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Mée-disances du 19 février 2014.

Ecrit le 19 février 2014.

 Cent ans de « chasse »

 
« Mariage homme distingué, aisé, généreux… ». La première petite annonce matrimoniale passée par une veuve de 50 ans en 1898 dans Le Chasseur français ne manquait déjà pas d’allant. À l’approche de son 130e anniversaire, le magazine qui, rappelons-le, est essentiellement tourné vers la chasse, la pêche et le bricolage, a publié le 7 février dernier un hors-série spécial sur ses petits billets doux. Soit près de 450 000 mots « d’amour en milieu rural et agricole  ».

 
À chaque époque, ses critères de sélection. Au début du XXe siècle, la question financière est omniprésente, pour les femmes comme pour les hommes. Ainsi croise-t-on dans les pages du mensuel, des militaires de carrière comme cet officier « noble, titré » qui, en avril 1904, cherche désespérément « une jeune fille très honorable et très riche  ». Ou cet autre boute-en-train : « Célibataire rentier, 38 ans, désire connaître célibataire, même âge, ayant rentes, pour vivre ensemble, frais communs. On ne s’ennuiera pas. » Dans la première moitié du siècle, les fortunes ne se mélangent pas et la sexualité est évoquée à demi-mot. Il faut attendre les années 1950 pour voir apparaître les détails de la vie intime, parfois à la limite de l’indécence. [...] Plus qu’un miroir de l’histoire amoureuse française, on y perçoit en filigrane, les conséquences des grandes guerres du XXe siècle et l’entrée dans l’ère de la technologie. 

 
En 1920, c’est un « jeune mutilé de l’ouïe, pensionné militaire  » qui cherche « une jeune fille, même infirmité  ». À l’heure de la colonisation, on ne compte plus le nombre de « retours », qu’ils soient d’Indochine, du Cameroun ou du Moyen Congo. Des lecteurs parfois lointains qui passaient leur annonce 7 ou 8 mois avant leur retour au bercail où pouvait alors s’effectuer la rencontre en chair et en os. Dans les années 1970, l’apparition du téléphone transforme par la construction des histoires amoureuses.

 
Avec l’arrivée du Minitel dans les années 80, puis de l’Internet dix ans plus tard, les annonces migrent vers d’autres supports. Le Chasseur français a d’ailleurs lancé fin 2012 son propre site de rencontre amoureuse en milieu rural : Brindamour.fr... Un succès mitigé en comparaison de sa version papier qui serait à l’origine de la naissance de 4,5 millions de Français. 

 Un ministre pas « vert »

 
leMonde.fr du 08/02 : A quoi reconnaît-on un bon ministre ? Au nombre de dossiers qu’il traite, selon Veerappa Moily ; le ministre indien du pétrole et du gaz naturel, qui a hérité en plus, en décembre 2013, du portefeuille de l’environnement, en détient probablement le record. Un mois après sa prise de fonctions, il a donné son feu vert à 100 projets industriels ou d’infrastructures représentant l’équivalent de 30 milliards d’euros d’investissements, parmi lesquels l’aménagement d’un port, l’ouverture de mines de charbon ou encore la construction d’un complexe sidérurgique par le groupe sud-coréen Posco.

 
« Je n’ai jamais vu un ministre censé protéger l’environnement, causer autant de dégâts en aussi peu de temps  », se désole Sugandh Juneja, du Centre pour la science et l’environnement basé à New Delhi. Les ONG sont tellement inquiètes que l’une d’entre elles, Greenpeace, a déjà demandé la démission du ministre. Elle l’accuse « d’expédier les dossiers en ignorant tous les acteurs concernés, à l’exception des entreprises  ».

 
Les défenseurs de l’environnement soupçonnent le premier ministre indien d’avoir nommé Veerappa Moily à ce poste pour accélérer les projets industriels et amadouer les milieux d’affaires à six mois des élections législatives. Le manque d’infrastructures est régulièrement cité comme étant l’un des principaux handicaps de l’économie indienne, participant au ralentissement de la croissance, qui est à son plus bas niveau depuis dix ans. […]

 
Le contrôle et le suivi des garanties environnementales font défaut en Inde. Les équipes qui dépendent du ministère de l’environnement ou des États sont en sous-effectif notoire et n’ont souvent pas les moyens matériels de vérifier sur place si un industriel a bien reboisé un site ou réapprovisionné les nappes phréatiques comme il s’y était engagé.

 « Je t’aime, moi non plus »

 
Les Echos.fr du 13/02 : Devant quelque 3.000 Français de San Francisco réunis dans un grand hôtel de la ville, François Hollande a brocardé le président du Medef Pierre Gattaz, à l’occasion de sa visite riche en symboles dans la Silicon Valley . Rappelant qu’il était accompagné de membres du gouvernement, de deux présidents de région, de parlementaires et de nombreux chefs d’entreprises, le chef de l’État a évoqué «  cet avantage d’avoir eu le président du Medef tout au long de (son) déplacement  » à ses côtés. « Il sera même dit que j’ai fait applaudir le président du Medef », a-t-il plaisanté avant d’enchaîner sur le même registre moqueur : « Je ne doute pas qu’il me rendra la pareille le moment venu, ça fait partie du pacte de responsabilité, je l’avoue  ».

 
Au premier jour de la visite de François Hollande aux États-Unis, placée sous le signe de l’offensive économique, le président du Medef avait semé le trouble, répétant que les allègements de charges promis aux entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité ne devaient pas s’accompagner d’une «  contrainte  ». Ces déclarations à l’étranger alors qu’il était convié au sein de la délégation française ont suscité l’indignation du gouvernement. Pierre Gattaz a cependant procédé à une clarification devant la presse à bord de l’avion présidentiel. Le patron du Medef n’exclut plus des « engagements chiffrés » en matière de création d’emplois mais sur la base « d’objectifs » et « d’estimations  ».

 Billets gratuits

 
NouvelObs.com du12/02 : La Cour des comptes épingle dans son rapport du 11 février les « facilités de circulation » de la SNCF, accordés à ses personnels et à leurs proches : « Le grand nombre, parmi les bénéficiaires, de personnes dont les liens avec le chemin de fer sont pour le moins ténus, pose un problème au regard de l’égalité d’accès au service public ferroviaire », soulignent les magistrats. « Depuis sa création en 1938, la SNCF accorde à ses personnels des facilités de circulation sur son réseau, telles que gratuité ou tarifs préférentiels, mais la compagnie a amplifié ces avantages qui étaient à l’origine une contrepartie de l’exigence de mobilité imposée aux personnels des entreprises de chemin de fer ».

 
La sensibilité sociale du sujet freine toute tentative de simplification et a dissuadé jusqu’à présent toute réflexion sur la modernisation d’ensemble d’un dispositif vieux de 75 ans. Résultat : en 2011, les cheminots en activité ne représentent que 21,5% des bénéficiaires (163.005 personnes), derrière les retraités (24,3%) et largement derrière les ayants droit, 54,1% avec 409.000 bénéficiaires. Et encore, ces chiffres ne recensent que ceux qui bénéficient automatiquement du dispositif (partenaires de couple et enfants de moins de 21 ans) et ne prennent pas en compte ceux qui doivent en faire la demande (droit qualifié de ’quérable’), soit plus de 340.000 personnes. « Le total des bénéficiaires des facilités de circulation s’établissait donc, à la fin de 2011, à plus de 1.100.000 personnes, dont seulement environ 15% de cheminots en activité » observe la Cour.

 
La Cour recense plusieurs méthodes et hypothèses pour arriver à des « évaluations de l’impact total sur les comptes de la SNCF allant d’une cinquantaine de millions d’euros à des sommes dépassant significativement 100 millions ». Elle recommande donc une remise à plat du dispositif et notamment de supprimer les facilités de circulation accordées aux ascendants et de rendre quérables les facilités accordées aux autres ayants droit.

 
Les syndicats de la SNCF s’opposent à tout rabotage des billets gratuits et tarifs préférentiels accordés aux cheminots et à leurs proches. En réponse à la Cour des comptes, ils affirment défendre un « droit » inscrit au « contrat du cheminot ».