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Benêts rouges

Trois chiffres en Bretagne

Ecrit le 13 novembre 2013

La révolte des Benêts rouges, en Bretagne, pose question : la Bretagne, 5 % du territoire national, n’est-elle pas victime de sa politique agricole intensive ? Le magazine Terra Eco pointe trois chiffres : l’importation du soja, le coût de l’énergie, la production de nitrates.

Pour nourrir les animaux d’élevage, la Bretagne importe 2,2 millions de tonnes de soja, soit presque la moitié des importations françaises (environ 4,63 millions de tonnes par an) ! Ainsi 3 millions d’hectares de terres sont cultivées en Amérique du Sud uniquement pour nourrir les animaux bretons. Ces importations coûtent de plus en plus cher aux agriculteurs puisque le prix du tourteau de soja est en hausse continue, il coûte presque trois fois plus aujourd’hui qu’en 2008.

L’agriculture bretonne est aussi la championne de France de la consommation d’énergie. Selon un indicateur du ministère de l’Environnement, l’agriculture bretonne en consomme plus de deux fois plus que la moyenne nationale (0,14 tonne équivalent pétrole/million d’euros contre 0,06 en France). Or c’est justement le coût de l’énergie - qui ne cesse de grimper - qui fragilise l’agriculture française.

On trouve 40 mg de nitrates par litre dans les cours d’eau bretons. C’est presque 10 fois plus qu’en 1971 (5 mg) et presque deux fois plus que la moyenne française actuelle (23 mg). En produisant 58% des porcs français, la Bretagne – qui ne représente que 5% du territoire national - doit subir une pollution aux conséquences écologiques énormes. Et qui, elle aussi, a un coût : celui du traitement des eaux polluées ou du ramassage des algues vertes, ou encore des sanctions européennes qui menacent la France pour non-respect des directives environnementales.

Changer de modèle

La confédération paysanne déclare : La concentration massive de l’élevage sur la région Bretagne, avec de gros volumes de production a provoqué des dégâts en Bretagne mais aussi, par ricochet, sur toute l’agriculture française. Cette crise n’est que la suite logique de ce processus engagé il y a 40 ans !

Ce système a fait, et continue de faire, des victimes : les travailleurs. Les travailleurs de la terre que sont les paysans et les travailleurs de l’agro-alimentaire. Mais il a aussi fait les beaux jours des industriels, des actionnaires et des financiers de l’agro-industrie, qui semblent bien partis pour continuer à en profiter.

Il est temps de prendre un peu de hauteur. La Bretagne a effectivement grand besoin de soutien, mais pas de celui-là. La production doit y être réorientée pour créer de la valeur ajoutée, régulée et maîtrisée en fonction des besoins réels des consommateurs et de la nécessaire rémunération des travailleurs. Ce n’est qu’à cette condition qu’à terme, paysans et salariés bretons pourront regarder l’avenir sereinement.