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Lilas : la rue, le jardin, le bassin ...

Ecrit le 14 mai 2014.

Dans la rue des Lilas
Parmi les herbes folles
Poussent les pâquerettes
Et les boutons d’or.
 
Au jardin des Lilas
En bordure de la Chère,
Des enfants désherbent et sarclent,
Plantant capucines et pervenches.
 
Au bassin des Lilas,
Et au salon d’été,
Des enfants jouent,
Préservant le sol et la biodiversité.
 
Aux Lilas, grenouilles et crapauds
Chantent leur lente mélodie.
Tout est calme et harmonie ....


Lilas ? C’est un petit coin de terre, au bord d’une fontaine, mis à disposition de l’association Rencontres   par la municipalité de Châteaubriant. Les jardinier-e-s s’y donnent rendez-vous un mardi sur deux, Gérard Tusseau, Joseph Jannault, Pierre Etienne Catala, Raymond Môquet, Jean-Paul Rovere, Roland Boulinguez, Anne Lecointe  , Annick Lalloué,. Et, un mercredi sur deux, ces jardinier-e-s encadrent des enfants avec Janice Roul, et Régis Chaplais. Cette semaine, période de vacances, ils étaient 22, habituellement ils sont une dizaine. Il faut voir avec quelle ardeur ils ôtent les mauvaises herbes, manient la pelle à bêcher, aplanissent le sol ou montent des buttes de terre, étendent des copeaux de pin et alimentent le tas de compost. Il y a toujours à faire au jardin, ne serait-ce qu’admirer les oeilllets de poète et une touffe de soucis.

Sur des petits carrés d’ardoise, les noms des plantes ont été inscrits. Il y a ainsi une trentaine de plantes aromatiques ou médicinales, il y en aura bientôt davantage car Gérard Tusseau en a 70 chez iui. Molène et bourrache, menthe et hysope, absinthe et angélique, cerfeuil et oseille. Marjolaine, toi si jolie, marjolaine, le printemps fleurit .... Les enfants ont marqué les noms sur leur cahier et s’amusent à les reconnaître.

Le jardin a été aménagé de diverses façons, avec des carrés et des buttes. Les seize carrés font 1,20 m de côté, une dimension importante car elle est divisible par 2,3,4,5 et 6 ! Dans l’un d’eux viennent des glaïeuls et des pommes de terre ! Dans celui d’à côté se succèdent les floraisons des jonquilles, des pavots et des capucines.

Sous la direction des jardinier-e-s, les enfants épandent paillis, compost, broyat, pour économiser l’eau et le désherbage, pour favoriser la vie du sol et éviter le lessivage des grosses averses. Avec quel plaisir ! quelle ardeur ! Quelques pieds de vigne, un rosier pour cacher un piquet, et une rangée de pervenches à planter. Plus loin une bande de terre attend des pieds de myrtille, près d’un pêcher et de plusieurs pommiers. Il y aura des fruits à grappiller prochainement. Il y aura des fleurs aussi car, sous la protection d’un épouvantail (encore dépourvu de tête), une jachère fleurie a été semée, pour le plaisir des abeilles et des papillons.

Les enfants ont spontanément réalisé deux pancartes pour demander de « respecter la nature », de ne pas jeter des déchets. Cela s’est fait sur un coup de colère, quand les enfants ont trouvé des canettes de bière dans la fontaine !

Cette fontaine, aménagée naguère par les associations Rencontres   et UFCV, est un lieu idéal pour raconter des histoires et lire des poèmes. La petite source, intarissable, va bientôt alimenter un bassin de 30 m2, de l’autre côté du pont de bois. Il sera garni de plantes aquatiques.

Plus loin, une plantation de saules, en rond, délimite le salon d’été où, assis sur des rondins, les enfantss écoutent des histoires ou parlent de leur vie, c’est là aussi que se passe le goûter avec de bons gâteaux apportés par les mamans.

Que dire encore ? Parler des nichoirs. Et du futur hôtel à insectes. Et des ateliers de Land’Art. Des salades et des tomates à mettre en place à côté des pieds de rhubarbe et des fraises. Tout ce qui est bon, et beau !

Permaculture

Le jardin des Lilas expérimente la permaculture. Le concept a été développé dans les années 1970 par Bill Mollison, biologiste enseignant à l’université de Tasmanie en Australie, et son élève David Holmgren. Partant du constat que l’agriculture conventionnelle consomme beaucoup d’énergie et détruit le sol et les écosystèmes, ils ont élaboré un modèle plus respectueux de la nature. C’est plus qu’une méthode de culture : c’est une philosophie reposant sur trois piliers : prendre soin de la Terre, prendre soin des humains, partager équitablement les ressources et les récoltes. Le jardin est organisé en tenant compte des associations entre les plantes, de leur interaction avec le climat, le relief, les animaux, les bâtiments... Des principes sous-tendent cette démarche : par exemple : observer et interagir — collecter et stocker l’énergie – utiliser les ressources renouvelables – ne pas produire des déchets.

Au jardin, comme dans la nature, tout est échange. Les déchets des uns servent de ressources aux autres. Les excréments des animaux nourrissent le sol, les parties des plantes non consommées sont compostées sur place. Les vers de terre brassent le sol et contribuent à sa fertilité en remontant les éléments nutritifs qu’ils rejettent par leurs excréments. Chaque élément doit remplir plusieurs fonctions : une haie par exemple peut servir de brise-vent, accueillir des oiseaux et des insectes qui mangeront les limaces ou les pucerons, fournir des déchets de taille qui couvriront le sol. Pour protéger les choux des parasites, on aura intérêt à semer des plantes aromatiques et des fleurs qui rendront l’odeur de ces légumes moins perceptible. En permaculture on évite de retourner le sol et d’utiliser des outils rotatifs, on préfère un griffage léger et le décompactage avec la grelinette pour émietter et aérer la terre avant de semer. L’association de plantes est préférée à la rotation des cultures. Et, bien entendu, on refuse les engrais chimiques !

Un livre : Guide de la permaculture au jardin – de Carine Mayo, Editions Terre Vivante.

Une journée Portes Ouvertes aura lieu le 14 juin, au jardin des Lilas – de 10 à 17 h.