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L’Adieu à Nelson Mandela

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Ecrit le 11 décembre 2013

Nelson Mandela est décédé le 5 décembre 2013, la Ligue des Droits de l’homme rend hommage « à celui qui fut, et reste, l’une des plus magnifiques incarnations de l’humanité ».

« De la prison de Robben Island à la présidence de l’Afrique du Sud, la vie de Nelson Mandela a été marquée par son combat pour la liberté, qu’il ne concevait pas sans l’égalité. Sous le régime de l’apartheid, qui combinait à la fois le racisme biologique le plus sophistiqué et l’exploitation économique la plus systématique, ces deux mots relevaient d’un challenge cruel et, à première vue, insurmontable.
Le courage, la détermination de Nelson Mandela et de ses camarades de lutte – défenseurs des droits, mineurs, populations des townships – en sont pourtant venus à bout, sans jamais perdre de vue qu’il faudrait, une fois la victoire venue, préserver l’unité de l’Afrique du Sud, construire la justice et non la vengeance ; enfin, là où régnait une hiérarchie des races, faire place à l’égalité et à la fraternité.

Avec la mise en place, après la fin de l’apartheid, de la commission « Vérité et réconciliation », Nelson Mandela a indiqué que tout avenir commun doit reposer sur la mémoire et non sur l’oubli des crimes commis.

La Ligue des droits de l’Homme s’incline devant la dépouille de celui qui fut un révolutionnaire, un immense défenseur des droits, l’incarnation de la marche d’un peuple vers sa dignité et sa liberté.

(fin de communiqué)


 Souvenirs

Nelson Mandela

Devenu avocat, le jeune Nelson Mandela participe à la lutte non violente contre les lois de l’apartheid, mises en place par le gouvernement du Parti National. En 1960, ce dernier frappe d’interdiction l’ANC (African National Congress). Constatant que la lutte pacifique n’apportait pas de résultats tangibles, Nelson Mandela décide en 1961 de fonder la branche militaire de l’ANC qui entreprend une campagne de sabotage contre des installations publiques et militaires. Le 20 avril 1964, Nelson Mandela répond de chefs d’accusation graves : sabotage, haute trahison et complot. Aux côtés de 19 dirigeants de l’ANC, le leader du parti politique est le premier à prendre la parole dans le tribunal de Pretoria. Il dit :

« La souffrance des Africains, ce n’est pas seulement qu’ils sont pauvres et que les Blancs sont riches, mais bien que les lois qui sont faites par les Blancs tendent à perpétuer cette situation. (...) Par dessus tout, nous voulons des droits politiques égaux, car en leur absence notre handicap sera permanent. Je sais que cela paraît révolutionnaire aux Blancs de ce pays, car la majorité des électeurs seront des Africains. Ce qui fait que les hommes blancs craignent la démocratie. Mais cette peur ne doit pas se placer au travers de la voie de la seule solution qui garantira l’harmonie raciale et la liberté pour tous. Ce n’est pas vrai que le droit de vote pour tous se traduira par une domination raciale. Le clivage politique fondé sur la couleur de la peau est totalement artificiel et quand il disparaîtra, dans un même mouvement la domination d’un groupe de couleur sur un autre sera éliminée.

Au cours de ma vie, je me suis consacré à cette lutte des peuples africains. J’ai combattu contre la domination blanche et j’ai combattu contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait ensemble en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et que j’espère accomplir. Mais si nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

A l’issue de ce procès, Nelson Mandela est condamné à la prison à vie. Il restera vingt-sept ans derrière les barreaux, sous le matricule de prisonnier 46 664.


 Les hommages hypocrites

« Nelson Mandela est mort. Le monde pleure sa mort, son peuple chante sa vie. En son hommage, j’ai choisi de vous raconter un affreux conte de Noêl » écrit le député socialiste Christian Eckert :

« Je suis Maire depuis 1987 d’une petite commune de Lorraine, au cœur du pays des mines de fer. Il y a 50 ans exactement, malgré l’occupation durant 79 jours du fond de la mine par les mineurs licenciés, l’exploitation a été fermée, provoquant la ruine sociale de la ville et de ses habitants. Les cités minières à l’image des corons du Nord sont à l’abandon. La rue la plus dégradée, la rue d’Alsace, héberge dans des minuscules appartements des familles très pauvres pendant de longues années. Dans les années 90, y vit un couple des plus modestes. Le père, Charly, travaille dur pour un salaire de misère. Je le côtoie dans le vieux bistrot de la grand-mère de ma femme, où il aime venir se réchauffer et boire un ou deux canons, parfois même un peu plus.... Ses deux garçons vont à l’école du village avec mes filles. Tout le monde s’émerveille de leur politesse, leur sérieux et leur propreté. Une dizaine d’années plus tard, l’épouse de Charly me demande un rendez-vous en Mairie autour du 20 Décembre. Elle arrive, manifestement gênée, s’excuse trois fois de me déranger, et finit par me dire qu’elle attend l’arrivée d’un de ses fils militaire pour sa permission de Noël et qu’elle n’a pas le moindre sou pour garnir la table familiale durant les fêtes. L’autre garçon l’a promue grand-mère d’une petite fille, et la famille aimerait réveillonner comme tout le monde… Je la rassure, lui délivre un bon d’achat d’alimentation du CCAS  . Au passage, elle me confie qu’elle est un peu souffrante et n’a même plus le moindre sou pour acheter ses médicaments, « pour la circulation du sang ». Je la dispute un peu : notre département, administré par mon ami Michel Dinet, est alors un des seuls en France à avoir mis en place à titre expérimental, ce qui deviendra plus tard la couverture maladie universelle (CMU). Je lui recommande de venir voir notre assistante sociale rapidement, pour faire le dossier, et qu’elle n’aura alors plus à avancer l’argent pour se soigner .

Elle me quitte alors, son bon alimentaire soigneusement plié entre les mains, non sans avoir redit ses regrets d’avoir osé déranger « Monsieur le Maire » pour si peu… . Elle n’est jamais revenue voir l’assistante sociale… Le lendemain du réveillon, le commandant des pompiers de la ville, m’appelle pour me dire que la nuit précédente, les pompiers sont allés rue d’Alsace d’urgence. L’épouse de Charly était morte brutalement, sa petite fille dans les bras, la nuit du réveillon : « La circulation du sang »… sans les médicaments… »

« Cet affreux conte de Noël n’est pas inventé. Il fait partie de ce qui me pousse à faire de la politique à Gauche. En ces temps de débat budgétaire, j’ai entendu presque tous les députés de droite dénoncer les dérapages budgétaires de l’Aide Médicale d’Etat (AME), des crédits de l’hébergement d’urgence ou encore les travers du RSA  … Pensez donc : ces pauvres, pas toujours français, parfois en situation irrégulière, venus parfois en risquant de se noyer, et qui profitent des soins gratuits ou presque, offerts par un pays qui peine à rester la cinquième puissance industrielle du monde. Les mêmes me reprochent d’abaisser à 700 000 euros (vous avez bien lu), le seuil à partir duquel on pourrait utiliser un tout petit peu moins facilement les conditions hyper-avantageuses des placements sur une assurance vie… Les mêmes, et j’en ai honte pour eux, vont se bousculer devant les caméras pour vanter les qualités exceptionnelles de Nelson Mandela.

(… ) Toute la journée, ces députés qui stigmatisent les « dépenses de guichet », vont se battre pour défendre les niches fiscales dont Charly n’a pas plus connu l’existence que celle de la CMU qui aurait peut-être permis à son épouse de voir grandir sa petite fille. Mais ils passeront pour faire acte de repentance par la salle des quatre colonnes, pour dire leur admiration « sans limite » de l’action « sensationnelle » de Madiba !

Moi, je ne dirai rien de Nelson Mandela. J’assumerai toute la journée dans l’hémicycle désert, l’augmentation des crédits de l’AME et de l’hébergement d’urgence, tout comme le plafonnement des niches fiscales. En hommage à Nelson Mandela et à la famille de Charly.


  OSER

Rire, c’est prendre le risque d’être ridicule.
Pleurer, c’est prendre le risque de passer pour un sentimental.
Aller vers l’autre, c’est prendre le risque de s’engager.
Dévoiler ses rêves devant les autres, c’est risquer le rejet.
 
Aimer, c’est prendre le risque de ne pas être aimé en retour.
Vivre, c’est prendre le risque de mourir.
Croire, c’est prendre le risque de perdre la foi.
Entreprendre, c’est prendre le risque d’essuyer un échec.
 
Mais les risques sont faits pour être pris.
Car, sans risque, la vie ne vaut pas d’être vécue.
Car le pire piège est de rester figé.
Qui ne risque rien n’a rien, ne fait rien, n’est rien.
 
Ceux qui ne prennent pas de risque ressentent peut-être moins la souffrance, le chagrin.
Mais il leur est aussi impossible d’apprendre, de changer, d’évoluer, d’aimer, de vraiment vivre.
 
Seul, celui qui risque peut atteindre la liberté.

Poème de Nelson Mandela


Un enfant bagarreur

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