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Journée de réflexion à Vie-Santé-Libre

  Sommaire  

Ecrit le 2 avril 2014.

Les membres de l’association se sont retrouvés pour une journée d’études, le 15 mars dernier à Louisfert : pour mieux connaître les malades de l’alcool, leur conjoint(e), et les familles. Pour échanger des idées, écouter, soutenir. Car l’alcool est un fléau qui touche jeunes et vieux, hommes et femmes, dans tous les milieux sociaux. «  Plutôt que de traîner un fardeau et d’y ajouter les problèmes du présent et ceux du futur, il vaut mieux mettre les problèmes passés dans une consigne et perdre la clef. On ’a qu’une vie. Alors, si une partie n’a pas été au-top, autant la continuer en appréciant encore plus ce que certains appellent ’’la normalité’’  » a dit le président Maurice Eveillard. (1)

 La rechute

Le thème abordé : la rechute, vue du côté du malade et du côté du conjoint(e).

Que représente une rechute pour vous ? Les malades ont répondu : « C’est la honte, l’échec, le doute, la perte d’assurance, la peur, la trahison ... »

Mais pourquoi la rechute ? « Souvent de mauvaises nouvelles (travail, santé), la dépression, la solitude mais aussi l’incitation des autres, les repas de famille, les occasions festives » - « Alors on se sent mal dans sa peau, on cherche à cacher cela aux autres, on est déçu de soi-même, on ne sait comment faire ... ».

Comment réagit votre conjoint(e) ? « Rapports conflictuels, beaucoup plus d’engueulades, harcèlement, humiliation, perte de confiance, flicage. D’un côté comme de l’autre on croit qu’on ne s’aime plus. On se renferme à la maison. C’est très difficile à vivre, des deux côtés ».

Alors, quand le malade va mieux, qu’attend-il de son conjoint ? « Compréhension, soutien, amour, encouragement, fierté, complicité, entreprendre des projets à deux, sortir ensemble à nouveau ».

Quelque fois, sans aller jusqu’à la rechute, le malade ressent une forte envie de boire. Que faire alors ? « S’occuper, passer à autre chose, prendre un verre d’eau, sortir à vélo ou à pieds et éviter les occasions, appeler un ami qui vous comprend ou un membre du bureau de l’association. ».

Vue du côté du conjoint, la rechute est très mal vécue. « Je le (la) prive d’argent pour qu’il (elle) n’achète pas d’alcool » a dit une personne. « je perds confiance, je suis démoralisé-e, je ressens de la colère et de la honte, je supprime les sorties, j’ai envie de quitter définitivement la maison » a dit une autre. Mais si le malade fait des efforts ? « Alors, ça fait plaisir ! L’ambiance est meilleure à la maison ».

Il faut savoir qu’un malade alcoolique reste un malade, parce que la sensibilisation chimique de l’organisme fait que le corps réclame ’’sa dose’’, même quand psychologiquement il n’y en a plus besoin. Le corps ’’reconnaît’’ une présence (même minime) d’alcool et peut ainsi relancer une dépendance en ’’réclamant’’ un retour à la consommation. C’est la raison pour laquelle un malade alcoolique devra être abstinent toute sa vie pour éviter cette source de rechute. Il devra même se méfier de la bière sans alcool (qui contient un degré selon la législation), des eaux de toilettes alcoolisées (voie cutanée), de la laque (voies respiratoires).

La rechute est toujours possible et l’entourage (médical, familial a un rôle à jouer pour ramener le malade à la raison. Pas à la raison, la nôtre (les bonnes raisons de ne pas boire), mais à SA raison. Cette raison, cette cause, cette circonstance initiale qui a provoqué la mise en œuvre de la pulsion de survie. Celle-ci a poussé involontairement à éloigner de soi une zone de souffrance. C’est une anesthésie naturelle et salutaire permettant de tenir le coup en attendant de meilleurs instants. L’alcool a été utilisé par le malade alcoolique pour prolonger ou fortifier cet endormissement de la douleur ou de la zone de vie contenant de la douleur.

 Pas de mépris

Alors, pour éviter la rechute, il faut trouver cette raison qui a poussé à boire. Puis apporter un soin à cette raison. Ensuite, veiller à avoir du respect pour la période alcoolisée (où le malade a fait pour le mieux avec ce dont il disposait). Pour finir, le malade devra savoir « être reconnaissant envers l’alcool » pour le soutien qu’il a représenté pendant ce temps. Quand on n’a plus besoin d’une béquille, il est ingrat de la condamner. Il n’est jamais bon de mépriser une partie de soi-même, une partie de sa vie.

S’il y a rechute c’est que quelque chose n’a pas dû être vu dans la raison du malade, n’a pas été vraiment réhabilité. Peut être aussi que le malade a gardé un peu de rancœur sur l’époque alcoolique ou sur l’alcool lui-même. Il importe alors qu’il soit accompagné le plus tôt possible, et qu’il puisse aller chercher de l’aide avec la tête haute. Cela n’est possible que s’il sait que sa rechute est plus une opportunité qu’une catastrophe et s’il est assuré que celui qui va l’aider a le même regard. (2)

(1) L’association s’est dotée d’un site internet : Cliquez ici

(2) source : Thierry Tournebrise : Aider le malade alcoolique

Une femme qui boit