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Le petit bonnet de laine rouge

Ecrit le 22 janvier 2014

 Le petit bonnet de laine rouge

Catherine Ecole-Boivin est biographe, romancière et professeur au lycée professionnel Etienne Lenoir à Châteaubriant . Elle est notamment l’auteur des Bergers blancs (Albin Michel, 2011), prix littéraire Reine Mathilde 2012. Elle vient de publier Le Petit Bonnet de laine rouge aux Presses de la Cité.

Le petit bonnet de laine rouge

C’est l’histoire vraie et bouleversante d’une femme débordant d’espérance entre Normandie et Pays Lauragais. Un livre Vert comme la presqu’île du Cotentin alentour. Bleu comme les terres à l’infini baignées par la mer. Rouge comme le petit bonnet de laine dont est affublée, été comme hiver, Margriette parce que sa mère le veut ainsi. Devenue épouse d’agriculteur, Margriette milite pour le droit des femmes de la terre aux mêmes droits sociaux que ceux des hommes. Ce qui n’était pas le cas dans les années 1960. C’est une femme côté « terre brisée », brisée par la terre de Normandie et réparée par une autre terre, celle de Haute-Garonne et son vent de l’autan. Le petit bonnet de laine rouge qu’elle porte sur la tête est le symbole de sa révolte, de son malheur d’abandon …ce sera plus tard le symbole du bonheur.

 Testament d’un paysan en voie de disparition

Testazment d'un paysan en voie de disparition

Catherine Ecole-Boivin aime « raconter les histoires vraies de gens qui n’ont pas la possibilité ou le temps de se raconter ». Comme celle de Paul Bedel, paysan de la Hague, en écho au film « Paul dans sa vie » qu’on a pu voir à Châteaubriant. Paul parle du temps qui passe, de sa vie de paysan, de ses vaches, une vie de travail dans un environnement magnifique entre terre et mer. Il confie aussi certains de ses secrets... C’est plein de poésie et Paul est un homme d’une grande gentillesse, plein de bon sens, de malice, terriblement sensible et attachant.
(Presses de la Cité)

Le prochain livre de Catherine Ecole-Boivin sera consacré à un vieux rebouteux du Pays de Vitré attaché à sauver les gens de la souffrance et de la douleur.


Ecrit le 7 mars 2014.

 Mémoires d’un rebouteux breton

Catherine Ecole-Boivin est biographe, romancière et professeur au lycée polyvalent Môquet-Lenoir de Châteaubriant. Elle est l’auteur de quinze livres , et vient de publier « Mémoire d’un rebouteux breton  » aux Presses de la cité.

Cette histoire vraie est le témoignage d’un homme né en 1927, qui a observé depuis l’enfance son père rebouteux et qui a hérité de sa mère le don de soigner zonas et brûlures.

Cette biographie est due à une rencontre hasardeuse de l’auteur, qui, en portant des livres au cours d’une conférence s’est fait un lumbago. Des personnes lui ont alors conseillé d’aller voir ce rebouteux de Vitré. Passionnée par ce personnage, Catherine Ecole-Boivin s’est alors lancée dans sa biographie. La rédaction du livre a duré un an, avec deux ou trois jours de travail par semaine.

Le fils du rebouteux, très modeste, a souhaité rester dans la confidentialité, pour parler au nom de tous les rebouteux. « On voit d’ailleurs que, sur la couverture, est représentée une main, qui a un aspect doux et soigneur. »

« Je pense que la rebouterie est un don sensible, rien de magique. Ce rebouteux est très à l’écoute du corps et de l’esprit des gens, il réussit, grâce à des manipulations douces, à remettre en équilibre les membres abîmés. » nous révèle Catherine Ecole-Boivin.

Le prochain livre de Catherine Ecole-Boivin sera «  Mémoire d’arpète, un apprenti de l’arsenal  ».

Théo Barnola

Extrait du témoignage  :

« Minuscule, recroquevillé sur mon petit banc de bois qui sert à ma mère pour attraper les pots de confiture dans le placard du cellier, personne ne me remarque. Je suis un enfant, c’est-à-dire un être non pensant, incapable de discernement, suivant ce que la majorité des adultes pensent à cette époque. Un être inapte aux souvenirs et à élaborer sa propre pensée, un invisible. Pourtant je n’en perds pas une miette, les gestes de mon père se répètent, il tourne les membres, les étire, les plie d’une certaine façon. Je remarque une pression, puis une autre. J’enregistre le mouvement. Les gens crient peu, retiennent leur surprise, dans un vagissement venant des profondeurs. Le soulagement presque instantané de ceux qui sont passés entre ses mains leur redonne confiance. Pendant qu’il les raccommode, tous parlent avec leur soigneur, des semailles, des travaux à finir le lendemain, de leurs bêtes, de leurs affaires, des ventes et des locations de terre.

Aussitôt rassérénés, ils repartent avec tellement de joie. Mon père n’en éprouve visiblement pas de fierté. Je suis fier à sa place. Sérieux, attentif, ma pensée s’élabore devant tant de misères apparentes qui se succèdent avec l’odeur des métiers de chacun, dans la pièce où nous prenons nos repas ».


Note du 16 avril 2014

(article de JP Bouzigues paru dans l’Eclaireur du 11 avril) :

Enseignante au lycée Moquet-
Lenoir de Châteaubriant,
Catherine Ecole-Boivin
a récemment publié Le petit
bonnet de laine rouge aux
Presses de la cité. Elle récidive
avec Mémoires d’un rebouteux
breton, chez le même éditeur.

Catherine Ecole-Boivin avait
d’abord rencontré ce guérisseur
qui exercait près de Vitré,
pour soulager un mal de dos.
En 2010, elle a repris contact
avec lui : « Nous avons discuté
pendant des heures
sans discontinuer pour
écrire ce récit, soit 180 heures
d’enregistrement. Je suis
restée parfois deux ou trois
jours chez lui et sa femme.
Je repartais et revenais toutes
les trois semaines. Ils
m’ont accueillie comme si je
faisais partie de leur famille.
 »

Cette belle rencontre a débouché
sur ce livre, qui raconte
de l’intérieur la vie un
peu secrète du « rabouteu »,
comme on les appelle en Bretagne
 : comment son père lui
a transmis le don de guérir,
comment il l’a utilisé, comment
il est perçu par la population,
et même ses démêlés
avec le fisc !

Mais au-delà du témoignage,
Mémoires d’un rebouteux
breton
est aussi un beau
parcours de vie. Celui d’un
homme qui a connu la guerre
mondiale, qui s’est enrôlé
chez les parachutistes, qui a
pratiqué la boxe et a travaillé
comme tueur dans les abattoirs
 !

Le rebouteux vitréen est un
remarquable conteur, et possède
un don de l’observation
affûté. Et on sent bien à chaque
instant, qu’il côtoie des
mondes qui échappent au
commun des mortels : « Je ne
ressens pas le froid. Je ne
porte jamais de manteau »
ou encore, « Je n’ai jamais eu
peur des bêtes, même des vipères.
Ces bêtes me parlent.
 »

Catherine Ecole-Boivin a su parfaitement mettre en valeur ce témoignage hors du commun, qui se lit comme un roman d’aventures.
J-P. B

Pratique. Mémoires d’un
rebouteux breton. Presses de
la Cité (collection Terres de
France). 19 €.

Mémoires d’un paysan en voie de disparition

Rencontre avec Catherine Ecole-Boivin