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Marinaleda, le beau pays des rêves bleus

Ecrit le 7 mai 2014

Marinaleda

Marinaleda, 2 778 habitants selon le recensement de 2011, avec une densité de population de 112,01 hab/km2, est une commune de la province de Séville, en Andalousie. Sa particularité ? Pas de chômage et des loyers très très bas grâce à une vraie politique socialiste.

Marinaleda est née dans les années 70. A l’époque, 60 % de chômage, pas de routes goudronnées, une grande misère sociale, des paysans sans terre...c’est la crise.

En 1977, le syndicat des ouvriers de la terre est créé dans cette ville entourée de grands propriétaires terriens. En 1978 a lieu la première occupation d’une de ces grandes propriétés d’où les syndicalistes seront expulsés. En 1979, Juan Manuel Sanchez Gordillo, syndicaliste, professeur d’histoire, est élu maire de Marinaleda. Pourquoi est-il élu ? J’imagine que les habitants ont voulu croire en cet homme qui disait vouloir les sortir de la misère en luttant contre ceux qui la génèrent et, cette fois, ils ont eu raison.

Tout d’abord, il a fallu se réapproprier l’outil de travail : la terre. Ce ne fut pas facile. Il a fallu occuper les terres et s’en faire expulser de force à maintes reprises. Il a fallu faire des grèves de la faim. Face aux grands propriétaires terriens protégés par l’Etat, les habitants ont tout de même fini par remporter une victoire après 12 ans de bataille où les femmes ont eu un rôle essentiel. En 1991, le gouvernement de la communauté autonome d’Anda- lousie met 1 200 hectares à la disposition de Marinaleda. Le duc Del Infantado, à qui appartenaient les terres, a dû être bien triste cette année là !

Mais quel bonheur s’en suit ! « La terre n’appartient à personne, la terre ne s’achète pas, la terre appartient à tous ! »

Une coopérative est créée et des cultures demandant beaucoup beaucoup de main d’œuvre y sont mises (olives, brocolis, fèves...). Seraient-ils fous ? Non, ils ont décidé de créer des emplois et de nourrir les habitants. Les bénéfices ne vont pas dans la poche d’une personne mais servent à créer d’autres postes notam- ment dans la conserverie de légumes. « Le travail est réparti en fonction des saisons et des besoins, rémunéré 47 euros la journée de 6 heures et demie – soit le double du salaire minimum espagnol. Les travailleurs sont associés à chaque décision : quels légumes planter et quand. Réunis en assemblée générale, les “cooperativistas” font fonctionner le village aux côtés des petits commerçants, seuls représentants des entreprises privées. » Quand il y a moins de travail, on échange, ici la devise c’est « travailler moins pour que tous aient du travail ».

Ce n’est pas tout, on peut louer une maison de 90 m2, en bon état pour 15 euros par mois à condition de participer à sa construction. La mairie donne le terrain, offre les services d’un architecte et l’entraide fait bien souvent le reste.

Il serait possible d’écrire encore bien des lignes sur cette ville : pas de police, décisions collectives, réoccupations d’autres terres, actions dans les supermarchés... Bref, avec une vraie volonté politique, tout est possible même si Juan a une condamnation à sept mois fermes et des amendes... N’est-ce pas ça la démocratie ? Une autre question me vient : qui encore a de la volonté politique en France ?

Toujours est-il que Marinaleda souffre moins que les autres villes espagnoles de la crise et qu’elle fait même des petits : au grand malheur des dirigeants, les habitants savent ce qui est bon pour eux.

signé : PL