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La Valls des milliards ; la légende du 3 %

Ecrit le 23 avril 2014.

 L’annonce des mesures d’austérité faite par Manuel Valls a stupéfié dans les rangs socialistes. Les députés Laurent Baumel, Christian Paul… et beaucoup d’autres qui avaient signé la contribution pour un contrat de majorité sont effarés.

Les dossiers arrivent à l’Assemblée : pacte de responsabilité, réduction de 50 milliards – sans doute plus – des dépenses publiques, aides aux entreprises, fiscalité, abaissement des cotisations sociales, collectif budgétaire, gel des allocations sociales jusqu’à l’automne 2015…

Alors que les hauts salaires ne sont pas plafonnés, alors que les revenus de la finance sont insolents, comment les socialistes, la gauche, le mouvement social pourraient-ils rester l’arme au pied ?

Avec près de 100 députés socialistes signataires du texte « pour un contrat de majorité » (dont le député Yves Daniel), une alternative peut se dessiner au cœur de la gauche. Des députés vigilants, exigeants sur leur rôle, refusant le bonapartisme de la Ve République, c’est la garantie d’une réorientation possible sur le fond.

Dans les circonscriptions, les socialistes mais aussi les citoyens peuvent intervenir, faire valoir leurs attentes.

Les socialistes demandent à être entendus, à débattre sans attendre un congrès fin 2015, quoi de plus normal ! C’est le B.A.BA de la démocratie.

Le 15 mai les fonctionnaires seront dans l’action dans l’unité syndicale pour défendre leurs salaires et nos services publics. D’autres initiatives sont en préparation. Plus le mouvement s’amplifiera sur le terrain social, plus des socialistes s’exprimeront contre l’austérité et pour changer de cap, et plus l’alternative sera possible.

 Réorienter l’Europe

Le 25 mai, les élections européennes pourraient être un formidable moyen de peser pour « réorienter l’Europe ». Ce ne sera même pas le slogan de campagne de la direction intérimaire socialiste élue le 15 avril. Comme si la résignation devait l’emporter.

Eh bien non, nos candidats, nos militants resteront fidèles aux orientations fixées au Bourget, élaborées depuis 2005 au sein du Parti socialiste et singulièrement dans son projet pour le changement en 2012. Car seule cette orientation a prouvé qu’elle mobilise l’électorat et rassemble la gauche.

Il n’y a pas d’accord pour que la France puisse étaler dans le temps la réduction de son déficit vers les 3 %. Ni Merkel, ni Barroso n’en veulent ! Il faut donc leur imposer, ré-orienter l’Europe ! Unifier la gauche en ce sens. »

Source : Démocratie et Socialisme du 17.04.2014


Ecrit le 23 avril 2014

 La légende du 3 % ou l’origine d’un mythe ...

D’où vient ce chiffre magique tout rond de 3% du PIB qu’on exige de la France, et pourquoi dirige-t-il aujourd’hui la politique économique en Europe ? Le journal économique La Tribune, a publié le récit de Guy Abeille, chargé de mission au ministère des Finances sous Giscard puis au début de l’ère Mitterrand.

Il rappelle qu’en 2010, la France en est à sa... 36e année de déficit ininterrompu, et donc de dette, couche à couche empilée, cumulée. En juin 1981, F.Mitterrand, tout nouveau Président de la République, cherche un indicateur facile à imposer à ses ministres budgétivores. Les économistes du ministère des finances sont priés de trouver quelque chose et c’est, de façon tout à fait arbitraire, qu’ils annoncent « 3 % du Produit intérieur brut », « un calcul à la demande, monté faute de mieux un soir dans un bureau », sans aucune justification économique, « un objet bien rond, jolie chimère (au sens premier du mot), conscients tout de même de faire un peu joujou avec notre boîte à outil ».

Et ça passe ! « Le 3% du PIB, désormais bien en selle, devient le marqueur proclamé, martelé, d’une « politique maîtrisée des finances publiques » - en somme, on peut dévaler la pente de l’endettement sur un cheval qu’on cravache, mais à la condition, raisonnable, qu’il ne s’emballe pas. Le petit calcul discutable, mais malin, et tout de circonstance que nous avons commis un soir d’il y a quelques mois est maintenant devenu une norme publique, qui vaut principe, affiché, assumé, presque revendiqué, pour la conduite du gouvernement. Assurément, un succès assez rare » dit Guy Abeille.

C’est cela, désormais, qu’on appelle « maîtrise des finances publiques » : « en dessous de 3% du PIB, dors tranquille citoyen, la dette se dilate, mais il ne se passe rien - quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt, dit le proverbe chinois ; quand le sage montre l’endettement, l’incompétent diplômé regarde le 3% du PIB ».

Puis un jour le traité de Maastricht parut sur le métier. Ce 3%, on l’avait sous la main, c’est une commodité ; en France on en usait, pensez ! chiffre d’expert ! Il passe donc à l’Europe ; et de là, pour un peu, il s’étendrait au monde. ... Et voici comment un calcul de coin de table est transformé en dogme par l’onction Européenne. Et s’impose à tous les pays européens, comme une vérité première, LA vérité !

Site de La Tribune, Cliquez ici

En 2013, le déficit de la France représente 4,3 % du produit intérieur brut.

Le déficit de la France en pourcentage du Produit Intérieur Brut. Aggravation
Années Le déficit de la France Aggravation du déficit
2010 7,0 % 136,5 milliards
2011 5,2 % 103,1 milliards
2012 4,9 % 98,2 milliards
2013 4,3 % 87,6 milliards

Le déficit décélère, c’est vrai, mais le total s’alourdit : fin 2013, la dette publique de la France s’élève à 1 925,3 milliards d’€.


Ecrit le 23 avril 2014.

 Des rémunérations indécentes

Selon Le Parisien, les traders et cadres supérieurs de la Société Générale ont touché 823 000 euros de salaires et de bonus en moyenne (environ 68 500 €/mois). À BNP Paribas, la rémunération est un peu plus élevée, à 968 000 euros en moyenne en 2013 (80 600 €/mois). Parmi ces montants, les bonus représentent en réalité deux à trois fois la rémunération fixe. À partir du 1er janvier 2015, cependant, l’Europe imposera un plafonnement des bonus à deux fois le montant du salaire fixe. Alors les banques ont déjà commencé à faire évoluer les contrats de travail pour augmenter la part fixe....

« Les rémunérations des dirigeants de banques ont progressé dans des proportions absolument indécentes », a déclaré le ministre Arnaud Montebourg, ’’dans un contexte de crédit difficile pour les petites et moyennes entreprises’’.

« Le PDG du Crédit agricole a eu une augmentation de 38%, Natixis +14 %, BPCE +29 %. »

La Fédération FO Banques condamne dans un communiqué « une attitude inadmissible » des dirigeants de banques. "Alors que les bénéfices sont là (15 millards d’euros en 2013), les patrons se servent et les salariés payent la note !

’’Car pour les salariés en 2013, c’était des centaines de suppressions d’emplois (dans toutes les banques) et pour les augmentations générales rien ou quasiment rien« , souligne le syndicat qui dit avoir alerté à plusieurs reprises l’exécutif. FO Banques et Sociétés Financières, réclame  »une augmentation générale des salaires pour l’ensemble des salariés«  de la profession bancaire, et annonce son intention de »saisir de nouveau le Président de la République et son gouvernement pour faire cesser cette politique de l’emploi et de rémunérations inadmissibles !".

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