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Mée-disances du 12 février 2014.

Ecrit le 12 février 2014.

 Contrefaçon

 
AFP du 06/02 : Ni Ludwig, encore moins Beethoven. Le Japonais Mamoru Samuragochi n’était pas compositeur classique et même pas sourd, contrairement à ses dires, a affirmé jeudi son « nègre » dans une interview à un hebdomadaire suivie d’une conférence de presse sur une arnaque de près de vingt ans. Devant des dizaines de journalistes, mitraillé par les flashes, Takashi Niigaki est sorti de l’ombre et d’un silence de dix-huit ans, un lourd secret à en juger par son apparence de bête traquée, frêle silhouette dans un costume gris muraille. […]

 
Selon le récit romancé de sa vie, Samuragochi était devenu complètement sourd à 35 ans, mais a continué à composer, notamment la Symphonie No.1, Hiroshima, en hommage aux victimes de la bombe nucléaire qui avait ravagé cette ville de l’Ouest du Japon le 6 août 1945. […]

 
Le long silence de Niigaki ne lui a pas rapporté énormément à l’en croire : en vingt ans, son travail de doublure n’a été payé que 7 millions de yen (51 000 euros au cours actuel) pour une vingtaine d’œuvres. Depuis ces révélations, Samuragochi reste muet mais a fait savoir, via son avocat, dans un communiqué obtenu par l’AFP, qu’il était « profondément désolé d’avoir trahi ses fans et déçu les autres. Il sait qu’il n’a aucune excuse  »…

 Sotchi : l’ombre de la corruption

 
NouvelObs.com du 07/02 : Alors que s’ouvrent les Jeux d’Hiver de Sotchi, la Russie aura du mal à se débarrasser des soupçons de corruption qui ont entaché la préparation de ces Jeux, les plus chers de l’histoire olympique. Selon l’opposant russe Alexeï Navalny, un tiers des 37 milliards d’euro dépensés (8,8 milliards de prévu à l’origine) ont profité aux amis du régime Poutine. Début janvier c’est Gian-Franco Kasper, membre du Comité international olympique, qui a affirmé que près d’un tiers du budget s’était évaporé avant de préciser que ces propos n’étaient pas des révélations mais uniquement « ce que tout le monde dit en Russie »... Le président russe, Vladimir Poutine, a rejeté les allégations affirmant qu’il n’y avait pas eu de faits de « corruption à grande échelle » mais qu’il y avait eu « des tentatives des exécutants, des sous-traitants, d’augmenter les prix ». […]

 
En mai dernier, le leader de l’opposition, ancien vice-Premier ministre de Boris Eltsine, Boris Nemtsov, avait déjà fait part de ces pratiques dans un rapport, co-écrit avec Leonid Martynyuk, du mouvement d’opposition Solidarity, intitulé « Les Jeux d’hiver dans les subtropiques ». Selon lui, ce sont entre 19 et 23 milliards d’euros qui ont été détournés. L’opposant s’insurgeait alors qu’avec cet argent manquant on aurait pu construire « 3.000 routes de qualité, des logements pour 800.000 personnes ou des milliers de terrains de foot dans toute la Russie ». « Les Jeux Olympiques sont un projet personnel pour Poutine et il est clair que ceux qui ont volé l’argent sont ceux qui sont proches de ce même Poutine », écrivent Nemtsov et Martynyuk dans leur rapport. […]

 
Toutes les accusations ont été démenties par le président du Comité d’organisation de Sotchi et par le pouvoir russe, quand ils n’ont pas tout simplement ignoré les propos tenus. Faute de preuves solides, aucune enquête n’a pu démontrer une telle corruption à grande échelle.
Dessin : http://www.leplacide.com/

 Privés de « Tomboy »

 
Rue89.com du 06/02 : « Tomboy » est un film formidable, une histoire simple, tournée avec finesse, celle d’une fille de 10 ans qui se fait passer pour un garçon, le temps d’un été ; Laure est ce qu’on appelle parfois, dans une formule affreuse, un « garçon manqué  ». Une œuvre sensible de Céline Sciamma que 120 élèves de quatrième et troisième du collège catholique Saint-Martin d’Angers devaient voir dans le cadre du programme « Collège au cinéma  ». La sortie était programmée depuis la rentrée scolaire, sans que personne ne s’en soit ému.

 
Mais le cinéma « Les 400 coups  » n’a pas vu venir les élèves. Au dernier moment, le collège a décidé d’annuler la sortie, sous la pression d’une poignée de militants de la Manif pour tous, qui ont pris pour nouveau cheval de bataille la prétendue « théorie du genre   » .

 
Deux autres collèges privés ont également annulé la projection du film. Au total, c’est 320 élèves qui sont « privés de Tomboy  », relève Le Courrier de l’Ouest.

 La réserve de Goasguen

 
L’Humanité.fr du 06/02 : Utiliser l’argent public pour faire capoter la construction de logements sociaux ? C’est possible dans le merveilleux monde de Claude Goasguen ! Parmi les heureux bénéficiaires de la «  réserve parlementaire   » du député maire (UMP) du 16e arrondissement, on découvre le nom de trois associations : Porte d’Auteuil Environnement, Sauvegarde Auteuil-bois de Boulogne et Coordination pour la sauvegarde du bois de Boulogne. Trois officines de riverains qui s’acharnent, depuis des années, à contrer les projets de construction dans ce quartier. Et chacune a reçu en 2013 un petit pécule d’encouragement (respectivement 2 000, 2 500 et 3 000 euros) de la part du parlementaire… Soixante ans après l’appel de l’abbé Pierre, c’est la grande classe !

«  Ces procédures judiciaires ont considérablement contribué à ralentir la livraison de ces nouveaux logements. Non con-tente de s’opposer par ses votes aux logements sociaux, la droite parisienne prête main-forte, avec les deniers du contribuable, à des associations qui refusent la mixité sociale.  » Habituée des recours judiciaires en tout genre, l’association Porte d’Auteuil Environnement mène la lutte de l’entre-soi depuis 2008. Dans son viseur, un terrain en friche de 1 500 m2 autour de la gare d’Auteuil, sur lequel la Mairie de Paris entend construire 350 logements — dont la moitié de sociaux – mais aussi une crèche et une bibliothèque. Autant dire un attentat à deux pas de la luxueuse villa Montmorency, dans cet arrondissement qui ne compte que 3,7 % de logements sociaux et où 20 % des contribuables payent l’ISF et possèdent un patrimoine moyen de 2,95 millions d’euros.
 

Officiellement, ces généreux citoyens n’ont rien contre les logements sociaux. Ils préfèrent s’abriter derrière des préoccupations environnementales et urbanistiques. C’est fou, le nombre d’écolos dans le 16e… ! […]

 La SNCF, la déportation et la réalité

 
L’Humanité.fr du 05/02 : Les projets de la SNCF et de sa filiale nord-américaine Keolis America aux États-Unis viennent une nouvelle fois d’être sérieusement attaqués. Deux élus démocrates du Maryland ont annoncé un projet de loi restreignant l’accès de la SNCF aux marchés publics tant qu’elle n’aura pas versé d’indemnités pour « son rôle dans la déportation des Juifs ». Le président de Keolis America a déclaré qu’il se livrerait à une « lecture critique » de cette proposition de loi afin de détecter une « éventuelle discrimination  » vis-à-vis des autres entreprises.

 
Ces dernières années, la SNCF a dû se replonger dans ses activités passées pendant la seconde guerre mondiale. Réquisitionnée par le régime de Vichy, l’entreprise avait mis ses moyens techniques pour la déportation pas seulement des Juifs de France mais aussi de l’ensemble des persécutés résistants, communistes, tsiganes, homosexuels etc… Comme toutes les administrations et grandes entreprises, beaucoup de dirigeants de la SNCF de l’époque ont appliqué les ordres du pouvoir pétainiste. Il y a eu à la SNCF des collaborateurs zélés et des agents obéissants vis‐à‐vis du gouvernement de Vichy et des occupants allemands.

Mais ces « collabos » ne peuvent résumer à eux seuls la SNCF et le comportement des cheminots pendant cette période. Faut-il rappeler les actes de résistance, de désobéissance, de désorganisation et de sabotages des transports ? Faut-il rappeler le lourd tribut payé par les cheminots avec 8.938 morts, 15.977 blessés, 2.480 déportés dont 1.157 sont morts dans les camps de concentration ? Et si les motivations réelles des élus du Maryland contre les projets de la SNCF dans leur État répondaient à d’autres critères ?