Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Grappillages et Mée-disances > Mée-Disances du 22 janvier 2014

Mée-Disances du 22 janvier 2014

Ecrit le 22 janvier 2014.

 L’obésité coûte cher

 
Plus d’un adulte sur trois dans le monde souffre d’obésité ou de surpoids, soit 1,46 milliard de personnes. En moins de 30 ans, entre 1980 et 2008, le nombre de ces personnes a presque quadruplé dans les pays en développement, passant de 250 millions à 904 millions. Il était multiplié, dans le même temps, par 1,7 dans les pays à plus hauts revenus.

 
En publiant, le 3 janvier, un rapport consacré aux problèmes de l’alimentation, The Overseas Development Institute, un cercle de réflexion britannique sur le développement et les solutions humanitaires, met l’accent sur l’explosion de l’obésité dans les pays émergents. Deux chercheurs spécialisés en agriculture, écrivent ainsi : « Ce qui a changé, c’est que la majorité des gens en surpoids ou obèses se trouvent aujourd’hui dans les pays en développement plutôt que dans les pays développés ». « De nombreux facteurs expliquent cette évolution. La « transition nutritionnelle », c’est-à-dire le changement de comportement et d’alimentation, s’est faite rapidement. […] Les migrations vers les villes, la sédentarisation avec des mobilités réduites, les polluants urbains ont aggravé le phénomène ». Les conséquences sanitaires attendues sont alarmantes : « nous allons assister globalement à une très forte hausse du nombre de personnes souffrant de certains types de cancer, de diabète, d’accidents vasculaires cérébraux ou de crises cardiaques, faisant peser un lourd fardeau sur les systèmes de santé publique ».

 
Le Pr Arnaud Basdevant, du service de nutrition à la Pitié-Salpêtrière (Paris), remarque quant à lui que « l’épidémie de diabète à laquelle on peut s’attendre sera quasiment insupportable financièrement pour ces pays émergents. […] Ce n’est pas immédiat, il faut que les populations concernées aient le temps de prendre du poids, passent en surcharge, puis atteignent l’obésité jusqu’à l’obésité chronique. Mais, dans 15 à 20 ans, ces coûts vont être considérables ».

 Pédophilie

leMonde.fr du 16/01 : Comme tout signataire de la Convention de l’ONU pour les droits de l’enfant, le Vatican était convoqué, jeudi 16 janvier, devant le comité à Genève. Mais les révélations, ces dernières années, de scandales de pédophilie dans l’Église catholique ont transformé l’audition en interrogatoire serré. Durant plusieurs heures, les représentants du Saint-Siège, qui, en novembre 2013, avaient refusé de répondre à l’ONU sur les procédures canoniques en cours contre quelque 4 000 religieux, ont dû s’expliquer sur les moyens mis en œuvre pour lutter contre les abus sexuels, sur la politique d’omerta longtemps défendue par l’Église et sur l’absence de sanctions.
 

Le Vatican s’est défendu, mettant en avant les règles plus strictes adoptées depuis quatre ans. Les évêques sont désormais encouragés à collaborer avec la justice. Mais des progrès restent à faire : soupçonné d’abus sexuels, le nonce en République dominicaine, a récemment été rapatrié à Rome et soumis à une enquête « interne ». En décembre, le pape a annoncé la création d’une commission spéciale pour la protection des enfants, sans plus de détails. Le 16 janvier François a redit « la honte de l’Église » face à ces comportements. Le Vatican recevra, le 5 février, les recommandations du comité onusien.

 Discriminations à l’entrée des écoles privées

leMonde.fr du 15/01 : Deux pères de familles souhaitent inscrire leur enfant dans une école privée. A quelques jours d’écart, Mohamed Benchargui et Jean Bernard adressent un courriel aux mêmes établissements. Pierre, le fils de Jean, reçoit un meilleur accueil que Youssouf, le fils de Mohamed. Selon une enquête intitulée « La discrimination à l’entrée des établissements scolaires privés », publiée par la fédération de recherche du CNRS Travail, emploi et politiques publiques voir ici ,des établissements catholiques pratiquent une discrimination à l’entrée selon l’origine ethnique des élèves.

 « Le patronyme signalant une origine maghrébine obtient une réponse moins favorable à 18 % de ses demandes », observent les chercheurs qui ont enquêté sur les inscriptions dans les écoles privées. « Mohamed Benchargui » et « Jean Bernard » n’existent pas. Ce sont des identités fictives créées pour les besoins de l’enquête. Les trois spécialistes du monde du travail ont appliqué à l’école la méthode du « testing », habituellement utilisée pour mettre en évidence les discriminations à l’embauche.

Cette fois, il s’agissait d’observer le comportement des établissements catholiques face à deux demandes similaires émanant d’une famille « gauloise » et d’une autre d’origine « maghrébine ».

Nous avons adressé 4 269 courriels, 3 023 aux écoles primaires et 1 246 aux collèges« . Les réponses à la demande illustrent une »discrimination caractérisée" à l’inscription. 45% des mails émanant des Franco-Français ont reçu une réponse quand ce n’est le cas que de 32,5% des Maghrébins. Dans les réponses qui proposent une inscription ou la refusent, ces derniers sont 6,8 % de plus à avoir essuyé d’emblée un refus… et 7,3 % de moins à avoir reçu une réponse positive.
 
Or l’enseignement privé, qui scolarise 2 des 12 millions d’élèves français est très majoritairement financé par de l’argent public puisque les enseignants y sont rémunérés par l’État. Depuis 1959, la loi Debré lui impose d’inscrire « tous les enfants sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyance ». […]

Si la volonté politique est bien présente au sommet de l’institution, les établissements sont eux face à un dilemme. En s’ouvrant à la diversité ils rapprochent le profil de leurs élèves de celui du collège public d’à côté et se voient fuis par les familles qui y cherchent un entre-soi plus qu’une parole catholique. Et s’ils veulent préserver cet entre-soi, ils se mettent hors la loi.

Le travail des trois économistes interroge sur d’autres points. Il est statistiquement établi que les collèges catholiques comptent 50 % d’enfants des classes favorisées, quand cette catégorie n’est représentée qu’à 32 % dans les établissements publics. Existerait-il une discrimination sociale en sus de la préférence pour les Français de souche ? Ou bien doit-on croire que les familles défavorisées ne tentent pas d’y inscrire leurs enfants ?

 
La culture de la statistique du privé est moins répandue que la sacro-sainte autonomie des établissements qui laisse chaque directeur choisir ses élèves. Les économistes se sont étonnés de la visibilité de cette différence de traitement.

« En lançant l’enquête, nous craignions que la discrimination ne soit mieux masquée », observe Pascale Petit. « Mais le fait que certains soient écartés d’emblée n’exclut pas d’autres discriminations au fil du processus d’inscription ».

 Nos vies numériques

LaTribune du 17/01 : « Aujourd’hui, mon smartphone a fait le vide et pris la place des pièces de monnaies, des billets, de ma carte bancaire, de nombreuses cartes de fidélité, d’un bloc-notes, de ma carte d’identité, de mon permis de conduire, des tickets de tram ou de péage, d’un plan de métro, de mes clés de voiture... De plus, ce nouveau portefeuille m’alerte sur l’état de mon compte et me rend mille autres petits services. » … et demain : « Après avoir claqué la porte, mon manteau s’est immédiatement adapté aux con-ditions extérieures - pluie légère et froid piquant -, tandis que son col, qui intègre l’ensemble des outils de communication de base, me permet d’écouter les nouvelles du matin sur ma station radio préférée. Un rapide coup d’oeil sur la manche droite me donne le planning de la journée. Je n’ai même pas eu besoin de sortir mon téléphone mobile : le micro et l’oreillette intégrés dans le col permettent de répondre directement. ». Ce n’est pas de la science-fiction. « Le monde numérique que nous sommes amenés à habiter se met irréversiblement en place. Une seule chose est certaine : aucun espace de notre vie quotidienne ne sera laissé de côté ».

Si, notre vie privée et notre liberté