années à venir du simple fait du vieillissement de la population et des taux de suicide élevés enregistrés chez les plus âgés. En outre, des études ont montré, qu’au-delà de l’effet de l’âge sur la propension au suicide, il existait des effets générationnels. En particulier, les générations nées dans l’entre-deux-guerres ont une propension plus faible au suicide alors que celles nées après 1945 semblent y être plus sujettes, en particulier les hommes

 Quel moyen ?

Le mode de suicide le plus fréquent est la pendaison (45 % des suicides de 2002), suivi par l’utilisation d’une arme à feu (16 %) puis l’intoxication (15 %).

Cependant, les modes de suicide demeurent très différenciés selon le sexe : la pendaison reste ainsi le premier mode de suicide chez les hommes quel que soit leur âge. Au contraire, l’ingestion de substances toxiques est le premier mode de suicide chez les femmes entre 25 et 54 ans.

Des taux de suicide plus élevés dans les régions du nord-ouest de la France

Sur la période 2000-2002, douze régions ont un taux supérieur de suicide au moins supérieur de 15 % à la moyenne nationale . Elles appartiennent, pour la plupart d’entre elles, à un grand quart nord-ouest de la France, le taux le plus élevé étant, et de loin, celui enregistré en Bretagne. La région de Châteaubriant est particulièrement touchée voir plus loin

 Tentatives

Les caractéristiques moyennes des personnes ayant fait une tentative de suicide diffèrent fortement de celles des personnes effectivement décédées par suicide. Ces dernières sont, comme on l’a vu, des hommes dans les trois quarts des cas, avec des taux de suicide élevés chez les personnes âgées de 65 ans ou plus.

À l’inverse, les tentatives de suicide sont plus souvent le fait des femmes dès l’adolescence et restent à un niveau élevé jusque vers 55 ans

Ce que ne dit pas cette étude : pourquoi se suicide-t-on ? Quels sont les moyens pour éviter le suicide ?

 Relever les défis

Le suicide n’est pas seulement une tragédie personnelle. C’est aussi un grave problème de santé publique. De 1950 à 1995, le taux de suicide mondial a augmenté de 60 %. Toutes les prévisions montrent que les conduites suicidaires augmenteront de façon spectaculaire au cours de la décennie à venir si l’on ne prend pas de mesures efficaces de prévention.

  Facteurs de risque

Le comportement suicidaire a nombre de causes sous-jacentes.
– • facteurs psychiatriques tels que la dépression grave, la schizophrénie, l’alcoolisme et la consommation d’autres drogues, ainsi que les troubles anxieux ;
– • facteurs biologiques ou caractères génétiques (antécédents familiaux liés au suicide) ;
– • événements marquants (perte d’un être cher, perte d’emploi) ;
– • facteurs psychologiques tels qu’un conflit interpersonnel, des cas de violence ou des antécédents de sévices corporels ou sexuels dans l’enfance, et un sentiment de désespoir
– • facteurs sociaux et environnementaux, et notamment les moyens auxquels on a accès pour se suicider (armes à feu, gaz toxique, médicaments, désherbants et pesticides), l’isolement social et des difficultés financières.

Les groupes marginalisés tels que les minorités, les réfugiés, les personnes sans emploi, les détenus et les personnes sortant de prison, et ceux qui souffrent déjà de problèmes de santé mentale, sont particulièrement exposés.

 Facteurs de protection

Toutefois, la présence de solides facteurs de protection peut réduire le risque de suicide.

Ceux-ci sont liés à plusieurs éléments :
– bien-être affectif,
– intégration sociale par la participation à des activités sportives, des cercles amicaux, des clubs, etc.,
– relations familiales et amicales,
– haute estime de soi,
– aspects physiques et environnementaux tels qu’un bon sommeil, un régime alimentaire équilibré
– et un environnement exempt de drogues, ainsi que différentes sources de plaisir gratifiants.

Source

Les pouvoirs publics consacrent beaucoup d’énergie pour réduire les accidents de la route mais la prévention du suicide est très insuffisante.

Longtemps considéré comme un crime, sanctionné de façon très lourde, le suicide est toujours lié à un sentiment de honte, de culpabilité, de malaise. Que l’idée de suicide soit noble ou détestable, courageuse ou lâche, il n’en demeure pas moins que c’est un problème de santé mentale dont il est nécessaire de tenir compte.

 Le suicide dans la région de Châteaubriant

Une étude a été faite en avril 2005 sur le secteur hospitalier de Châteaubriant c’est à dire sur 8 cantons :
– 6 cantons du Pays de Châteaubriant   (Communautés de Communes de Châteaubriant, Nozay, Derval)
– et 2 cantons de Pouancé et Guémené Penfao.

Sur la période 1996-2000, vingt-et-une personnes se sont suicidées CHAQUE ANNEE.

Le suicide tue plus que les accidents de la route :
 
Suicide : 21 décès /an
Accidents de la route : 15 décès/ an

81 % des suicides concernent des hommes. La fréquence des décès par suicide augmente avec l’âge. Entre 15 et 44 ans il représente déjà 18 % des décès.

La mortalité par suicide, dans la région de Châteaubriant, est supérieure de 62 % à celle qui est observée au niveau national (et en gros de 85 % supérieure à la moyenne européenne).

Sur les 15 territoires de santé des Pays de Loire, c’est dans celui du Mans que l’on se suicide le plus (68 % de plus que la moyenne nationale).

Le territoire de Châteaubriant vient en deuxième position (62 % de plus que la moyenne nationale) suivi de Challans (60 % de plus). St Nazaire est à 37 % de plus et Nantes à 4 % de plus que la moyenne nationale.

Voir sante_chateaubriant

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