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Mée-disances du 30 octobre 2013

Ecrit le 30 octobre 2013

 Grève des clubs de foot

 
L’Humanité.fr du 24/10 : Les clubs de football professionnels français ont décidé de se mettre en grève le week-end du 29 novembre pour protester contre le projet de taxe à 75% sur les revenus de plus d’un millions d’euros. […]. Les clubs pros vont organiser un lobbying intensif pour expliquer aux fans les raisons de ce mouvement. Ils demandent « aux pouvoirs publics l’abandon du projet de la taxe à 75% », votée par les députés.[…]
 
« Les records en matière de salaires et d’indemnités de transferts d’une minorité de stars explosent à chaque mercato et occultent la précarité du plus grand nombre des travailleurs sportifs. » Le responsable de la commission Sport au PCF explique : « Depuis l’arrêt Bosman en 1995 et la libéralisation du marché des footballeurs, le montant total des transferts en Europe est passé de 400 000 euros à plus de 2 milliards d’euros. C’est l’un des marchés les plus dérégulés de la planète, avec une mainmise de la finance et une avancée inquiétante de la corruption et du blanchiment d’argent lié aux paris sportifs. »
 
La dite taxe à 75%, qui ne porte en fait que sur la partie de la rémunération supérieure à un million d’euros, est bien maigre. D’impôt sur les très hautes rémunérations, c’est devenu une « contribution exceptionnelle de solidarité », qui ne s’appliquera que pendant deux ans, sur les rémunérations de 2013 et 2014. Un rendez-vous entre les patrons de clubs et le président de la république est prévu la semaine prochaine. La taxe rapporterait 44 millions d’euros pour la 1re division…

 Pigeons dopés

 
Lexpress.fr du 25/10 : Le dopage transcende les disciplines. Les pigeons voyageurs belges, dont les champions de vitesse valent plusieurs centaines de milliers d’euros, n’échappent pas au phénomène : six d’entre eux viennent d’être contrôlés positifs, dont un à la cocaïne. 
 
Après une visite de travail au laboratoire sud-africain « The National Horseracing Authority of Southern Africa », la Fédération colombophile belge a décidé d’y envoyer une vingtaine d’échantillons pour un contrôle. Alors que les tests effectués en Belgique sur les mêmes échantillons n’avaient rien révélé, le laboratoire sud-africain a découvert des traces de produits interdits différents dans six d’entre eux : « Cocaïne pour l’un, un antidouleur et antifièvre pour un autre ». 
 
La colombophilie, qui a une longue tradition en Belgique, a connu un essor économique exceptionnel ces dernières années avec l’arrivée sur le marché de riches collectionneurs chinois. En mai, l’un d’entre eux a déboursé 310 000 euros pour s’offrir « Bolt », le dernier champion issu des pigeonniers belges. Cette arrivée massive d’argent entraîne aussi des dérives : vols dans les élevages, rackets par des intermédiaires sans scrupule et donc dopage. Ce phénomène du dopage n’est toutefois pas vraiment neuf : en 2003, l’ancien champion du monde cycliste Johan Museeuw avait été convaincu d’usage de produits interdits à l’issue d’une enquête partie de soupçons de trafic d’hormones dans le milieu agricole, le peloton cycliste, les courses de chevaux et... de pigeons.

 Fondateur encombrant

 
NouvelObs.com du 24/10 : Le distributeur de parfums et de cosmétiques Marionnaud s’est publiquement désolidarisé jeudi 24 octobre de son fondateur, Bernard Marionnaud, qui se présentera comme tête de liste pour le Front national lors des élections municipales de 2014. « L’en-seigne Marionnaud, qui est la propriété du Groupe AS Watson depuis 2005, tient à préciser que les prises de position publiques comme les engagements politiques de Monsieur Bernard Marionnaud n’engagent que lui », a insisté le groupe dans un communiqué.
 
Le Front national avait dévoilé lundi ses listes pour les municipales dans les Hauts-de-Seine, un département qu’il aimerait ravir à la droite et où il présente 14 têtes de listes, contre une seule lors du précédent scrutin. Parmi elles, Bernard Marionnaud, 77 ans, qui s’était déjà présenté aux municipales en 2001 sous l’étiquette divers droite, avant de rallier une liste centriste au second tour. En 2008, il avait cette fois rallié un candidat UMP.
 
La radicalisation du fondateur historique embarrasse la marque Marionnaud, qui précise que « depuis 1996, date à laquelle il a cédé ses 31 magasins et le nom de l’enseigne, il n’a plus aucune responsabilité dans la conduite de l’entreprise ». La chaîne, qui compte 1.100 magasins dans 11 pays d’Europe, souligne que ses « seuls engagements revendiqués » sont d’ordre caritatif.

 Pétition - business

 
Rue89 du 15/10 : Si le site de Change.org ressemble à celui d’une ONG (Organisation Non Gouvernementale), cette plate-forme de pétitions en ligne, qui compte en France deux millions d’inscrits, est une petite multinationale. Fut un temps pas si vieux, où on signait les pétitions dans les manifs, à la Fête de L’Huma, ou pour faire plaisir à des amis militants d’Amnesty International... Internet a définitivement ringardisé cette habitude, même si elle perdure. Le déroulement d’une campagne réussie de Change.org, plate-forme mondiale de pétitions en ligne avec une version française s’appuie autant sur le bouche à oreille et la diffusion virale que sur les médias pour engranger les signatures. Et en bout de chaîne, faire tourner la boîte.

Le site ressemble fort à celui d’une ONG, mais Change.org est bien une entreprise. Dirigée depuis 2007 par un jeune patron de la Silicon Valley, Ben Rattray, elle a connu une croissance extraordinaire, jusqu’à devenir une petite multinationale de l’économie sociale et solidaire, employant 150 salariés dans le monde.
 
Le parcours de Change.org et de son fondateur lui a valu d’entrer dans le petit monde des « 100 personnes les plus influentes » du magazine Time en 2012.

Aux États-Unis, la notoriété du site a décollé quand la pétition pour Trayvor Martin a dépassé les deux millions de signatures en mars 2012. Plus de 25 000 pétitions en ligne sont créées chaque mois, sur des sujets variés. Au total, Change.org enregistre 45 millions d’inscrits. […]
 
De 60 000 utilisateurs français, le site est passé à 2 millions d’inscrits en un an. Une véritable explosion qui a permis le développement d’un service payant destiné aux ONG. C’est par ce biais que l’entreprise gagne de l’argent. Voici comment ça fonctionne : créer, signer et diffuser une pétition est gratuit ; il suffit de s’inscrire. La richesse de Change.org, c’est sa base de données. Le site propose à de grosses ONG (type Amnesty, Médecins du monde, Care, etc.) de payer pour adresser des pétitions sponsorisées à un public ciblé.
 
Si vous êtes inscrit sur Change.org et que vous avez signé la pétition contre la pollution de l’air à Marseille, vous êtes répertorié comme un signataire sensible aux questions environnementales. En signant, vous pouvez accepter d’être sollicité à l’avenir par la même ONG. […]
 
Une dizaine d’ONG aurait souscrit à ce service en France. Combien déboursent-elles ? Combien ça rapporte ? […] Au siège du groupe, la discrétion est de mise. En 2012, Forbes évoquait « 300 clients payants » et 15 millions de dollars de recettes cette année-là. Mais, soulignait récemment le magazine américain Wired, « Change.org n’a pas dévoilé combien lui rapporte exactement l’achat de ses services », même si Ben Rattray « confirme que certains sponsors paient des centaines de milliers de dollars ».

Prochaine étape : la pétition sponsorisée par ... les signataires eux-mêmes, en phase de test. En payant, les lanceurs et leurs soutiens peuvent améliorer la visibilité de leur message sur le site.

En mai 2013, la fondation philanthropique du fondateur d’eBay, Pierre Omidyar, a investi 15 millions de dollars dans Change.org. L’homme d’affaires y décèle sans doute un projet d’avenir.