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Premier Mai 2014

Ecrit le 30 avril 2014

 Premier Mai syndical

Manifestations en ordre dispersé cette année : CGT-FSU et Solidaires à Châteaubriant, la CFDT à Ancenis et une journée festive à La Charrue.

« Partout dans le monde, la prochaine Journée internationale des travailleurs sera l’occasion d’exiger la mise en œuvre de véritables politiques de progrès social » dit le tract commun CGT-FSU et Solidaires, en poursuivant : « Dans une France où 1 jeune sur 4 est au chômage, où les plus anciens voient leurs pensions rabougries, où les salaires sont bloqués depuis de nombreuses années, et où plus de 80 % des embauches sont réalisées en CDD, tous les salariés sont appelés à se rassembler pour faire de ce 1er Mai 2014 un véritable événement au cœur d’un printemps social. Le vote-sanction lors des dernières élections municipales n’a visiblement pas été entendu. Le gouvernement a choisi d’enfoncer un peu plus le clou des mesures d’austérité, en imposant l’austérité salariale dans le secteur public comme dans le privé. Jamais les salariés ne se sont vus imposer autant de sacrifices pour le seul bénéfice du patronat. Refusons l’isolement, le repli sur soi, l’exclusion, le racisme et le rejet de l’Autre. Mobilisons-nous pour le « vivre ensemble », la solidarité entre les salariés et l’égalité des droits, le choix de la paix, le choix du social ».
Le 1er mai 10h30 Place de la mairie à Châteaubriant

La CFDT, elle, appelle ses militants le 1er mai à 11h à Ancenis, en face du Pôle-Emploi, « pour marquer notre attachement à la citoyenneté Européenne et dire non au repli sur soi et à la dérive populiste. — pour soutenir le droit des travailleurs européens et demander à l’Europe de prendre des mesures importantes d’investissement en faveur de la lutte contre le chômage. — pour plus de justice sociale en Europe en impulsant une dynamique nouvelle dans le dialogue social européen et en luttant contre le dumping social dans les entreprises ».

 Dumping

Ndlr : le dumping, dans le textile, ce sont des coûts horaires (charges comprises) de 23 € en France, 1,5 € en Chine et 0,3 € au Bangladesh. Dans ce dernier pays les salariés, petits veinards, s’ils sont à 50 €/mois, c’est qu’ils ont obtenu 77 % d’augmentation en décembre 2013 en multipliant les grèves, manifestations et rassemblements. Des centaines d’usines ont dû fermer lorsque les travailleurs sont descendus dans les rues. Les balles en caoutchouc, les canons à eau et les gaz lacrymogènes tirés par la police n’ont pas réussi à briser les manifestations. Le Bangladesh possède une force spéciale de 2 900 policiers, appelée ’’Force de police industrielle’’ chargée de réprimer les manifestations ouvrières. Les manufacturiers s’opposent carrément à toute augmentation, le gouvernement du Bangladesh s’incline devant leurs desiderata...

Premier mai festif  : le bar La Charrue (rue de Couëré) propose une journée festive : après le rassemblement de 10h30, rendez-vous au bar pour une réunion-débat « Histoire du Premier Mai et du syndicalisme castelbriantais » puis galettes-saucisses, concours de palets, musique .... Tél 02 44 05 11 72


Ecrit le 7 mai 2014

 Lucie Baud, syndicaliste

C’est bientôt le 1er mai. Les syndicats et les travailleuses seront donc à l’honneur. Les travailleuses ! Mais aurais-je oublié les travailleurs ? Non... Mais volontaire- ment je vais faire un article au féminin. Après tout, n’est-ce pas notre pain quotidien ?

Étrangement quand je regarde les dirigeantes des principaux syndicats français sur wikipedia, je ne trouve que 6 femmes sur 27. Pourtant, si en 1949 elles ne représentaient dans le monde que 7 % des syndicalistes, elles sont aujourd’hui majoritaires. Les raisons en sont com- plexes et je ne m’y attarderai pas. Je retracerai juste l’histoire d’une femme qui a fondé un syndicat, une femme que je ne connaissais pas et peut-être que vous non plus, vous ne la connaissez pas. Il faut dire qu’il y a peu de documents sur cette femme, ouvrière, militante, syndicaliste.

Lucie Baud (1870-1913) reçoit une éducation catholique, apprend à lire (fait remarquable pour l’époque et qui n’est peut-être pas anodin) et devient ouvrière à 12 ans. À 21 ans, elle se marie à un garde-champêtre de 41 ans et a trois enfants avec lui dont un meurt.

Elle travaille près de Grenoble dans une de ces nombreuses soieries paternalistes, où il y a en majorité des femmes, peu syndiquées. (Cela me rappelle étrangement certaines entreprises du pays de La Mée.) « Une industrie où les salaires de misère sont normaux, les grèves presqu’inconnues, les cadences infernales et l’emploi des étrangères une façon de réduire encore les coûts de la production ».

Son mari meurt en 1902, année où elle fonde le « Syndicat des ouvriers et ouvrières en soierie du canton de Vizille » dont elle devient secrétaire. Son syndicat lutte contre les cadences infernales (12-13h de travail par jour) où l’on demande de plus en plus à ces femmes qui doivent être plus productives que les nouvelles machines malgré des baisses de salaires de 30 à 40 %. C’est la misère.

Envoyée en délégation à Reims, en 1904, elle ne parvient pas à obtenir qu’on lui donne la parole. « En 1905, Lucie se lance plus avant dans le syndicalisme. Pour protester contre les conditions de travail à l’usine, elle engage un mouvement de grève qui durera 104 jours, ampleur inhabituelle dans une industrie féminine. D’abord hostiles, les commer- çants finissent par soutenir les grévistes en les nourrissant. Lucie prend la défense des ouvrières Italiennes, qui ne participent pas au mouvement et sont très mal considérées. » Licenciée, elle retrouve un travail à l’usine de Voiron où elle mène une nouvelle grève mais, après une période d’espoir, le mouvement échoue. Lucie tente alors de se suicider, mais elle survit.
Lucie Baud a eu une vie courte. « Elle meurt épuisée à 43 ans, héroïne inconnue d’une histoire sociale qui raconte déjà un épisode de désindustrialisation, symbole modeste et vaillant de la mélancolie ouvrière devant un avenir qui se ferme. »

A Promoplast, la dernière fois que les femmes ont fait grève, elles ont mis un an à récupérer les jours de salaires perdus...

Au Bangladesh, les femmes représentent 80% de la main-d’œuvre de l’industrie textile, elles subissent des agressions, des harcèlements. Elles sont les plus mal payées du monde, moins d’un euro par jour. Sur la moyenne d’un an entier, une ouvrière du textile par son travail rapporte 2500 dollars US. L’ouvrière « obtient seulement 700 dollars, 1800 dollars entrent dans la poche de propriétaires. Le taux d’exploitation de l’ouvrière est de 257 %. » Merci patron ! D’où vient mon t-shirt ?

PL