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Agriculture, l’incohérence des céréaliers

Ecrit le 27 novembre 2013

 Les gros céréaliers d’Ile de France ont tenté un blocus de Paris

Les gros céréaliers d’Ile de France ont tenté un « blocus de Paris » pour manifester un « ras-le-bol fiscal » et protester, contre la redistribution des aides de la PAC (politique agricole commune).

Selon Le Figaro du 21/11, le revenu moyen des agriculteurs en Ile de France est de 97 800 € (revenu moyen avant impôt) en 2012, quand il est de 31 900 € en Pays de Loire et 15 000 € en Limousin.

Ras-le-bol fiscal ? Faut-il rappeler qu’une partie des impôts alimente le budget de l’Union Européenne … et que celui-ci reverse des primes aux agriculteurs, selon la PAC (politique agricole commune). « Comment oser se plaindre quand ces primes PAC représentent 50 à 70 € par heure de travail pour un céréalier moyen contre 5 à 7 € pour un éleveur et presque zéro pour un viticulteur ou un maraîcher ? » demande le syndicat Confédération Paysanne de la région Rhône-Alpes.

Redistribution de la PAC ? Le bassin parisien est très fertile et propice à l’agriculture céréalière extensive. Or, les aides européennes sont calculées à l’hectare. Jean Glavany, ancien ministre de l’agriculture, rappelle que les céréaliers d’Ile de France sont les plus subventionnés et que « 80% des primes PAC vont à 20% des plus gros agriculteurs ». En Île-de-France, 58% de la production vient de grandes cultures.

  les manifs de céréaliers sont des manifestations de riches

Pour Yanick Jadot, député européen (EELV), « les manifs de céréaliers sont des manifestations de riches ». La redistribution est fort timide. « Nous réclamions un plafonnement à 100 000 euros par exploitation. Nous ne l’avons pas obtenu. Les changements pour lesquels nous nous sommes battus : des aides aux petites exploitations, aux jeunes qui s’installent, à un modèle de production respectueux de l’environnement, à une alimentation de qualité… ne se feront qu’à la marge et pas assez vite. Il ne faut pas que ce soit des modèles de production comme celui du volailler Doux, ou les grands céréaliers et l’agriculture sous perfusion chimique, qui continuent d’emporter la mise ».

La Confédération Paysanne explicite, dans une lettre ouverte à Fr.Hollande : « Vous aviez, avec le cadre imposé par l’Union européenne, la possibilité de changer l’orientation de l’agriculture. De donner une chance au secteur d’être à nouveau porteur d’avenir avec des emplois nombreux dans des territoires ruraux vivants. Vous pouviez choisir une convergence à 100% et la fin rapide des références historiques qui auraient permis de supprimer des disparités héritées d’un autre temps. Des aides couplées ciblées et plafonnées sur la base des revenus agricoles auraient pu assurer la diversité de notre agriculture en redonnant du souffle, en particulier, à l’élevage de petits ruminants et aux producteurs de fruits et légumes. Une majoration conséquente sur les premiers hectares aurait permis de rééquilibrer la balance, suite à la convergence, entre grands exploitants et petites/moyennes fermes. Elle aurait favorisé l’emploi, concrètement. Mais pour la première fois, par votre arbitrage, la France va moins loin que l’Union Européenne ».

« Vous connaissez nos revendications, en particulier la majoration des premières unités, le plafonnement des aides et la prise en compte de l’actif paysan, pour une agriculture qui fasse vivre ses paysans, qui soit créatrice d’emplois, dans des territoires vivants et un environnement respecté » dit encore la Confédération Paysanne.

Rien à voir avec les manifs des céréaliers !

Les revenus des agriculteurs