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Les roues de l’infortune

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Ecrit le 22 janvier 2014

Pierrick Baudais, qui fut journaliste à Châteaubriant, publie avec François Macquaire (syndicaliste) le livre « Les roues de l’infortune », l’histoire d’un « plan social » vu de l’intérieur, chez PSA Citroën à Rennes.

Les roues de l’infortune

Il s’agit d’un témoignage et d’une réflexion sur l’industrie automobile, vue de l’intérieur, du côté des salariés. La direction de l’usine PSA de La Janais, à Chartres de Bretagne,s’est réjouie, le 15 janvier 2014, d’être parvenue à reclasser les 1 400 salariés concernés par le dernier « plan de sauvegarde de l’emploi » (PSE) annoncé en juillet 2012. Mais à quel prix, ce PSE étant le troisième plan social en cinq ans pour l’usine qui a été, pendant des années, le premier employeur industriel de Bretagne ?

Comment se vit un plan social et quelles sont les angoisses - et les rêves parfois - qui habitent les salariés de l’entreprise concernée ? Quel chemin emprunter face à un avenir qui semblait tout tracé ? Quelles conséquences pour la vie personnelle et familiale ? Autant de questions abordées avec des salariés de cette usine d’où sont sorties à une époque, se souvient un employé, jusqu’à 200 000 véhicules par an alors qu’elle n’en produit plus actuellement que 84 000 après une réduction sévère de ses effectifs en quelques années (3 900 salariés début 2014, avec encore au moins 200 à 300 « sur-effectifs », selon la direction, contre un peu
plus de 12 000, intérimaires compris, en 2005).

Partir pour aller où ? Vers la traditionnelle « pré-retraite », rebaptisée « congés seniors » ou « contrats de génération » ? Avec de la chance, chez un autre employeur ? Créer sa propre entreprise ? Ou encore opter pour une mutation dans un autre site du groupe au risque d’y être confronté à sa
fermeture, à l’image des ouvriers partis en 2009 à Aulnay, fermé quatre ans
plus tard ? Même aidés initialement par des cabinets de reclassement, les
ex-salariés ont vite le sentiment de se retrouver seuls. Mais au-delà du prix à payer pour l’entreprise avec ces plans sociaux à répétition et du coût humain pour les employés, pourquoi ne pas « garder ses salariés en attendant les jours meilleurs », se demandent les auteurs.

Autre question soulevée : en un peu plus d’une décennie, PSA a consacré des
sommes importantes "afin que les actionnaires historiques puissent remonter au
capital du groupe" (...) Durant cette même décennie, PSA a distribué 2,85
milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires. Soit un total de près de 6
milliards d’euros, comme l’a relevé le rapport Sartorius remis à l’automne
2012 au gouvernement. Une partie de cette somme n’aurait-elle pas pu être
« investie dans ses outils industriels », s’interrogent les auteurs.

« Les roues de l’infortune », par Patrick Baudais et François Macquaire - Photographies de Richard Volante - Les Editions de Juillet - 130 pages – 14,90 euros.

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