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Personnes âgées (04)

Ecrit en 2000 ?

Les basses retraites :
Première maltraitance des vieux

Les Congrès, syndicaux ou autres, tiennent toujours un peu de la grand-messe, surtout quand ils réunissent des anciens, grand-messe où rivalisent les mots qui font flèche, les morceaux d’éloquence, mais grand-messe populaire où il n’est point besoin de grandes orgues pour réchauffer une salle par moments somnolente, mais grand-messe encore nécessaire, grand-messe encore indispensable pour se remettre en face de la triste réalité des choses.

A cet égard, le Congrès Régional des Retraités C.F.D.T. qui s’est tenu à la Roche S/Yon le 16 mai dernier n’a pas été avare de chiffres. Il a rappelé tout d’abord l’importance des plus de 60 ans qui représentaient 13,8 % de la population française en 1920, 16,7 % en 1960 et 20 % en 1999.(A Châteaubriant, ils atteignent près de 26 % de la population en 1999.)

De même l’espérance de vie moyenne est passée de 54 ans en 1920 à 65 ans en 1946, 73 ans en 1973 et 79 ans en 1990 (74,6 ans pour les hommes et 82,5 ans pour les femmes) La moyenne est autour de 80 ans aujourd’hui .

Enfin l’âge moyen de fin d’activité qui était de 66,5 ans en 1965 est tombé à 59 ans en 1996 ; il doit être inférieur aujourd’hui

Les retraites traînent la patte

Mais on a aussi découvert autre chose, à savoir que l’évolution des retraites n’a pas suivi l’indice des prix (et encore moins bien sûr l’évolution des salaires) ainsi que le démontre le tableau 1 :

Tableau 1 : les pensions de retraites (nettes), par rapport au coût de la vie :

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Maltraitance des vieux

Les retraites de base du régime général de la sécurité sociale dans le secteur privé ont à peine suivi l’évolution du coût de la vie : la perte est de - 0,2 % à - 4,4 % si l’on tient compte des charges pour s’en tenir à la simple comparaison des chiffres (sans raisonner sur le fond) ainsi que le démontre le tableau 2.

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Maltraitance des vieux

Il en est de même en ce qui concerne les retraites complémentaires du secteur privé la perte est de - 1,8 % à - 6 % si l’on tient compte des charges en s’en tenant simplement là aussi à la simple comparaison des chiffres : voir tableau 3 ci-dessus :

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Maltraitance des vieux

Il convient d’ajouter que les lois BALLADUR portant la durée de cotisation de 37 ans et demi à 40 ans et modifiant le salaire moyen de référence (25 meilleures années au lieu de 10 antérieurement) ont encore aggravé la situation provoquant des pertes de retraite pouvant dépasser les 1000 francs par mois

En 17 ans la retraite des SMICards a perdu -25 %

Il y a encore plus grave . Depuis 1983 existe un dispositif appelé MINIMUM CONTRIBUTIF qui fixe la retraite de Sécurité Sociale minimum pour un salarié payé au Smic et ayant cotisé toute sa vie (150 trimestres validés et 60 d’âge en 1983) . Ce MINIMUM (1) FIXE EN 1983 à 2200 F. DEVAIT EVOLUER EN FONCTION DU SMIC BRUT .

Il faut donc savoir qu’un salarié payé au SMIC pendant toute sa carrière se retrouve au-dessous du minimum contributif et que aujourd’hui, pour une carrière complète, un salarié sur 3 du secteur privé arrive au minimum contributif

Or en 17 ans le minimum contributif a subi une PERTE MENSUELLE DE - 25 % soit - 1100 F par mois, ainsi qu’en témoigne le tableau 4 ci-dessous :

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Maltraitance des vieux

CONCLUSION :
Les exclus de la croissance

Sans doute existe-t-il pour certains des retraites confortables ou simplement correctes que d’aucuns n’hésitent pas parfois à montrer du doigt . Mais ceci ne saurait faire oublier :
– le tiers des salariés retraités du secteur privé dont la retraite du régime général (ou agricole) est au minimum contributif (soit 3301,09 F par mois ) ;
– les retraités (retraitées) qui ne disposent que d’une modique pension de réversion ;
– les retraités relevant de l’allocation de solidarité du minimum vieillesseLes congressistes Cédétistes ont déclaré : « LA BASSE RETRAITE EST LA PREMIERE MALTRAITANCE DES PERSONNES AGEES »

Ils en ont analysé les conséquences :
– Conséquences psychologiques diverses
– Trouble du comportement dû à la perte de l’autonomie financière
– Impossibilité de payer une mutuelle ;
– Obligation de recours aux enfants, aux petits-enfants ou à la collectivité

Ils ont stigmatisé les responsables, notamment :
– Le capitalisme, la course au profit dans l’économie libérale qui produit des effets néfastes sur les salaires et les retraites et dont les basses catégories sont les premières victimes ;
– La volonté du patronat de réduire le montant des retraites qui coûtent trop cher selon lui (les retraités nantis !)
– Les salaires trop bas et les baisses des cotisations qui en découlent
– Les exonérations accordées aux patrons couvertes ou non par l’Etat
– Le souci de la gestion purement technocratique, etc ..

Les congressistes ont réclamé :
– La recherche du financement nécessaire pour l’amélioration du système des retraites
– Une autre approche des problèmes concernant les retraites que celle basée uniquement sur la gestion financière
– Que le vieillissement de la population soit pris en charge par la solidarité nationale et non par les seuls salariés... tout en constatant que l’amélioration des pensions et notamment des plus basses, entraînera l’amélioration de la santé des personnes âgées, la création d’emplois et servira la richesse nationale

Que peut-on ajouter ? Ceci peut-être : les Organisations Syndicales de Retraités avouent n’avoir rien obtenu en matière de retraites depuis 10 ans ; au contraire pourrait-on écrire, celles-ci n’ont cessé de se dégrader. Et le rapport de force que les retraités peuvent exercer ne peut être qu’épisodique (sauf le bulletin de vote). Ce n’est pas dans la recherche du sexe des anges qu’on pratique une politique de gauche ni en maintenant les petits retraités dans une situation de misère crasse, ni en ménageant la chèvre et le chou comme en matière de licenciements économiques, ni en laissant se démanteler le Code du Travail, ni en se laissant emporter par la dérive libérale, l’abandon du rôle de l’Etat, de la loi, de la puissance publique, porté par le chant des sirènes d’un certain libéralisme européen, d’une certaine mondialisation européenne .

Une véritable politique de gauche n’existe qu’inspirée, portée par le souffle de la classe populaire : les classes moyennes et la gauche néo-libérale qui composent l’essentiel du gouvernement et du parlement n’ont qu’une approche intellectuelle et théorique, mais non viscérale, de la détresse quotidienne des petits et des sans- grade ; elles ne sont pas concernées. C’est au peuple qu’il appartient de réinvestir les structures d’un appareil qui fonctionne en son nom .

A propos, qu’est devenue la planification démocratique jadis inventée par la C.F.D.T. ?

Jean GILOIS


écrit le 21 novembre 2001

Glissades

Le risque de l’hiver, ce n’est pas le froid, mais la glissade. L’ORPAC  , avec la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) a organisé une réunion à Châteaubriant lundi 19 novembre pour prévenir les personnes âgées contre le danger des chutes, causes du décès de plus de 9.000 d’entre elles et de plus de 500.000 hospitalisations en urgence par an.

Premières causes de mortalité chez les seniors, les chutes peuvent se produire lors d’activités habituelles, comme marcher, se lever d’une chaise, vaquer à ses tâches ménagères et jardiner.

Elles touchent plus de 2 millions de personnes âgées de plus de 65 ans chaque année.Elles entraînent pour 20 à 30 % d’entre elles une perte ou une diminution d’autonomie et concernent au moins une fois par an 80 % des plus de 85 ans.

Près de la moitié (45 %) des hospitalisations sont d’une durée supérieure à 20 jours et les périodes de rééducation sont importantes.

Les chutes sont également responsables de 45.000 fractures de poignets, 65.000 de vertèbres et 55.000 du col du fémur par an, soit dans ce dernier cas, un coût de l’ordre de 0,7 milliards d’euros (5 milliards de francs) pour la Sécurité Sociale. Ces chiffres devraient doubler dans les prochaines années compte-tenu du vieillissement démographique.

Les causes de ces chutes sont multiples (baisse de la vue, perte d’équilibre, ostéoporose, malaises, déprime). L’ORPAC   s’efforce, par exemple à travers son atelier d’arts corporels internes, de permettre aux retraités, de retrouver confiance en eux pour affronter le quotidien et limiter de la sorte le risque de chute - 02 40 81 06 22


NOTES:

(1) (Attention ; Le MINIMUM CONTRIBUTIF N’A RIEN A VOIR AVEC LE MINIMUM SOCIAL ou minimum vieillesse ou Fonds National de Solidarité qui est une allocation récupérable sur les biens accessible à 65 ans, pour les personnes sans ressources)