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Municipales : la santé à Châteaubriant

Ecrit le 27 novembre 2013

 La santé à Châteaubriant ?

Une campagne électorale : c’est chouette. Cela permet d’agiter des idées ! C’est donc que, sous le glacis mis en place par le maire sortant, il reste, à Châteaubriant, quelques fleurs vivaces. A la réunion « santé » de Maxime Lelièvre, il y avait 45 personnes pour écouter les intervenants :
Jean-René Toumelin (JRT), Richard Bataille (RB), Michel Langeard (ML), Maxime Lelièvre (M) et l’assistance (A).

[Ndlr : étrangement, aucun d’eux n’était présent à la réunion du Conseil de Développement sur la désertification médicale, alors qu’ils étaient tous invités ... esprit partisan sans doute !]

 Le tissu médical

Ayant été un responsable national et régional dans le milieu de la Santé, Richard Bataille, PDG de la Clinique Sainte Marie, dit que « Châteaubriant est devenu un territoire de proximité. Le financement par la Sécurité Sociale des infrastructures de santé a progressivement laissé l’Etat lui-même reprendre son administration : aujourd’hui le contrôle s’opère par l’ARS  , Agence Régionale de Santé, qui clairement décide de tout. Par ailleurs, un tissu de spécialistes compose la sphère médicale de la ville, et de tout le pays castelbriantais ». Aujourd’hui à Châteaubriant, on trouve un hôpital, une clinique, un plateau technique de radiologie, un laboratoire d’analyses, et un réseau de généralistes et de spécialistes, un ensemble donc très correct pour un territoire rural. RB affirme « On a quelque chose d’extraordinaire » mais il continue « Tout ce que l’on a est éminemment fragile. Il nous faut des clients. On a donc intérêt à avoir une démographie dynamique sur Châteaubriant avec un premier cercle composé de plus de 15 000 habitants ».

Le facteur démographique est donc fondamental, de même que la confiance des patients en son tissu médical. Par rapport aux grands pôles de Nantes, Rennes, Angers, « l’attractivité de Châteaubriant est fondamentale. Il nous faut être bons, être aussi bons qu’eux ».

Et RB met en garde : « Dans un petit centre comme Châteaubriant, si un des piliers du pôle de santé s’écroule, on est fichus : la maternité, la chirurgie et la médecine de court séjour. Sans ces éléments, tout est fini. »

 Les mentalités ont changé

Jean René Toumelin (JRT), chirurgien-dentiste, rappelle que, autrefois « la préoccupation d’un spécialiste était de reprendre le cabinet d’un confrère. Travailler pour rembourser ses emprunts. Un travail 5 jours par semaine, 3 semaines de vacances quand on trouvait un remplaçant. Sans s’en plaindre, on ne se posait pas de questions. Mais les choses ont évolué, la mentalité de la profession avec. Aujourd’hui un jeune diplômé ne souhaite plus travailler seul. Il recherche l’association et le soutien des collègues. Il travaille 3 ou 4 jours par semaine, cela entraîne des transformations profondes : les cabinets changent, les locaux exigés sont plus difficilement réalisables, ils doivent répondre à des normes importantes, les jeunes professionnels les souhaitent plus grands, avec du matériel de radiologie, de stérilisation. En outre la législation pose ses contraintes (accessibilité).

Un dentiste ne peut plus guère travailler seul. Par exemple, s’il fait des implants, il a besoin d’une coordination avec un ORL, un radiologue, un laboratoire d’analyses, en amont, pendant et après une intervention médicale... Il y a donc une interdépendance qui appelle une réunion des professionnels. C’est un confort rassurant pour les patients ». D’où le projet qui émerge : une maison de santé à Châteaubriant.

 Projet d’une maison médicale

Michel Langeard (ML) précise qu’on n’en est encore qu’à une ébauche de projet.

  • 1/ « La démographie médicale la nécessite : 2 cabinets médicaux ne vont pas être remplacés, 1 pédiatre, 1 gynécologue sont également sans remplaçant ».
  • 2/ « La mutualisation du matériel médical est une évidence »
  • 3/ « L’attractivité de la ville est à revoir. Une maison médicale est un bassin d’emplois et de développement économique évident ».
  • 4/ « La mentalité de la profession médicale a profondément changé : majoritairement aujourd’hui, le jeune praticien refuse la solitude ».

C’est un projet mais il n’est pas simple à construire. [Ndlr : la Com’Com’   de Nozay a engagé cette réflexion depuis 2004 et la construction est en cours]

Que peut faire le politique (Maxime Lelièvre ) : « Le politique devra se soucier de préserver l’indépendance de la profession médicale dans la construction de ce projet qui lui tient à cœur. Mais notre action ne peut se résumer à l’inaction. Au contraire, le politique se devra d’agir sur l’environnement de ce projet, sur ses facteurs de réussite extérieure. Ainsi augmenter le rayonnement de la ville, augmenter son champ d’attractivité, élargir le territoire d’influence de la collectivité sont des solutions évidentes. Le maire de la ville se devra de proposer via une politique d’urbanisme volontariste l’installation des nouveaux médecins ».

 Débat avec l’assistance

Question : (A) Maison médicale et Hôpital : même chose ?
Réponse (RB). Un hôpital n’a pas toutes les spécialités. Il n’y a pas de dermatologue par exemple. Regrouper toutes les spécialités permettra une meilleure identification par la population et la maison médicale offrira des services toujours disponibles.

Question : (A) Un coaching/parrainage pour les jeunes étudiants ? Pour les faire revenir à Châteaubriant et s’installer ?
Réponse (ML) : C’est une idée à exploiter mais je ne crois pas que cela soit suffisant. Un étudiant souhaite avant tout voyager, voir et découvrir. La maison médicale est un projet d’avenir. JRT ajoute que l’Etat propose déjà ce genre de chose, en incitant l’installation dans les déserts médicaux.

Quelqu’un dans l’assistance rappelle que les études de médecine coûtent cher à la collectivité et qu’il serait normal que, en échange, les jeunes médecins s’engagent à exercer un certain temps dans une zone sensible. Il souhaite que l’exercice en milieu rural fasse partie de leur formation de base … mais cette réflexion ne recueille pas l’assentiment des médecins présents. [ Ndlr : Les incitations financières pourraient se doubler de quelques contraintes !]
(RB) : « Obliger n’est pas la solution ; des maisons médicales sont la solution. L’exemple a fait ses preuves ».

Maxime Lelièvre : « Il faut avoir une vision pour Châteaubriant, il faut travailler à ouvrir la ville à ses futurs habitants, ouvrir le pays castelbriantais à d’autres communes, mais également l’ouvrir à sa jeunesse partie autrefois pour les études. Il faut faire aimer cette ville ».
Il poursuit : « Le changement de moeurs n’a pas été anticipé par les pouvoirs publics. Le numerus clausus n’est plus adapté aux exigences de notre temps et de nos futurs praticiens ».

Quelqu’un dans l’assistance, affirme : « le service public doit avoir à cœur d’assumer son rôle. La population de Châteaubriant est spécifique : la vaccination en baisse, les addictions à l’alcool sont parmi les plus fortes du territoire ligérien, le taux de suicide est enfin très élevé. La solution est donc des actions ciblées, spécifiques. La PASS (permanence d’accès aux soins de santé) existe à Châteaubriant mais n’est pas soutenue. Je me demande si la communauté médicale est capable de répondre aux attentes, aux besoins, aux nécessités de la population castelbriantaise ».

Richard Bataille (RB) : la coopération publique-privée est ici effective. Il faut maintenant des praticiens qui fassent le travail de passer du privé au public quelques heures par semaine. Un dermatologue devra par exemple nécessairement faire ce changement.

(RB) Enfin pour revenir à la spécificité de la population castelbriantaise, on constate de manière alarmante aujourd’hui, à la clinique, que 20% de la patientèle est sous le régime de la CMU (couverture maladie universelle) ou droits particuliers alors que la moyenne nationale est 8%.

[Ndlr : faut-il s’en étonner quand on voit les niveaux de revenus ? Relire La Mée du 20 novembre 2013].

(article rédigé à partir des notes prises à la réunion et du compte-rendu fourni par Maxime Lelièvre)