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Accueil > Châteaubriant > Sécurité, CLS, CLSPD, Pompiers > Histoire des Pompiers de Châteaubriant

Histoire des Pompiers de Châteaubriant

Ecrit le 25 septembre 2013

  • LE FEU : Celui du soleil, celui des entrailles de la terre, le feu des orages et des douces soirées d’automne.
  • LE FEU, celui qui cuit la nourriture, réchauffe l’homme et fond le métal.
  • LE FEU, symbole de vie. Symbole de mort aussi lorsqu’il se déchaîne en incendie.
  • LE FEU, celui que Prométhée ravit aux dieux pour l’offrir aux hommes ; celui que Lucifer, de toute éternité, attise pour tourmenter les damnés.
  • LE FEU : le plus grand ennemi des pompiers.

 Les pompes à bras

Dès la plus haute antiquité, les hommes ont su qu’il fallait se protéger des incendies. Ils avaient remarqué que la pluie éteignait le feu et que les lacs et rivières stoppaient sa progression. Mais qui le premier eut l’idée de projeter de l’eau sur le feu ?

Les Romains, autrefois, utilisaient des « siphones », des sortes de grandes seringues qu’ils remplissaient d’huile bouillante pour asperger leurs ennemis. L’idée leur vint un jour de se servir d’un tel « siphon » pour éteindre les incendies.

Le système fut perfectionné par Ctesibius (d’Alexandrie), dans les années 130 avant Jésus-Christ : une grande pompe aspirante et refoulante, composée de deux corps de pompe cylindriques avec des pistons verticaux. Des barres manœuvrées par plusieurs hommes permettaient d’abaisser et de relever alternativement les pistons.

Il a fallu attendre le XVIIe siècle pour que la seringue soit perfectionnée. Mais c’est un allemand, Hautsch de Nuremberg qui mit au point la première machine à laquelle le hollandais Jan Van der Heide apporta un complément important : une tuyauterie de cuir flexible permettant de fournir de l’eau à distance. Ainsi naquirent les « pompes à bras » dites « pompes hollandaises ».

Photo : Pompe à bras avec cuve en cuivre Pompe à bras

En 1716, DUMOURIEZ, sociétaire de la Comédie-Française, créa un corps de 60 « gardes-pompe » : ce fut l’embryon du Corps des « Sapeurs-Pompiers » qui ne prit ce nom qu’en 1821 lorsque Napoléon militarisa le Corps des Pompiers : c’était quelques années après l’incendie de l’ambassade d’Autriche qui avait fait de nombreuses victimes et avait failli coûter la vie à l’impératrice Marie-Louise.
Tenue d'apparât

En 1822 un premier « Congrès des Pompiers de France » demande la création de pensions pour les veuves et les orphelins de pompiers morts au feu, l’obligation pour les communes de prévoir un corps de sapeurs-pompiers, et … la dotation des sapeurs-pompiers du fusil nouveau modèle dont, bien sûr, ils ne se serviraient que pour un service d’ordre et la défense de la patrie.

Le 5 avril 1884, reprenant un texte du 24 août 1790, une loi rend les maires responsables de « faire cesser les accidents et fléaux calamiteux, tels que les incendies, les inondations, etc » mais sans entraîner l’obligation de mettre sur pied une organisation. Ce n’est que depuis le décret-loi du 12 novembre 1938 que les communes doivent prendre en charge les dépenses de personnel et de matériel relatives aux services de secours et de défense contre l’incendie.

 Châteaubriant

En mai 1727 : Châteaubriant a eu chaud, un incendie s’est déclaré dans le centre-ville, plusieurs maisons de bois partent en fumée et le brasier est alimenté par les stocks de bois sec des boulangers.

En 1786, la Communauté de Ville décide d’acheter 50 seaux en cuir pour porter secours en cas d’incendie.

Novembre 1815 : le Préfet de Loire-Inférieure écrit au maire de Châteaubriant, Martin Connesson, pour lui demander d’organiser un service d’incendie. Le Maire après avoir pris « les renseignements les plus exacts à Nantes » chiffre à 3538 francs le prix d’une compagnie de pompiers avec une pompe, onze manches de tuyaux de 910 pieds, cinquante seaux de 4 litres et demi, deux chandeliers de fer, cinquante torches et un chariot pour porter les équipages. Reste à savoir si la commune a les moyens de payer cela. Le Conseil municipal estime que non, et que, heureusement, les incendies sont rares.

Juin 1826 : Plusieurs habitants de la ville expriment le désir d’avoir une pompe à incendie et demandent d’ouvrir une souscription pour contribuer à cette acquisition. Le Conseil Municipal estime que « cette offre généreuse mérite d’être secondée » et déclare que, dans le cas où la souscription serait insuffisante, il verrait si l’état de la caisse municipale permettrait de voter la somme restante nécessaire pour cet objet.

Avril 1835 : le Conseil décide l’acquisition d’une pompe à incendie et invite le maire à prendre des mesures pour arriver à l’organisation du service et, en cas de réussite de cette tentative, se réserve de voter, s’il y a lieu, l’acquisition d’un moteur hydraulique.

Mai 1835 : Le maire, Félix Lebreton, donne lecture de la liste des garde-nationaux qui se sont inscrits pour faire partie de la division des pompiers. Le Conseil Municipal vote une somme de 546 francs, pour acquérir six briquets, 25 casques et 25 baudriers pour l’équipement de 25 gardes nationaux pompiers. Il invite le maire à s’entendre avec un plombier de la ville pour acheter une pompe à incendie munie d’un moteur hydraulique.

Deux devis sont alors fournis, l’un par un poëlier-pompier, l’autre par un ferblantier, tous deux de Châteaubriant. Et un devis est demandé à un négociant pour la fourniture d’une pompe à incendie, « avec une caisse en cuivre de 500 à 560 litres d’eau, pouvant lancer 200 litres d’eau à la minute à 80 mètres de haut ». Il faudra aussi, notamment, une lance, une hache, « 50 pieds de boyaux cousus en fil ciré, et 50 paniers d’osier de bonne toile ».

8 octobre 1836 : la mairie, « voulant mettre à même la ville de Châteaubriant de profiter de la pompe en cas de sinistre » nomme un lieutenant, deux sergents, et quatre caporaux pour l’organisation définitive de la subdivision de pompiers de Châteaubriant . Le commandant est Lucien Delourmel, médecin castelbriantais.

Novembre 1837 : le maire fait valoir que dans toutes les villes, les sapeurs pompiers sont exempts de logement militaire. Le Conseil, en considération des services qu’ils sont appelés à rendre à chaque instant, accepte qu’il en soit de même à Châteaubriant.

Février 1841 : le maire Louis Brossays fait savoir au Conseil qu’une grande quantité de fournitures ont été réformées dans les régiments de ligne et peuvent être livrées aux communes qui les demandent pour leur Garde Nationale. Le Conseil propose de demander 35 casques en cuir pour les pompiers. 35 baudriers de sabres, 35 gibernes, 35 porte-gibernes et 35 bretelles de fusils qui, en attendant l’augmentation du nombre des sapeurs pompiers, seront affectés à la Garde Nationale.

Le Conseil Municipal désire en effet depuis longtemps porter à 60 hommes sa subdivision de pompiers forte de 25 hommes. Il n’attend à cet effet que l’époque où il pourra acheter une deuxième pompe à incendie sans nuire aux autres services publics.

Novembre 1842, le magasin de la pompe à incendie est situé dans la cour de la Gendarmerie, au château.

Avril 1848 : le personnel de la subdivision de la compagnie de Pompiers de Châteaubriant se borne toujours à 25 hommes. Des démarches ont amené à trouver 35 autres citoyens. Le Conseil Municipal vote un crédit de 870 francs pour acheter l’équipement de ces nouveaux Pompiers, mais ces derniers, comme leurs anciens, devront se procurer l’uniforme à leurs frais.

Novembre 1849 : la ville de Châteaubriant ne possède encore qu’une pompe à incendie qui serait insuffisante si un sinistre de quelque gravité venait à se déclarer. Le Conseil Municipal vote 1200 francs pour l’achat d’une seconde pompe et précise : « modèle Paris 1846 » à 15 curseurs bronze, à manœuvrer par 12 hommes. Coût : 1000 francs, emballage et port compris. Il faut y ajouter 16 mètres de boyaux (pour 32 francs) et 50 seaux à incendie (pour 125 francs). « Je vous fais passer un de nos anciens raccords afin que les pas de vis soient les mêmes » écrit le maire au fournisseur. En effet les tuyaux en toile doivent se raccorder aux tuyaux en cuir « et pour ce faire, ils devront être munis de raccords ».

Le camion de 1851 Photo : Le camion de 1951

Novembre 1850 : la Compagnie de Sapeurs Pompiers a été portée de 32 à 60 hommes. « Depuis cette époque, plusieurs incendies ont eu lieu à Châteaubriant et toujours, grâce au zèle des pompiers et à leur nombre, ils ont été combattus victorieusement. Il n’était pas possible de faire un meilleur usage de ce crédit » dit le Conseil Municipal.

2 juillet 1854 - La Commission Municipale se réunit à Châteaubriant sous la présidence de M. Béchu du Moulin Roul, premier adjoint, le maire étant absent. Les pompiers ne demandent pour prix de leur dévouement et de leurs sacrifices, qu’être exonérés du logement militaire en dehors de circonstances exceptionnelles. « Nos honorables concitoyens qui, volontairement, se sont inscrits pour faire partie du corps des pompiers, ont fait non seulement un acte méritoire et digne de la gratitude publique, mais encore ils se sont imposé des charges. Pensez-vous, messieurs, qu’il ne serait pas juste et convenable de les dédommager un peu ? On l’a fait dans un grand nombre de villes. A Nantes par exemple, les pompiers jouissent entre autres avantages, de la dispense de logement des gens de guerre. Cette exonération qui n’est point un salaire, mais un simple témoignage de reconnaissance, se pratique sans qu’il en résulte des plaintes et j’aime à croire qu’il en serait généralement de même à Châteaubriant ».

Finalement la proposition suivante est adoptée à l’unanimité par le Conseil Municipal : « Les hommes qui se sont volontairement engagés à faire partie du Corps des Pompiers, ne doivent recevoir aucune solde. Cependant, afin de donner un motif à la bonne discipline qu’il importe de maintenir parmi eux, il y a lieu de leur accorder l’avantage d’être exemptés du logement des gens de guerre et d’étendre cette dispense à leurs père et mère lorsqu’ils demeurent chez eux. Toutefois dans les passages nombreux occasionnant encombrement, le bénéfice de la dispense sera suspendu ».

Lance à incendie - dessin de Moon06 87 32 77 47

7 octobre 1854 – lutte contre l’incendie : « il est expressément interdit à tous particuliers de construire dans la ville et faubourgs aucun hangar couvert de paille, ou chaume. Tous bâtiments, quels qu’ils soient, doivent être couverts d’ardoises. Considérant également que des forgerons, cloutiers ou serruriers établissent des forges dans des chambres, sans cheminée, ce qui peut entraîner les plus graves inconvénients, le Conseil Municipal leur enjoint de faire pratiquer une cheminée, les prévenant qu’il sera fait, sous huitaine, une visite par les adjoints et qu’il sera dressé procès verbal aux délinquants ».

Mai 1853, création de la musique des Pompiers. Et le 16 novembre 1862 le Conseil Municipal de Châteaubriant vote une subvention à « la Société Philharmonique de Châteaubriant, pour achat d’objets d’équipement, parce que cette société prend l’engagement de former la musique de la Compagnie des Sapeurs Pompiers ».

En 1856, les Pompiers achètent 50 seaux pour 134,40 frs.

Masage cardiaque - dessin de Moon - 06 87 32 77 47

En 1859, le Conseil Municipal vote l’acquisition de six demi-garnitures de pompes dont 2 en cuir et 4 en toile dont le prix ne devra pas excéder 250 frs. Le maire présente au Conseil le plan d’une construction à faire à l’entrée de la Promenade, rue du Dos d’Ane, (actuelle rue du château) pour loger la pompe à incendie. Le devis se monte à 1500 frs. Le Conseil Municipal exprime le désir que le bâtiment soit promptement réalisé.

Février 1862, le capitaine des pompiers expose au Conseil Municipal l’avantage qu’il y aurait à remplacer les fusils à silex de la Compagnie de Châteaubriant par un nombre égal de carabines à percussion « d’un entretien plus facile et d’un usage plus commode et plus sûr ». Accord du Conseil.

Décembre 1869 : les habitants de Châteaubriant, alarmés par de trop nombreux incendies, ont eu recours aux assurances et à la garde armée de leurs propriétés. Ils demandent à l’autorité municipale d’augmenter le nombre de pompes à incendie et d’en compléter le matériel. Une souscription est alors ouverte pour l’achat d’une troisième pompe. Et, le mois suivant, le Conseil Municipal affecte 1549,25 francs à l’achat d’une pompe et de ses accessoires.

En 1951 fut installée une sirène sur le toit de la mairie, tous les appels étaient reçus par le concierge qui déclenchait la sirène des pompiers ou la gendarmerie. En 1959 fut achetée une échelle tractée de 22 mètres en acier. En 1977 le service incendie fut équipé d’un fourgon pompe-multipression.

Inauguration Photo : Inauguration sous la pluie le 14 septembre 2013

En 1893, au rez de chaussée de l’actuelle mairie de Châteaubriant, il y avait, à l’angle nord-est, le dépôt des pompes et une salle spéciale pour le matériel des pompiers. Enfin, en 1974, sous le maire Xavier Hunault, le Centre de Secours Principal quitte le rez de chaussée de la mairie et s’installe dans un bâtiment neuf construit en bordure de la route de St Aubin des Châteaux. Il y eut régulièrement des agrandissements et des travaux d’amélioration du temps du maire Martine Buron et de son adjoint Georges Galivel. Mais, bien que récent (moins de 40 ans), le bâtiment n’était plus adapté. Le maire Alain Hunault céda donc un terrain pour l’euro symbolique et, le 19 juin 2013, toutes sirènes hurlantes, les pompiers investirent un nouveau bâtiment, construit lui aussi en bordure de la route de St Aubin des Châteaux, près de la gendarmerie. L’inauguration eut lieu le 14 septembre 2013. Bientôt des portes ouvertes …

 Commandants

Au début du XXe siècle, le commandant était Lucien DELOURMEL, médecin castelbriantais. Puis ce fut, de 1922 à 1930, le Commandant Maurice BACHELLERIE, un commerçant en tissus de la place de la Motte. De 1930 à 1951, le capitaine des Pompiers était Lucien MENUET, un serrurier qui avait son atelier rue de la Vannerie. La plupart de ses ouvriers étaient pompiers aussi. Quand un feu était signalé, toute l’entreprise se portait au secours, appelant les autres pompiers à l’aide du clairon ou des cloches de l’église.

Après le décès de Lucien MENUET, la responsabilité du corps des Pompiers fut assumée par Victor MARTIN (1951-1953) puis par Arsène LOUIS (1954-1956), ferronnier. Tous, ils avaient le souci de la Sécurité Publique avant celui de leur entreprise artisanale.

Vers 1932-35, le maire E. Bréant décida de structurer les Pompiers et chargea un employé municipal, Georges Gallais, de la comptabilité et du secrétariat. Il fit voter des crédits et des subventions pour le service de secours et donna des primes aux pompiers.

Après la seconde guerre mondiale, en 1949, le maire Paul Huard fit appel à un officier, le Lieutenant Henri LABROUSSE qui était pompier de Paris depuis 15 ans. Celui-ci avait l’habitude du commandement et sut organiser rationnellement la formation des hommes, l’entretien du matériel et l’organisation des secours. C’est à partir de cette année-là (1949), que le groupement des pompiers volontaires devint progressivement un Centre de Secours puis un Centre de Secours Principal.

Après Henri LABROUSSE (1956-1971), il y eut Roland LE CHEVALIER (1972-1977) puis le capitaine BERTONNEAU (1977-1989), ensuite le capitaine Michel GABE, (1989-1996) puis le lieutenant Pierre DESCAMPS (1996-2001) auquel a succédé le lieutenant Pierre VIVANT en juin 2001, lui même remplacé par Antoine MONTEIRO (2005-2007). Depuis 2008 le chef de Centre est Dominique MUNIER.

Le souvenir de Jean Durand Photo : En mémoire des sapeurs-pompiers décédés en service commandé.
Jean DURAND fut le seul dans ce cas à Châteaubriant, il est mort à 46 ans,
le 15 février 1981

 Souvenirs ... souvenirs

Autrefois Châteaubriant s’était dotée d’une moto-pompe, en cuivre rouge s’il vous plaît. Elle a servi jusqu’à la première guerre mondiale environ. Elle était logée dans un local qui se trouvait, près de l’église de Béré, dans l’angle du cimetière et de la rue Amand Franco (là où se trouvent maintenant des toilettes publiques). Les soldats du feu étaient dotés de casques en cuivre, avec jugulaire en écailles de cuivre aussi. Le casque arborait un plumeau dont la couleur variait selon le grade du pompier. Ces casques, gravés « sapeurs-pompiers de Châteaubriant » ont été abandonnés lors de l’arrivée des premiers casques en aluminium, et des Castelbriantais ont eu la surprise d’en trouver à vendre, qui en Allemagne, qui en Angleterre, à des prix faramineux, chez des antiquaires.

Les pompiers étaient armés de sabres. Certains ne servaient que pour la parade, d’autres étaient destinés au service d’ordre lors des incendies, pour écarter la foule toujours avide de voir. En 1888, les pompiers ont été dotés de fusils « Remington, modèle égyptien avec sabre-baïonnette ».

Il y a de tout dans le souvenir des pompiers de la région : des récits douloureux, d’autres touchants ou tragi-comiques et des actions de grande envergure.

Souvenirs douloureux : ceux de la dernière guerre, des bombardements à Châteaubriant et surtout de Nantes où il y eut 4000 morts la première fois et 1500 morts la deuxième fois. Les pompiers castelbriantais, appelés en renfort, s’en souviennent bien.

Douloureux, le cas de ce puisatier de Conquereuil, en 1955, qui vit s’écrouler sur lui le puits qu’il creusait. Il fut impossible aux pompiers de Châteaubriant de déblayer les tonnes de roche et de terre qui l’ensevelissaient : il n’y avait pas à l’époque les moyens mécaniques actuels. Les pompiers et le prêtre appelé en renfort, n’ont pu qu’assister le gars dans … la mort.

Douloureux, le souvenir de cette femme morte dans l’incendie de sa maison en octobre 2009 à Châteaubriant.

Il y eut aussi les trop nombreux accidents de la route, le vendredi soir en particulier— et les accidents du travail, et les personnes qu’il faut aller « décrocher » parce qu’elles se sont pendues un soir de désespoir. Il y a aussi le souvenir du crime raciste de la rue de Couëré, commis dans un café turc, en novembre 1984, par un jeune qui « n’aimait pas les étrangers ».

« C’est vrai que, des fois, on a envie de pleurer, ou de gueuler contre tout ce qui provoque ces détresses. Mais sur le coup, on n’y pense pas : on porte secours ».

 Le pendu et le poulet

Il y a quand même des souvenirs plus heureux : celui de cette jeune fille tirée in extremis de la mare où elle s’était jetée par chagrin d’amour. Ou celui de ce Castelbriantais, commerçant sur le marché, « miraculé », sauvé de l’asphyxie au gaz par les efforts acharnés des pompiers. Une fuite de gaz au sous-sol, une chute, l’accidenté était déjà tout bleu. Il a fallu plus de deux heures de réanimation pour le sortir de ce mauvais pas.

Il y a aussi des épisodes tragi-comiques. Les pompiers, un jour, sont appelés pour un gars qui s’est pendu au bout des brancards d’une charrette à cheval. Dans le hangar, la femme et la fille du gars sont en train de plumer chacune un poulet. Un pompier demande une élastique. « T’as une lastique la mère ? » — « Non, j’en ont point besoin ». La mère et la fille continuent à plumer la volaille. Les pompiers ressuscitent le gars et demandent où le mettre. Ils se dirigent vers la chambre. « Ah dame point, il nous a assez embêtées comme ça ». Et la mère et la fille continuent à plumer leur poulet... Les pompiers sont rentrés hilares chez eux. Quinze jours après, le gars se pendait à nouveau. L’histoire ne dit pas si la femme et la fille lui ont fait une belle oraison funèbre.


Il y a des « sorties » plus touchantes, quand il faut aller récupérer, au bord d’une fenêtre, ou dans un endroit dangereux, un gamin qui risque de tomber... ou un chat qui miaule désespérément. A Paris il arrive que les pompiers soient appelés pour sauver un moineau englué sur une branche par le goudron qu’il a aux pattes.

Il y a les gestes ordinaires, routiniers presque, des pompiers appelés pour un feu de cheminée, ou l’inondation d’une cave ou même pour un nid de guêpe qui, en une matinée, s’est fixé sur la porte d’une habitation (c’est arrivé à Châteaubriant dans le quartier de Renac  ). Dans ces cas-là, pas de caractère de gravité, donc pas de stress.

« Savez-vous que la maladie des pompiers c’est l’infarctus ? nous a-t-on dit, mais pas à cause des efforts physiques, à cause du stress ».

 Grand feux

Dans la mémoire des pompiers de la région, il reste le souvenir de certains grands feux :

  • - le feu de la forêt d’Araize, juste après la guerre. Les gars puisaient de l’eau dans les trous laissés par les bombes de la guerre, pour arroser le pied des arbres à protéger. Du sol partaient régulièrement de courtes flammes, comme des fusées. Intrigués, les pompiers se sont tout-à-coup aperçu qu’ils étaient au bord d’anciens entrepôts de munitions laissées là par les Allemands qui avaient semé des mines dans la forêt. C’est un miracle s’il n’y a pas eu de blessés par bombe !
  • - Le feu du Collège Ste Marie (vers les années 1920) n’a pas été oublié non plus, pas plus que celui qui prit un soir de Noël à la pâtisserie Janin. « on nous a appelés pendant la messe de Minuit. J’ai descendu la grande nef de l’église en courant … ce que je n’aurais jamais fait en temps ordinaire. Il nous fallait faire vite car il y avait un dépôt de butane-propane dans le magasin d’à côté ».
  • - Le 8 novembre 1960, un incendie s’est déclaré à la salle Lutetia (un ancien dancing acquis par la ville deux ans auparavant et qui servait en partie de réfectoire et en partie de dortoir) vers 15 heures. Les pompiers sont aussitôt intervenus et ont sorti dans la rue une partie du matériel du dortoir qui servait aux pensionnaires garçons du lycée. Les familles des externes ont fait preuve d’une belle solidarité : 150 offres de chambres pour loger 53 internes.
  • - Et puis, il y eut le violent feu de Maganis (à l’emplacement de la médiathèque   actuelle). Le magasin portait alors le nom de Nouvelles Galeries. C’était en janvier 1964. Les flammes étaient aperçues à des kilomètres aux alentours et la fournaise laissait échapper des nuages incandescents jusqu’à la flèche de l’église Saint Nicolas. Tout le quartier était menacé. Il fallut 3 heures de travail et 1000 m3 d’eau pour venir à bout des flammes. On ne compta pas de victimes et les maisons voisines, tout en ayant souffert, avaient globalement été épargnées. Le quartier avait eu « chaud ». Les pompiers aussi, qui avaient lutté au coude à coude, pendant des heures, farouchement solidaires.
  • - il y eut aussi le feu de la Galissonnière en 1965 (qui avait pris dans les poulaillers du château) — et celui de la minoterie d’Erbray « où un pompier s’était rendu si vite qu’il avait mal enfilé ses bottes et mis deux bottes gauche ».
  • - Les pompiers se souviennent du feu dans la forêt de Domnaiche, à Lusanger, en août 1976, l’année de la grande sécheresse. Plus de 400 hectares en feu, 300 hommes mobilisés pendant 3 semaines. Le plus grand sinistre qu’ait connu cette forêt après ceux de 1936 (180 hectares en feu) et de 1944 suite à des combats pour la Libération.
  • - A peine fini à Domnaiche, le feu prenait à Caratel et menaçait jusqu’à Saint Vincent des Landes. Ensuite, le feu prit dans la forêt de Juzet, à Guémené. Dure période où les pompiers de la région furent sans cesse mobilisés, avec l’appui de ceux de Nantes et de l’Ille et Vilaine.
  • - Si les grands feux, heureusement, se font plus rares, on trouve maintenant davantage de « risques technologiques ». Le cas le plus spectaculaire a été celui du nuage toxique de Nantes en octobre 1987 : un nuage de 5 km de large, toxique à un haut degré. 25 000 personnes ont dû être évacuées et n’ont subi aucun dommage, mais de nombreux animaux ont été retrouvés morts chez des particuliers, victimes du chlore et du peroxyde d’azote qui composaient le nuage.
  • - Et puis il y eut l’incendie dramatique de l’abattoir de Châteaubriant, en décembre 1999, sans qu’on en sache vraiment l’origine. Le risque était aggravé par la présence d’une cuve d’ammoniaque. Si ce gaz s’était échappé de la cuve, il y aurait eu risque d’explosion et surtout production de vapeurs qui auraient pu intoxiquer toute la ville. Heureusement il ne s’est rien produit de tel, grâce à l’action des pompiers aidés par le vent qui soufflait dans la bonne direction.
  • - Les pompiers ont connu aussi un incendie à la fonderie Focast, un autre à la déchetterie de Châteaubriant (septembre 2010), à l’entreprise Ouest-Injection (janvier 2013) ...

Photo : La tour d’exercice des Pompiers

 Un nouveau Centre de Secours en 2013

Conçu selon les normes HQE (haute qualité environnementale) le nouveau centre d‘incendie et de secours est construit dans le respect d’exigences en termes d’isolation, de consommation des éclairages et d’un objectif de perméabilité à l’air. Les points les plus visibles de la démarche HQE sont la mise en place de panneaux solaires pour l‘eau chaude sanitaire ainsi que la récupération des eaux pluviales provenant de la toiture du bâtiment pour l’arrosage des espaces verts, les chasses d’eau des toilettes et les manœuvres sapeurs-pompiers. Un comptage et un suivi des consommations a été mis en œuvre pour les systèmes de chauffage, de rafraîchissement, de ventilation. d’éclairage et de la gestion de l‘eau.

Le nouveau Centre d’incendie et de secours totalise une surface utile de 3127.57 m2 :

  • - locaux opérationnels 2119,68 m2
  • - locaux de sport 335,43 m2
  • - locaux administratifs 241,86 m2
  • - locaux de formation 81,15 m2
  • - Jeunes Sapeurs Pompiers 57,40 m2
  • - locaux de vie commune 135,13 m2
  • - locaux hébergement 164,39 m2 (douze chambres pour les pompiers de garde)

Le budget affecté à l’opération s’élève à 6 990 000,00 € , l’architecte est JL Cousin, de Couëron.

Le Centre d’incendie et de Secours de Châteaubriant est un des 15 centres d’incendie et de secours du Groupement Territorial de Riaillé. (Le département est organisé en 5 groupements territoriaux, totalisant 97 centres d‘incendie et de secours).

Le chef de centre est le lieutenant Dominique MUNIER depuis mai 2008. Il est assisté de Pierre-Jean Magliozzi (pour les pompiers professionnels) et de Alain Béasse pour les pompiers volontaires.

L’effectif du centre d‘incendie de décompose comme suit :

  • - 58 sapeurs-pompiers volontaires dont 7 femmes
  • - et 16 sapeurs-pompiers professionnels.
    • 24 sapeurs, 24 caporaux-chef,
    • 11 sergents/sergents chef,
    • 9 adjudants/adjudants chef,
    • 4 lieutenants et 2 infirmiers.

La moyenne d’âge est de 35 ans et l‘ancienneté moyenne de 9,25 années.
28% des sapeurs-pompiers volontaires ont plus de 20 ans d’ancienneté.

Nombre d’interventions réalisées : 1066 en 2010 — 1020 en 2011 – 895 en 2012

Secteurs d’intervention :

  • - en premier appel : Soudan, Villepôt, Noyal/Brutz, Louisfert, Saint-Aubin des Châteaux, Erbray ; Juigné les Moutiers.
  • -* - en second appel : Fercé, Moisdon-la-Rivière, Rougé, Ruffigné, Saint-Julien de Vouvantes, Saint-Vincent des Landes, Sion-les-Mines, Issé, Soulvache.

Armement

  • 2 Fourgons pompe tonne (lutte contre l’incendie)
  • 1 Echelle pivotante automatique de 30 mètres
  • 2 Véhicules de secours et d‘assistance aux victimes (ambulances)
  • 1 Véhicule de secours routier moyen
  • 1 Véhicule toutes utilités
  • 2 Véhicules légers
  • 1 Véhicule léger hors route (4x4)
  • 1 Camion citerne feu de forêt
  • 1 Poste médical avancé
  • 1 Véhicule canot de sauvetage léger
  • 1 Canot de sauvetage léger
  • 1 Véhicule d’intervention risques technologiques

 22 jeunes sapeurs pompiers

Jeunes Sapeurs

Sous la présidence de Franck Pelhâtre et de Sébastien Gabé, le centre de Châteaubriant forme de jeunes sapeurs-pompiers sur une durée de 4 ans. Il y a actuellement 22 jeunes (dont 15 en première année). Bravo les jeunes


Ecrit le 30 septembre 2015

 Bravo les Pompiers

Samedi 19 septembre 2015 avait lieu une compétition à la Tour Bretagne à Nantes : une ascension des 32 étages de la tour (soit 400 marches + la rampe d’accès entre le sous sol et les premières marches), en individuel le matin, équipé d’une tenue de feu complète + de l’Appareil Respiratoire Isolant (ARI) soit 20 kg et en binôme l’après midi avec en plus, un tuyau et une lance (13 kg) pour chacun d’eux.

Cette année, c’est le Centre de secours de Châteaubriant qui a remporté le Trophée attribué par la ville de Nantes avec le meilleur temps féminin et le meilleur temps en binôme. Sept de nos Sapeurs Pompiers de participaient à cette épreuve.
Le Chef de centre félicite tous les participants pour leur engagement et leurs résultats.

Femmes Pompiers : un futur historique