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Babyfoot et psychiatrie

Ecrit le 2 avril 2014.

 Babyfoot et psychiatrie

Troubles anxieux, troubles obsessionnels compulsifs, troubles du langage, phobies, anorexie, autisme, dépression ... l’enfant, même tout petit, n’échappe pas aux pathologies psychiatriques et/ou relationnelles, sans qu’on puisse en rejeter la responsabilité sur la famille ou l’entourage. Ce peut être un malaise général ou des situations de crise. Pour cela il existe deux structures à Châteaubriant, dépendant du Centre Spécialisé de Blain : le CMP et l’hôpital de jour, installés depuis début mars dans leurs nouveaux locaux, l’immeuble Ehretia (là où se trouvait naguère le foyer occupationnel).

Le CMP (centre médico-psychologique  ) accueille environ 250 enfants et adolescents par an, pour des consultations et activités (et on manque de places !). L’hôpital de jour, lui, n’a qu’une dizaine de places. Les délais d’attente sont longs, plusieurs mois. Dans les cas graves (fugue, agitation, insomnie prolongée ...), il peut y avoir des accueils en urgence. C’est ce qu’ont expliqué le Dr Rennou et le Dr Béguet.

Les consultations d’accueil (quatre le plus souvent) permettent de définir les activités qui seront proposées à l’enfant ou à l’adolescent, de manière individuelle ou collective. Cuisine, bricolage, peinture, modelage, jeux ... c’est mieux que le face-à-face, cela aide l’enfant à exprimer sa souffrance avec autre chose que des mots et peu à peu à .... mettre des mots sur ses maux, à comprendre ce qui se passe en lui. La communication est facilitée par le recours aux objets.

Divers moyens sont utilisés par la structure de pédopsychiatrie. Le babyfoot par exemple, dans la salle d’accueil, est un instrument formidable ! L’enfant joue, ou regarde, ose être là sans se sentir rejeté par les autres.

La perception sensorielle est le fondement de toute expérience et la base de tout apprentissage. Les sens (le goût, le toucher, l’odorat, la vue, l’ouïe) ont besoin d’être stimulés. S’ils ne le sont pas, ils s’atrophient.

C’est pourquoi une salle de l’hôpital de jour est consacrée à la peinture. Une autre à la musicothérapie. Exister en laissant une trace sur un papier. Exister en faisant du bruit. Exprimer des émotions, sans passer par l’expression verbale. En France, les études concernant l’action de la musique essaient de montrer que l’écoute de certaines musiques a des répercussions physiologiques et psychologiques sur l’organisme, notamment au niveau cardio-vasculaire, respiratoire, musculaire et végétatif !

La pataugeoire permet d’autres expériences : l’habillage et le déshabillage, la quasi nudité, la reconstruction de la représentation corporelle, l’eau qui coule ou que l’on retient. L’enfant a toujours aimé jouer avec de l’eau et des objets simples (les éponges, les récipients, le bébé qu’on peut baigner) ; il apprend véritablement à jouer et à développer son imaginaire.

Et la cuisine, une merveille la cuisine. Préparer, déguster, partager ... et ramener des expériences à la maison, montrer qu’on sait faire des choses.

Des sorties (séjours thérapeutiques) sont proposés : la Brière, le zoo de Branféré, Nantes : quitter sa famille, partir en groupe, affronter sa peur, accepter de se voir sur une photo ...

Une salle de psychomotricité offre des jeux de ballons, des échelles, des tapis... Un bon équilibre donne confiance en soi. Et cette confiance en soi aide à progresser. En jouant, en riant et en se mesurant à l’autre, l’enfant explore un nouvel espace et découvre qu’il a besoin des autres pour monter plus haut, pour garder un équilibre. On sait qu’il y a interaction entre le vécu corporel, les émotions et les pensées. Corps et psychisme sont interdépendants. Voir psychomotricité

Chaque semaine, il y a une réunion soignants-soignés, car l’enfant n’est pas un objet de soins, il lui faut apprendre à être acteur de sa vie, à construire des relations avec d’autres jeunes et avec des adultes. Bien sûr, cela ne se fait pas du jour au lendemain, les enfants sont libres de venir ou non, mais ils savent que cette réunion existe, que la porte est ouverte, qu’ils y sont les bienvenus.

Chaque enfant dispose d’un référent, interlocuteur privilégié de la famille et de l’environnement social et scolaire. Des entretiens réguliers sont proposés à la famille. Un cahier de liaison peut être mis en place pour assurer la cohérence du suivi, dans le passage d’un lieu à l’autre (famille, école, hôpital). L’équipe soignante est vigilante quant au secret professionnel et médical.

Bref, nous avons de la chance d’avoir une telle structure à Châteaubriant. Pour guérir les enfants, souvent et surtout pour les aider à trouver une façon de vivre avec les autres malgré leurs difficultés.

CMP – 9 ter rue Denieul et Gastineau
à Châteaubriant – Tél 02 40 28 07 88
Hôpital de jour – 02 40 28 18 18


Ecrit le 2 avril 2014.

 Tous à poil

L’auteur du livre « Tous à poil  » s’explique dans Le Nouvel Observateur. « Ce sont des images avec très peu de texte, une liste de personnages que l’on voit se déshabiller. À la fin du livre, ils se retrouvent à la plage, nus et vont se baigner dans la joie et la bonne humeur. Nos personnages sont des figures du quotidien ou issues de l’imaginaire des enfants : il y a le personnel de la cantine, la maîtresse d’école, le policier qui fait la circulation  ». Mais JF.Copé s’en est choqué. Si l’on suit sa façon de penser, il ne faudrait plus emmener les enfants au musée. Le plafond de la chapelle Sixtine ne choque personne !

« J’ai eu l’idée de ce livre parce que nous avons quatre enfants qui avaient entre 11 et 16 ans à l’époque de la sortie. Nous savons que les enfants se posent des questions sur leur corps, cherchant à savoir s’ils sont normaux, à savoir comment nous sommes faits, comment les autres sont faits. Si on laisse les enfants se débrouiller seuls avec ces questions, que trouvent-ils ? Vont-ils sur internet ? Dans le monde où on vit, c’est impossible de ne pas s’interroger sur tout ce que l’on voit dans les magazines, les publicités, les émissions de télé. Le livre est une réponse à ces images de corps retouchées que l’on voit apparaître partout. Ces corps n’ont plus rien de vrai. Cette perception renvoie à la haine de soi, je voulais proposer un autre regard sur la nudité qui soit décomplexant (...). Le livre a été écrit pour être drôle et les enfants ne s’y trompent pas. Nous y montrons la vie telle qu’elle est et eux n’ont aucun problème avec ça, ce sont les adultes qui émettent certaines réserves  ».

La psychanalyste Claude Halmos qui intervient sur la radio France-Info a déclaré « Monsieur Copé oublie que les livres, la fiction, le théâtre, l’art, sont là pour nous permettre de réaliser en imagination des choses interdites, ce qui évite justement de les faire en vrai. Et un enfant de 3 ans le comprend très bien. A poil la maîtresse, à poil les policiers, à poil le chien, c’est super à dire, et on hurle de rire, surtout d’ailleurs si ça énerve Mamy, et ensuite on passe à autre chose... ».

Et elle explique que si l’on écoute JF Copé il faudrait interdire Le petit poucet, car c’est une incitation à l’abandon d’enfants, et Le petit chaperon rouge, une apologie de l’assassinat. Et Barbe-Bleue qui montre un homme tuant ses épouses successives !

Les professionnels du livre se mettent « tous à poil »