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La France des assistés

Ecrit le 7 mai 2014.

Ca y est, c’est reparti ! Quand on entend dire que la France doit économiser 50 milliards, on voit une certaine presse désigner des boucs émissaires : les assistés !
Le journal ’’Valeurs actuelles’’ du 30 avril 2014 titre sans honte ’’Ces assistés qui ruinent la France’’ prenant le relais d’articles analogues dans Le Point. On nous parle d’assistanat massif, de fraude généralisée (aide au logement, RSA  , allocations familiales, etc.), construisant ainsi, par petites touches, l’image de citoyens malhonnêtes mettant à mal le système de protection sociale français, trop généreux.

Eh oui, fraude il y a, mais il faut distinguer la fraude de survie – de la fraude de profit.

  • - La première, de montants modestes, permet à des personnes de ne pas crever de faim. Ca ne vous choque pas, à notre époque, de voir des gens moins bien soignés que des chiens ?
  • - La seconde, massive, permet aux plus fortunés de se soustraire aux impôts et d’amasser toujours plus de profits.

Richesse et Smic

Comment peut-on stigmatiser les plus pauvres d’entre nous, quand on sait que la moitié la moins riche de la population mondiale possède la même richesse que les 85 personnes les plus riches du monde ?

Comment peut-on stigmatiser les plus pauvres, quand on sait que le SMIC mensuel brut est de 1445 € (il faut en retirer les cotisations sociales) ce qui fait environ 1150 € nets par mois. Alors que, en 2013, les traders et cadres supérieurs de la Société Générale ont touché 823 000 euros de salaires et de bonus en moyenne (environ 68 500 €/mois) ? Les traders ? Vous savez ceux qui jouent en Bourse et ont provoqué la grave crise économique que nous subissons. Cette crise qui a vu les Etats voler au secours des banques, créant un endettement massif du pays, endettement qu’il faut réduire maintenant en faisant appel aux citoyens, et pas aux banques.

Modération salariale

Comment peut-on entendre le patron des patrons, Pierre Gattaz, appeler à la modération salariale, alors que, en 2013, le PDG du Crédit agricole a eu une augmentation de 38%, Natixis +14 %, BPCE +29 %. En 2013, le PDG de Crédit agricole a touché 2 140 000 € soit 178 000 €/mois. Il a eu une augmentation mensuelle de 4100 € environ. Pauvre malheureux. Mon dieu, mais que peut-il faire de tous ces euros ?

Comment peut-on dire que « les assistés ruinent la France » quand on sait que les aides directes aux entreprises se montent à 46,5 Md€ sans prendre en compte les des taux réduits de TVA, les mesures liées à la formation professionnelle, les allègements relatifs aux bas salaires, au handicap (7,5 Md€) ou au logement social ou encore le crédit d’impôt recherche. (Source : le rapport Queyranne, 2013)

Fraude

Comment peut-on dire que les assistés ruinent la France quand la fraude fiscale atteint 60 à 80 milliards d’euros par an, un fléau dénoncé par Nicolas Dupont-Aignan et Yann Galut dans Les Voleurs de la République.

Tous ces patrons de presse qui accusent ’’les assistés’’, combien gagnent-ils, eux ? En 2010, dans une interview au magazine Capital, le journaliste Pierre Menes affirmait gagner 250.000 euros par an (20 000 €/mois). Stéphane Guillon pour sa chronique hebdo dans « Salut les terriens », interrogé le 3 février 2010 sur France 2 dans « Les mots de minuit » sur ses « 40.000 euros par mois à Canal Plus », affirmait : « Oui, c’est vrai et je n’ai pas de problème par rapport à mon salaire. Je travaille beaucoup et on n’est pas mal dans le milieu de la télé à gagner ces sommes là. » A mettre en parallèle avec ceux qui perçoivent le SMIC ou le RSA  .

Travail au noir

On nous dit : « ils travaillent au noir ». Qui, en travaillant au noir, arriverait à des sommes pareilles ? Et puis, quand on travaille au noir, il y a deux personnes en cause : le travailleur et le donneur d’ordre. On stigmatise le premier, on oublie le second. En 2012, l’URSSAF a constaté que le taux de travail au noir dans les hôtels, cafés et restaurants était de 12,3 %. Les activités dans les commerces de détail alimentaire affichent également un taux de fraude élevé (10,3%), de même que celles liées au spectacle (8,9%) et à la coiffure (7,1%). Le travail dissimulé concerne notamment les jeunes de moins de 18 ans, et les plus de 60 ans.

 Les fraude-petit

La fraude au RSA   comparée à l’évasion et à la fraude fiscale ? Les chiffres qui suivent sont éloquents. D’un côté, il y a 44 millions de fraude au RSA   (chiffres de 2012) , de l’autre 60 à 80 milliards de fraude et d’évasion fiscale.

Entretenir la vision populiste et malhonnête d’une France pillée par ses pauvres et implicitement ses immigrés, ne répond à aucun argument objectif et rationnel. En période de crise morale et économique et dans une société en perte de repères, ce type de stigmatisations inexactes et malhonnêtes, fait le lit de réactions haineuses

Source de l’article : Voir le site agoravox.fr

 Les assistés du CAC 40

Selon Lutte ouvrière, le gouvernement tente de justifier la multiplication des attaques contre le monde du travail par l’endettement de l’État. Et il ment en affirmant que cet endettement viendrait d’un trop-plein de services publics. Non seulement les classes populaires sont bien placées pour savoir que les services publics sont en diminution, mais le principal gouffre financier de l’État provient des cadeaux faits au patronat par dizaines de milliards.

Les grands groupes profitent très largement de cette manne. Rien que les seize premiers groupes du CAC 40 (Renault, Sanofi, PSA, Carrefour, Orange, etc.) engrangeraient 1,7 milliard de ces aides. Sans compter les vingt-quatre autres groupes du CAC 40 et tous ceux qui, comme Auchan, n’en font pas partie.

Les groupes du CAC 40 ont distribué 39 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires en 2013. Et l’État continue à alimenter leurs coffres-forts en enfonçant dans les difficultés la population, qui voit son niveau de vie baisser, son accès à la santé et à l’éducation se réduire et à qui on fait payer de plus en plus d’impôts.

Les assistés, ce sont les capitalistes, qui vivent du travail de tous et profitent des largesses d’un État à leur service.

 Combattre l’assistanat

Défendre les politiques sociales, ce n’est pas défendre un système qui condamne les gens à rester chez eux, à ne rien faire. Ce n’est pas réduire encore les maigres allocations des chômeurs en fin de droits ou au chômage.

Combattre l’assistanat, c’est combattre la politique économique qui prive d’emploi des millions de personnes, c’est organiser l’insertion sociale et professionnelle de ces personnes. C’est s’opposer aux licenciements ’’boursiers’’  : ceux que fait une entreprise pour maximiser son profit !

 Faire payer les riches !

L’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), qui rassemble les 34 pays parmi les plus riches de la planète, est habituellement réputée pour ses tendances économiques libérales. Mais, dans un rapport publié le 2 mai 2014, l’OCDE s’inquiète de la montée des inégalités. Depuis 1981, la part du revenu captée par les 1 % les plus riches a fortement augmenté. Ainsi, aux États-Unis, elle a bondi de 8 à 20 %, alors qu’en Angleterre, elle passait de 6 à 14 %, en Irlande de 6 à 11 %, au Portugal de moins de 5 à 10 %, en Allemagne de 10 à 13 % (et en France de 7 % à 8%). « Cette augmentation disproportionnée des hauts revenus aide à comprendre pourquoi tant de gens n’ont pas vu leurs revenus augmenter, alors que le PIB augmentait. », conclut l’étude. C’est une illustration de ce que l’on sait déjà : les plus riches deviennent de plus en plus riches. La crise économique a renforcé ce phénomène !

L’OCDE suggère de réduire les déductions fiscales, en donnant une plus large place aux impôts sur la propriété immobilière et en harmonisant l’imposition des revenus du capital et du travail. Quel gouvernement aura le courage de faire cela ?