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ABRFi : convalescence et repos forcé

Ecrit le 27 novembre 2013

Convalescence, c’est le terme employé par Thierry Martin, dirigeant départemental Force Ouvrière, au sujet des ABRF. Un élément d’espoir donc, mais un temps de repos forcé qui risque de durer.

 Willy remplace Laurent

ABRF Manifestants

Les 54 salariés licenciés ont quitté l’entreprise. Le délégué syndical, Laurent Halet, aussi. Un nouveau délégué a donc été élu le 21 novembre : il s’agit de Willy Delanoë qui était, jusqu’ici, délégué du personnel et qui a suivi toute l’affaire depuis le début.

Willy Delanoë, Thierry Martin

L’entreprise, qui a compté jusqu’à 250 salariés, tourne actuellement avec 82 personnes dont une bonne moitié est en chômage partiel ou partiel-total avec indemnisation à 96 %.

 100 wagons Millet

ABRF - un atelier

L’entreprise Millet - location de wagons et locomotives – a passé commande d’une centaine de wagons porte-ballast. Neufs. Ce qui est toujours plus agréable que la réparation de vieux matériels. Mais la fabrication ne peut pas commencer sur un claquement de doigts : il y a d’abord un travail à faire par un bureau d’études.

La commande ’Millet’ représente 9 millions d’euros. « Les prix sont tirés, mais on nous a dit que nous ne travaillerons pas à perte » dit Willy Delanoë. Mais l’entreprise ABRF doit pré-financer l’achat de la matière première nécessaire à la fabrication des wagons : les Pouvoirs Publics sont donc sollicités, ce fut l’objet de la réunion du 18 novembre (lire ci-contre) où les représentants des salariés n’ont pas été conviés.

[Ndlr : ainsi, quand il est question, dans le communiqué, de « toutes les parties prenantes », on constate que les salariés comptent pour du beurre !]

La commande de 100 wagons va donner une bouffée d’oxygène aux ABRF, du travail pour 6 mois environ. « Mais notre souci, c’est la pérennité de l’entreprise et le maintien de l’emploi à Châteaubriant » dit le responsable FO, Thierry Martin.

Photo : Willy Delanoë – Thierry Martin

 Quelle stratégie ?

ABRF avec les élus

Un des problèmes, c’est que la SNCF n’a pas de stratégie industrielle. 80 % des wagons de frêt sont obsolètes, qui les fera renouveler ? Quand ? Par qui ?
Un autre problème : les tensions dans la direction des ABRF, entre le PDG M. Vinassac « qui fait ce qu’il peut » - et l’actionnaire principal M. Remondeau, toujours actionnaire principal. On avait dit que le plan de sauvegarde de la société, validé le 25 septembre par le tribunal de commerce d’Orléans, prévoyait une recomposition de l’actionnariat. Mais le Conseil d’Administration, où M. Remondeau est majoritaire, n’a pas accepté que M. Remondeau devienne minoritaire !

De plus, M. Remondeau n’hésite pas à dire qu’il laisse le PDG agir mais qu’il n’est pas d’accord ! Rassurant pour les clients potentiels ! M. Remondeau ne cesse de solliciter la SNCF pour qu’elle passe des commandes mais, en même temps, il ne cesse de critiquer la SNCF qu’il voudrait voir …. privatisée. Bref, c’est une atmosphère malsaine dont les salariés font les frais.

Le syndicat FO se garde bien de prendre parti dans ces désaccords, ce qu’il souhaite « c’est le maintien du boulot à Châteaubriant coûte que coûte ».

L’entreprise ABRF est compétitive en ce qui concerne ses prix. Elle a du personnel qualifié. Elle a un réel savoir-faire dans la réparation des essieux, dans la fabrication des porte-auto, de porte-containers, de citernes, etc. Elle a le terrain nécessaire. Il ne manque qu’une volonté industrielle !

 Actionnaires

Les salariés sont inquiets, car la charge de travail actuelle est faible et la réalisation de la commande de 100 wagons porte-ballast ne va pas commencer avant 2014.

Les salariés sont amers aussi, rappelant qu’ils sont actionnaires de l’entreprise (actionnariat obligatoire !) et que leur travail, notamment la rémunération des heures supplémentaires quand il y en avait, a alimenté leurs ’bas de laine’. Mais l’opération a été bien verrouillée : impossible de récupérer quoi que ce soit. Ceux qui ont quitté l’entreprise sont partis sans rien. Ceux qui restent n’ont aucune possibilité d’obtenir quoi que ce soit. Ils ont donc travaillé pour les beaux yeux de l’entreprise, sans même avoir droit à un sourire de la belle.

Et ils savent que l’entreprise a un passif de 18 millions d’euros, qu’il va falloir apurer sur dix ans. Si l’entreprise réussit à dégager les fonds nécessaires.

Donc convalescence, oui, mais dans la tête les soucis continuent à danser la sarabande.


Ecrit le 27 novembre 2013

 Une réunion de travail à la sous-préfecture

Entièrement engagé sur le dossier ABRFI, Yves Daniel, avec le soutien du sénateur Ronan Dantec, a mobilisé le commissaire au redressement productif de la Région et l’Etat, pour organiser une réunion de travail avec toutes les parties prenantes. Elle a eu lieu le 18 novembre dernier à la sous-préfecture de Châteaubriant. Tous les acteurs étaient présents :

  • - les dirigeants des ABRFI,
  • - la direction régionale de la SNCF et sa branche développement,
  • - les représentants des collectivités territoriales – commune (Alain Hunault, Maire de Châteaubriant), Conseil Général (Gilles Philippot, Vice-président), Conseil régional – et de l’Etat,
  • - ainsi que les parlementaires, Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique, vice-président de la commission du développement durable, des infrastructures, de l’équipement et de l’aménagement du territoire au Sénat, et Yves Daniel, député, à l’initiative   de cette réunion.

Les représentants de l’entreprise ont d’abord fait un état des lieux et exposé la situation actuelle. Des discussions se sont ensuite engagées sur les modalités de reclassement des salariés concernés par le Plan de Sauvegarde pour l’Emploi et sur les moyens de diversifier l’activité de l’entreprise, au-delà du contrat pour la construction de 100 wagons signé récemment. Un travail de coopération sera initié très prochainement entre la SNCF, l’entreprise et le commissaire au redressement productif. Les collectivités territoriales, les élus et l’Etat ont décidé de s’y associer.

Cette implication traduit la volonté commune à tous les échelons - local, départemental, régional et national - de trouver des solutions durables pour assurer la pérennité de cette entreprise dont l’activité est primordiale pour le tissu économique et l’emploi de notre circonscription rurale.

(communiqué de Yves Daniel)


Ecrit le 27 novembre 2013

  Trop d’impôt !

Le Medef est le premier à crier « trop d’impôt » mais, dès qu’elles sont en difficulté, les entreprises font appel aux collectivités locales pour des subventions, ou l’achat d’un terrain ou la construction d’un bâtiment à des prix intéressants. Ces aides viennent des impôts. Baisser l’impôt, ce serait baisser aussi les aides aux entreprises. Celles-ci sont bien servies, sous prétexte de défendre l’emploi.

Par exemple avec le Crédit impôt compétitivité emploi (CICE) accordé sans aucune contrepartie, sans aucune condition : la masse salariale des entreprises va baisser de 4 % que les contribuables vont payer par une hausse de l’impôt indirect le plus injuste qui soit : la TVA !