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Grappillages du 18 décembre 2013

Ecrit le 18 décembre 2013

 Peugeot fait battre le patronat en retraite

 
Le canard enchaîné du 11/12 : Que représentent les 21 millions que le groupe Peugeot voulait placer pour assurer à son ancien pédégé, Philippe Varin, une confortable retraite chapeau ? En triturant leur calculette, les experts du patronat (puis ceux de l’Élysée) ont constaté que cette obole aurait été égale à 0,5 % de la masse salariale du groupe Peugeot-Citroën en France. Soit beaucoup plus que l’augmentation de la cotisation retraite décidée, fin août, par le gouvernement (0,15% en 2014 puis trois années à 0,05%). Augmentation dénoncée, comme de juste, par les organisations patronales. Une comparaison un peu acrobatique, mais qui a plongé les grands patrons dans l’embarras.
 
Après une rencontre discrète avec le président de la République, le 30 octobre, cinq des principaux responsables d’organisation patronale lui avaient en effet écrit une bafouille, datée du 18 novembre, pour lui demander d’organiser en janvier une grande « manifestation », de type états-généraux, sur la compétitivité des entreprises. Principale proposition, mentionnée noir sur blanc : « alléger le coût du travail au-delà du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) ». En clair : réduire les charges sociales. Principaux signataires, dans l’ordre : Pierre Gattaz, suivi de Philippe Varin et du successeur, à la tête de Croissance Plus, de Geoffroy Roux de Bézieux, l’actuel vice-président du Medef.
 
La retraite à rallonge de Varin tombe à pic pour clouer le bec de ces pourfendeurs des charges sociales. D’autant que Varin n’est pas seul : Roux de Bézieux a siégé au comité des rémunérations du groupe PSA qui a entériné ce cadeau de départ. Le grand raout sur la « compétitivité » n’aura donc fait qu’un petit tour. Un proche de Hollande se gausse de la balourdise des galonnés du patronat. « Ils ont fait le job pour nous », ricane-t-il.

 Nouveau scandale policier

 
leMonde.fr du 09/12 : Christian Flaesch, qui règne sur le fameux 36, quai des Orfèvres, a averti M. Hortefeux qu’il allait être convoqué par un juge. Cette convocation devait porter sur une enquête instruite à Paris autour du soupçon de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par le régime de Kadhafi, en Libye. L’appel téléphonique de M. Flaesch a été découvert, car M. Hortefeux avait été placé sur écoutes. Trois conversations ont ainsi été enregistrées, dénotant une grande proximité entre les deux hommes. Ces échanges ont provoqué la fureur du juge d’instruction, qui a signalé les faits au Parquet.
 
L’affaire survient alors qu’une guerre de succession semble faire rage à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Christian Flaesch avait été nommé patron de la PJ parisienne sous Nicolas Sarkozy, puis maintenu à ce poste par Manuel Valls. Son nom était cité pour prendre la tête de la DCPJ. Ces dernières années, la haute hiérarchie de la police, lieu stratégique pour tous les pouvoirs, a vu son indépendance contestée dans plusieurs dossiers.
 
Ndlr : si les juges se mettent à écouter les poulets… !

 Le courrier ne rapporte plus rien à La Poste

 
Lesechos.fr du 13/12 : L’entreprise publique La Poste vit un tournant historique que la direction a souligné lors de la présentation du budget 2014 en conseil d’administration : « Pour la première fois, l’activité courrier ne couvre plus les coûts du service universel postal ». Ce service universel postal fait partie des 4 missions de service public assignées à La Poste, au même titre que la distribution de la presse, l’accessibilité bancaire et la contribution à l’aménagement du territoire. Pour les usagers, cela se traduit notamment par une collecte et une distribution du courrier 6 jours sur 7, sur l’ensemble du territoire, et en J + 1 dans 90 % des cas.
 
Cette mission a un coût pour La Poste, notamment pour garantir l’accessibilité du service postal même dans les zones rurales les plus reculées. Sans cette mission de service public, La Poste, en se concentrant sur les zones les plus rentables, pourrait en théorie employer moins de facteurs et fermer des milliers de bureaux de poste. Des modèles ont été bâtis pour calculer ce coût : selon un administrateur, il aurait été évalué à 448 millions d’euros net cette année, et 471 millions l’année prochaine.
 
[…] L’activité courrier a longtemps assuré à La Poste de solides résultats, qui justifiaient que l’État ne mette pas la main à la poche. Mais le recul régulier du nombre de lettres expédiées a peu à peu sapé ce modèle. Selon la direction, l’excédent brut d’exploitation du courrier (hors filiales) est désormais inférieur à ce que coûte le service universel postal. Cette mission de service public devient donc en théorie, comme les autres, éligible à une compensation. Hélas pour elle, La Poste n’est pas près de voir la couleur de l’argent. Le scénario avait certes été prévu par la loi de 2010, qui avait préparé La Poste à l’ouverture du marché du courrier. Le texte prévoit donc que La Poste bénéficie d’un fonds de soutien… alimenté par ses concurrents. Or aucun n’est venu se frotter au marché du courrier et la situation ne devrait pas changer.
Le dernier contrat d’entreprise entre l’État et La Poste, signé en juillet dernier se contente de mentionner que les deux parties « partagent la volonté de maintenir l’équilibre de cette mission », et prévoit de faire le point en 2015 et « adapter le cas échéant » le contrat.

Seules deux voies sont possibles, estime un syndicaliste : soit l’État accepte de subventionner le service postal universel, soit il réduit les exigences qu’il fait supporter à La Poste, en supprimant par exemple la tournée du samedi, ou en passant l’acheminement à J + 2.

Un chemin suivi par certains pays, mais qui serait sans doute risqué politiquement.

 Conduite de fauteuil roulant en état d’ivresse

 
Le figaro.fr du 13/12 : Alors qu’il rentrait chez lui en fauteuil roulant après une soirée arrosé, un étudiant norvégien s’est fait arrêter par la police. Jusque là, tout va bien… Sauf que Thorgeir Benjaminsen, 20 ans, roulait sur la chaussée. « Normalement, je roule sur le trottoir mais là, il y avait de la neige et j’ai donc emprunté un tronçon de la chaussée en me disant que je remonterais sur le trottoir un peu plus loin, où la neige avait été déblayée », a-t-il déclaré.
 
Le soupçonnant d’être ivre -ce qu’il admet- mais aussi d’avoir volé l’engin, la police de Molde, ville de l’Ouest de la Norvège où ont eu lieu les faits, l’a intercepté puis conduit à l’hôpital pour un contrôle éthylique. Il a ensuite été ramené chez lui, après s’être vu confisquer le quadrimoteur, dont la vitesse ne dépasse pas... 10 km/h. Le jeune homme n’a pu récupérer son fauteuil roulant motorisé que quatre jours plus tard, le temps d’être blanchi des accusations de vol. Atteint de dystrophie musculaire et à la mobilité extrêmement réduite, il n’a pas pu se déplacer pendant tout ce temps.
 
La police déclare n’avoir pas encore décidé si elle donnerait des suites à l’affaire d’alcoolémie. [...]. La Fédération norvégienne des personnes handicapées a estimé que de telles poursuites ne seraient pas conformes à la loi, qui assimile les individus en fauteuil roulant motorisé à des piétons.

 Chapeau, la retraite !

Le canard enchaîné du 11/12 : Anne est doublement vernie. Cette francilienne, qui touche la pension de réversion de son défunt conjoint, a aussi droit à un complément de rente, une bien nommée « pension de survie », qui atteint la fabuleuse somme de… 84 centimes par trimestre.

Pour lui « garantir une gestion plus efficace » de ce pactole, son organisme de retraite, Réunica, vient de lui proposer une affaire en or : lui verser le magot en une seule fois, plutôt que par trimestre. Cela lui assurerait un capital de 50,75 euros à toucher d’un coup.

Les pédégés et leurs retraites chapeaux peuvent se rhabiller…