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Mée-disances du 25 juin 2014.

Ecrit le 25 juin 2014.

 Plus d’un Britannique sur cinq était pauvre en 2012

 
Challenges.fr du 19/06 : Tandis que la taille de l’économie britannique a doublé, le pourcentage de foyers pauvres est passé de 14% à 33% au cours des trente dernières années, selon les résultats d’une enquête menée par dix universités et instituts de recherches britanniques, qui s’intitule « Pauvreté et Exclusion sociale au Royaume-Uni ». […] L’indice européen Eurostat —qui fixe le seuil de pauvreté à 60% du revenu médian— évaluait quant à lui à 22,7% le taux de pauvreté et d’exclusion sociale au Royaume-Uni, en 2012.
 

L’enquête montre que plus d’une personne sur cinq (adultes et enfants) était pauvre à la fin de l’année 2012. […] Travailler à plein temps ne suffit pas toujours pour échapper à la pauvreté. Un employé sur six a reçu en 2012 un salaire insuffisant pour acheter les biens de première nécessité dont il a besoin. La moitié des « travailleurs pauvres » travaillait au moins 40 heures par semaine. 18 millions de personnes, sur une population de 63 millions, ne pouvaient pas s’offrir des conditions de logement décentes, et 1,5 million d’enfants vivaient dans des foyers n’ayant pas les moyens de chauffer leur habitation. Se nourrir correctement pose également problème puisque quatre millions d’enfants et d’adultes n’avaient pas une alimentation suffisante. […] Dans 93% des foyers au sein desquels des enfants ne mangent pas à leur faim, au moins un des adultes, les femmes en particulier, se prive « parfois » ou « souvent » de nourriture pour en laisser aux autres.
 

« Le gouvernement britannique continue d’ignorer les travailleurs pauvres. Il n’a pas de politique adaptée pour résoudre ce problème grandissant », a affirmé Nick Bailey, professeur à l’Université de Glasgow. Les résultats de cette étude, qui a été financée par un institut public -le Conseil de la Recherche Économique et Sociale (ESRC)-, sont critiqués par le ministère du Travail et des Retraites. Un porte-parole a déclaré que des « preuves solides » montrent « que les salaires ont augmenté ces 30 dernières années, contrairement à l’image trompeuse présentée par ce rapport ». « Les statistiques indépendantes sont claires, il y a 1,4 million de pauvres en moins depuis 1998 », a-t-il ajouté.

 Seule la critique autorisée sera admise

 
Courrier international du 18/06 : L’administration en charge de la presse chinoise a diffusé une circulaire exigeant que les journalistes fassent désormais approuver leurs articles critiques. Il est interdit aux entreprises de presse et journalistes de diffuser de manière individuelle des informations à caractère critique sans autorisation du Bureau national de la presse, de l’édition et de la radio-diffusion. Il leur est interdit également de mener des activités connexes à la profession, et de mener des enquêtes hors de leur domaine. Toute publication individuelle de supplément papier ou de site internet sans visa de censure leur est interdite, de même que s’occuper de questions de diffusion ou de publicité.
 

Tel est le message diffusé le 18 juin par le site de l’agence officielle Xinhua, repris par le microblog du quotidien Nanfang Dushibao, et immédiatement gaussé par des internautes : « Dorénavant, la critique sera uniformisée par le Bureau de la presse et de l’édition ! ». Depuis une quinzaine d’années, la presse chinoise a constamment repoussé les limites de ce qu’il était possible de publier dans une presse contrôlée par la censure, en jouant sur l’absence d’interdiction explicite et sur les déclarations officielles invitant à la « critique constructive ».

 Règlement de comptes

 
leMonde.fr du 18/06 : Le général Boris Kolesnikov s’est défenestré pendant un interrogatoire à Moscou, lundi 16 juin. […] La presse a laissé entendre que le prévenu aurait pu être aidé dans sa chute. Pour les enquêteurs, pas de doute, il s’agit bien d’un suicide. Le général avait déjà effectué « deux tentatives au cours de sa détention », s’est empressé de préciser le porte-parole du comité d’enquête. […]
 

Début 2013, tout semblait sourire à Denis Sougrobov et son adjoint Boris Kolesnikov, les deux plus jeunes généraux du ministère de l’intérieur, âgés de 36 et 35 ans. Zélés, bien notés par leurs supérieurs, les deux hommes étaient promis à une belle carrière au sein de la direction de la lutte contre la corruption. Tout s’est gâté en octobre 2013, quand les fougueux généraux s’en sont pris à un haut gradé du FSB (l’ex-KGB), Igor Demine, chef adjoint du 6e service de la 9e direction du service de sécurité. Un riche entrepreneur (en fait un agent de la direction anti-corruption) s’est présenté à lui en le suppliant de devenir son « parrain » contre 10 000 dollars mensuels, une pratique très éprouvée en Russie où faire des affaires sans krycha (protection policière ou des services) est quasiment impossible. L’enveloppe était à peine déposée sur la table du restaurant, que le soit-disant entrepreneur en quête de protection se faisait coffrer par des agents du FSB appelés à la rescousse par Igor Diomine.
L’affaire a abouti, en février, à l’arrestation de douze policiers chargés de la lutte anticorruption. Denis Sougrobov, leur patron, en fut quitte pour un limogeage, un oukase signé de la main du président Poutine. Les mauvaises langues affirment qu’il doit son salut à ses liens privilégiés avec un proche du premier ministre Medvedev.

Son collègue, Boris Kolesnikov, n’avait pas cet entregent. Suicidé ou assassiné, il est tombé victime des luttes intestines entre police et services.

 Loi sur la consommation

 
Bastamag.net du 16/06 : La nouvelle loi sur la consommation s’applique aux achats réalisés depuis le 13 juin. Elle vise notamment à freiner « l’obsolescence programmée », la durée de vie de plus en plus courte des biens d’équipement électroniques et électroménagers. Les consommateurs bénéficieront d’une garantie prolongée sur leurs achats et d’une meilleure information sur les possibilités, ou non, de réparer une défaillance. Des avancées qui demeurent cependant bien timides au vu de l’ambition initiale de la loi. Et si la « class action », l’action collective de consommateurs contre un fabricant, devient légale, elle ne pourra pas concerner ni la protection de l’environnement ni la santé. Le lobbying industriel est passé par là. […]
 

Avec l’arrivée de Benoît Hamon au ministère de la Consommation, les choses devaient changer. « L’obsolescence des appareils est quasiment pensée au départ par les opérateurs pour favoriser le renouvellement. Or, acheter un appareil qui est destiné à être totalement démodé un an plus tard pose d’autant plus question lorsque le constructeur a lui-même organisé cette obsolescence », déclarait le ministre en septembre 2012 à 60 millions de consommateurs.

Au final, la nouvelle loi entrée en vigueur au printemps évoque à peine le phénomène et ne mentionne l’expression d’« obsolescence programmée » que pour commander un rapport sur le sujet.
 

Au cours des débats parlementaires, le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé avait déposé une proposition de loi qui caractérisait clairement la pratique, et en faisait un délit : « L’obsolescence programmée est l’ensemble des techniques par lesquelles un fabricant ou un importateur de biens vise, notamment par la conception du produit, à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit afin d’en augmenter le taux de remplacement », détaillait la proposition du sénateur. Qui prévoyait que ce délit soit passible d’une « de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 37 500 euros ou de l’une de ces deux peines ».

La mesure n’a pas été reprise dans la loi. La lutte contre l’obsolescence programmée est donc loin d’être gagnée.