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Mée-disances du 16 avril 2014.

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Ecrit le 16 avril 2014.

 Chasse aux clandestins

 
L’Humanité.fr du 07/04 : En découvrant la liste des délégations attribuées aux conseillers et adjoints de Serge Grouard, maire UMP d’Orléans réélu haut la main, les militants des associations d’aide aux sans-papiers se sont étranglés. Au même titre que la gestion des appels d’offres ou du tourisme  , l’édile local aura désormais un bras armé à «  la lutte contre l’immigration clandestine  », qui demeure pourtant une prérogative des services de l’État. Et ceci au moment même où le Front national fait son entrée sur les bancs du conseil municipal. […]
 
La décision de ce député-maire proche d’Alliot-Marie et ancien membre du cabinet de Chirac à l’Hôtel de Ville de Paris, est d’autant plus surprenante qu’elle ne figurait pas dans son programme municipal. […] Dans un communiqué transmis aux médias, la municipalité se justifie en dénonçant le «  laxisme de l’État  » en matière de chasse aux clandestins et précise que, grâce à ses «  quelques compétences  » (attestations d’accueil, regroupement familial, avis sur la délivrance de la carte de résident de 
dix ans…), elle pourra redresser la barre. Seulement voilà : Orléans ne souffre d’aucune invasion barbare incontrôlable, comme le sous-entend l’intitulé de la 
délégation. Et dans une ville qui a connu la rumeur antisémite des années 1960, dite rumeur d’Orléans, ou, plus récemment, le discours de Jacques Chirac sur le bruit et l’odeur, ce genre d’amalgame ne prête pas à sourire.

 Virus Ebola

 
NouvelObs.com du 05/04 : Guinée, Liberia, Sierra Leone et maintenant le Mali. Le virus Ebola se multiplie dans la zone d’Afrique de l’Ouest et inquiète les pays voisins. La fièvre hémorragique du virus est extrêmement contagieuse et elle tue dans près de 80% des cas. Le virus Ebola vient des animaux et plus particulièrement des chauves-souris qui se nourrissent de fruits. Sans en mourir, la bête porteuse contamine les hommes qui la touchent ou la mangent. L’animal infecte aussi les singes, favorisant ainsi la prolifération de la maladie. Dans les pays d’Afrique où ont été constatés ces cas de virus hémorragique, les hommes se nourrissent fréquemment des animaux qu’ils rencontrent dans la brousse. Entre la boucherie et l’assiette, il est très facile d’attraper des maladies. Le pire : les marchés où l’on s’échange les animaux morts. […]

 
Il n’y a ni traitement ni vaccin disponible aujourd’hui contre Ebola. Développer un vaccin coûte des millions d’euros et prend des années. La maladie a pour l’instant fait 1.500 victimes en 35 ans. Une équation pas forcément rentable pour les laboratoires. Ce n’est pas la seule maladie mortelle oubliée. La rage fait entre 50.000 et 60.000 morts par an. On pourrait vacciner les personnes après qu’elles aient été contaminées. Pourtant, on ne fait rien...

 Dopés du quotidien

 
Le monde du travail a ses « dopés du quotidien », des salariés qui consomment discrètement cocaïne, médicaments, ou autres produits pour tenir ou être plus performants. Un « véritable problème de santé publique » qui commence à intéresser les chercheurs. Réunis les 7 et 8 avril pour le premier congrès « Addictologie et travail », sociologues, addictologues ou encore psychologues du travail ont souligné le manque de données sur le sujet.

Des tests menés chez Exxon sur 800 salariés ont montré que 5,9% étaient positifs aux substances psycho-actives, un chiffre « probablement minoré » car seuls les volontaires étaient testés. Une addictologue a cité son intervention récente dans une banque où sur une trentaine de traders, « une bonne dizaine carburaient à la coke ». Au départ, le médecin voyait plutôt des cadres issus de l’informatique, de la finance ou des médias, mais « les pratiques se sont démocratisées » et désormais des professions comme les postiers, les coursiers ou les VRP sont aussi concernées. Trois objectifs sont recherchés dans ce dopage : quête d’énergie, de concentration et de productivité, une « démarche analogue à celle des sportifs de haut niveau ». Chez les dopés, l’usage est associé « à une contrainte liée au travail » et le produit un moyen. Alors que « le toxicomane va se faire des rails longs avec des quantités importantes pour se casser la tête », le dopé de son côté « va faire des micro-pointes avec des toutes petites quantités de coke, mais toutes les demi-heures ». […]

 
« Ces stratégies paradoxales ont toujours existé », mais « elles prennent aujourd’hui une ampleur différente du fait des transformations du travail : intensification, injonctions contradictoires, demande accrue d’implication et atteinte au sens du travail ». La « loi du silence » prévaut autant du côté des usagers que des employeurs, soucieux de l’image de l’entreprise. Pour le médecin, « l’entreprise ne peut qu’être ambivalente » car ces salariés sont « dans un premier temps plus productifs, plus adaptés, plus volontaires ». Mais à terme, les accidents du travail et l’absentéisme peuvent être plus importants. Quand les salariés en arrivent là, ils sont en général en rupture psychologique, mais aussi souvent physique et ont un « sentiment de honte et de solitude massif ». Il faut alors faire l’inventaire de leur consommation, dont ils ont souvent perdu le fil. Il faut ensuite voir comment adapter le travail : de simples modifications d’horaires ont permis à « un bon nombre d’entre eux de rentrer dans des conduites normales ».

 Inégalités

 
Challenges.fr du 10/04 : Les 67 personnes les plus fortunées de la planète possèdent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, a estimé ce 9 avril l’ONG Oxfam. « Les inégalités extrêmes se sont aggravées » affirme l’organisation de lutte contre la pauvreté. Selon Oxfam, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, qui tiennent leur assemblée générale cette semaine à Washington, doivent passer de la rhétorique aux actes pour tenter de réduire ce fossé. « Le président de la Banque Jim Yong Kim et la directrice générale du FMI Christine Lagarde ont abondamment parlé des dangers posés par l’explosion des inégalités. Nous devons voir des actions concrètes pour appuyer cette rhétorique », a plaidé le président d’Oxfam America.
 

Le FMI a récemment publié deux rapports soulignant les méfaits des inégalités sur l’économie. La Banque mondiale s’est, elle, fixé l’objectif de doper les revenus des 40% les plus pauvres partout sur le globe. Mais, selon Oxfam, ces deux institutions doivent désormais « changer » leurs recommandations et leur politique de prêts à leurs États-membres, en plaidant pour davantage d’investissements dans la santé et l’éducation. Gardien de l’orthodoxie budgétaire, le FMI défend traditionnellement les coupes dans les dépenses publiques et la réduction des déficits. « L’austérité aggrave les inégalités et le FMI et la Banque mondiale le savent bien », assure Oxfam, qui appelle également le Fonds à admettre que les stratégies d’évitement fiscal des multinationales sont un des « moteurs » des inégalités.

 Premier geste politique

 
Libération.fr du 08/04 : Steeve Briois, le maire FN   d’Hénin-Beaumont, a suspendu, pour cause d’opposition politique, la subvention accordée à la Ligue des Droits de l’Homme locale, et l’a priée de déguerpir du local municipal qu’elle occupait. Il s’appuie sur un arrêt du Conseil d’État, qui concernait, en 2002, la Licra à Draguignan. « Le Conseil d’État indique qu’il n’est pas possible de subventionner une association qui combat une formation politique dont l’existence est légalement reconnue » indique le Front national qui conclut : « Que la bien-pensance s’y fasse : désormais la loi sera respectée à Hénin-Beaumont ! » 
L’argumentaire est juridique, mais on en retient surtout l’odeur de chasse aux sorcières. Pas question pour la LDH de quitter la commune où elle a déjà trouvé un nouveau local. Elle vient de créer un comité local de vigilance citoyenne.

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